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Talisco

Talisco

Laissez tomber le guide, ses raccourcis, sa propension à tracer des lignes droites, Talisco s’aventure dans de nouvelles contrées musicales. S’enfonçant toujours plus loin dans ses expérimentations électro-folk, toujours ailleurs. Nous l’avions découvert dans les plaines americana et le folk-rock downtown, via son premier EP My Home. Depuis, le brun ténébreux à la voix d’ange a rajouté quelques cartouches à sa sixcordes et pas mal de bornes au compteur.

Son premier album s’intitule Run, « une illustration de l’évasion, du nécessaire départ quand tu commences à ronronner, du besoin de s’échapper ». La course folle d’un écorché vif. Dans ce nouveau road-trip, le songwriter parisien s’est baladé dans des décors somptueux, ces étendues vierges à perte de vue qu’il se plaît à mettre en musique. Nul besoin de s’exiler au fin fond d’une grotte, c’est dans son home studio que Talisco s’est enfermé en dedans, pour accoucher de ce recueil de contes imaginaires. Sur le papier, l’auteur s’adonne aux ellipses et aux métaphores ; sur les bandes, il faut que ça cingle : « J’aime les sons arides, bruts et abîmés de la Fender Telecaster ».

Mais d’ajouter aussitôt que peu importe l’arme, « en studio, je tords les sons, je les triture, les passe dans divers compresseurs, à travers de vieux préamplis, je bidouille, je bricole, je crée mes propres canevas sonores », s’enthousiasme cet alchimiste d’un autre genre. C’est là, parmi les jacks, les micros et ses électro-légos, sur son établi multipistes, qu’il a façonné ses pépites, loin des recettes toutes faites et des discours formatés : « A quoi bon conceptualiser la musique ? Je reste dans le domaine de l’imaginaire, la rêverie, les envolées ». No logo. Run pourrait être un livre d’images. Talisco chemine dans les grands espaces, ses silences et ses midtempo hypnotiques, avant de laisser exploser cordes, beats et chants chorales quand percent enfin les lumières de la ville.