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Air : "Les Français sont bons à être chef ou couturier. Le rock n'est pas dans notre culture"

Air : "Les Français sont bons à être chef ou couturier. Le rock n'est pas dans notre culture"

Les deux membres de Air sont revenus sur la création de leur classique "Moon Safari", entre deux observations sur la French Touch et le goût français.

Air pèse. C'est en tout cas l'opinion de Nicolas Godin, moitié du duo Air. Interviewé par The Guardian à propos de la genèse du projet et de leur premier album, le splendide Moon Safari,  Godin déclare en fin d'article : « En France, on nous considère pas comme un grand groupe. Les Français ont toujours mauvais goût en musique ». Avec un peu moins de piquant, son compère Jean-Benoit Dunckel va dans le même sens : « On est arrivé avec cette musique alien, psychédélique, loungecore que t'écoutes un dimanche matin après avoir clubbé la nuit d'avant. Et un mois après la sortie de Moon Safari, on était énorme ».

« Daft Punk était en bas de notre rue »

Les deux membres de Air ont une haute estime de leur bébé, et il serait compliqué de les mettre en tort. Surtout quand il s'agit de parler de Moon Safari. Mené par le single "Sexy Boy" que personne n'a oublié (« La nuit où on a fait 'Sexy Boy', je savais que ma vie allait changer » déclare Godin), la première galette du duo proposait une electronica mélodique et chaleureuse, un son miraculeusement situé entre jazz cosmique et musique d’ascenseur. Publié en janvier 1998, il a enfoncé le clou de l'invasion internationale de la French Touch, conquérant les oreilles de ceux pour qui Laurent Garnier et Homework étaient trop abrasifs.

Quelques jours avant la sortie de Twentyyears, une anthologie/best-of célébrant leurs 20 ans d'activité, et leur concert événement au festival We Love Green, Air se sent nostalgique et s'est ainsi confié sur la création de Moon Safari pour The Guardian. On se replonge avec Dunckel dans l'ambiance bouillante mais encore bohème du Paris de la fin de millénaire  : « Daft Punk était en bas de notre rue à Paris, on pouvait presque entendre la musique qu'ils fabriquaient quand on ouvrait les fenêtres de nos répétitions. C'était la fin des années 90', et Paris jouissait de cette scène électronique incroyable : plein de clubs ouvraient. Je n'allais pas à toutes les fêtes parce que j'étais généralement à la maison avec ma femme à m'occuper de Solal, notre bébé. On était pauvre. Je savais que notre mode de vie allait dépendre du succès de Air ».

moooon

« Depuis enfant, je rêvais de faire un classique »

« A l'inverse des groupes américains ou britanniques, on ne réfléchissait pas toujours en 'couplet-refrain'. Et le fait de chanter anglais nous a fait sonner encore plus français à cause de nos gros accents » ajoute Godin. « J'ai découvert Bert Hirsch, qui chante sur 'All I Need' et 'You Make It Easy', elle était ma voisine dans Montmartre, et elle nous a fait sonner comme des Carpenters de l'espace. Depuis mon enfance, je rêvais de faire un classique, je l'ai fait. Avant nous et Daft Punk, la pop française était synonyme de Sacha Distel. J'avais horreur de ça. Mais la musique électronique signifiait qu'on pouvait faire de la musique cool sans être un rockeur ».

Godin et Dunckel rentrent aussi plus en détail sur certaines chansons de Moon Safari, dont « Sexy Boy » bien sûr, mais aussi « Kelly Watch The Stars » et « New Star In The Sky ». Des classiques comme disait Godin, et qu'on aura peut-être la chance d'entendre à We Love Green à Vincennes (ce dimanche 5 juin) et aux Eurockéennes de Belfort le (samedi 2 juillet). Réservez votre séjour vers les étoiles ici et ici !