Music par Francois Blanc 31.05.2016

Tennis & Musique : les anecdotes WTF

Tennis & Musique : les anecdotes WTF

Quand tennis et musique se rencontrent, c’est pour le meilleur de deux mondes a priori totalement opposés. La preuve en quelques informations aussi essentielles que croustillantes.

Depuis dimanche 22 mai, lorsqu’il ne pleut pas, Roland-Garros a repris le contrôle de l’actualité du pays. La douce musique de l’aller-retour incessant des balles de tennis, les commentaires excédés des animateurs de France Télévision et les hennissements des joueurs et joueuses qui s’écharpent vont hanter nos oreilles jusqu’au 5 juin… Sauf s’il pleut encore beaucoup. Mais contre toute attente, le sport à la petite balle jaune et la musique (bonne ou mauvaise) ont connu d’étranges interactions au fil des années. On vous les rappelle ici. Attention, toutes les vidéos proposées ne seront pas forcément tendres avec vos tympans.

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Housse de Racket, Tennis ou DJ Tennis : peut-on faire de la bonne musique avec des noms pareils ?

Voilà trois noms d’artistes tellement idiots qu’on aurait pu enterrer ces groupes avant même de les avoir écoutés. On aurait eu tort car ce sont tous d’excellents projets qui méritent l’attention. Le plus connu sur notre territoire, Housse de Racket, joue la carte pop à grandes ambitions. Mais ce nom-blague, que le duo accompagnait à ses débuts de visuels comiques s’inspirant de l’univers du tennis, n’a pas toujours bien servi Victor Le Masme et Pierre Leroux. Une étiquette rigolote qui leur colle un peu trop à la peau et a sans doute détourné une partie du public qui a manifestement du mal à prendre Housse de racket au sérieux. Vous pouvez toujours retourner écouter leur dernier album, The Tourist (2015).

Quant à Tennis, il s’agit d’un charmant duo américain d’indie pop lo-fi formé par Alaina Moore et Patrick Riley, qui sont aussi mari et femme à la ville. Écoutez son tube “Marathon” aux accents doo wap, la banane est assurée !

Le dernier, l’Italien DJ Tennis, est patron du label Life and Death, DJ de haute volée, mais aussi producteur techno et grand copain de Tale of Us. Manfredi Romano, son nom à la ville, aurait choisi ce pseudo parce qu’il était semi-professionnel sur le circuit de la petite balle jaune dans sa jeunesse. Et pour finir sachez qu’en France, le chanteur Cyril Mokaiesh était lui Champion de France junior de tennis.

Le court de tennis, un décor de clip idéal ?

Les joueurs qui haranguent la foule, la tension du match : le court de tennis est un bon symbole de compétition, souvent utilisé dans des clips.
On retrouve ainsi deux des plus gros représentants de l’EDM française, Martin Solveig et Bob Sinclar, en train de s’écharper sur le court à Roland-Garros, dans le clip d’un morceau du premier, “Hello”. Pour la petite histoire, c’est Sinclar qui gagne, quand Solveig abandonne au moment de servir une balle de match en apercevant dans les tribunes le joueur français Gaël Monfils galocher la femme qu’il convoite. Même Novak Djokovic fait une courte apparition dans le clip !

Si le clip de “Tennis Court” de Lorde ne se passe pas sur un court de tennis (alors même que la jeune femme est habillée d’un filet), Vampire Weekend avait joué la carte du match de tennis dans le formidable clip de “Giving Up The Gun”, où le court est d’un noir et blanc très stylisé. On y croise une galerie de guests impressionnante, de RZA du Wu-Tang (qui semble diriger le tournoi) à Joe Jonas (des Jonas Brothers), Jake Gyllenhaal et Lil Jon.

Quant aux Housse de Racket mentionnés plus haut, dans le clip de leur premier tube “Oh Yeah !”, l’univers du tennis est détourné. Les musiciens tracent, à l’aide d’une machine qui dessine les limites des cours, le nom de leur groupe sur un sol couleur terre battue.

Les joueurs de tennis font parfois (hélas) de la musique

On connaît tous la longue et douloureuse carrière pieds nus de Yannick Noah, qui est pour rappel le dernier Français à avoir gagné Roland-Garros (en 1983). D’autres se sont aussi essayés à pousser la chansonnette et c’est rarement un plaisir pour nos oreilles. La Danoise Caroline Wozniacki, brièvement n°1 mondiale il y a quelques années, a suivi depuis la voie d’Anna Kournikova (ancienne joueuse et mannequin devenue femme d’Enrique Iglesias) en se diversifiant. Elle s’est même lancée dans la musique, avec le single électro-pop “Oxygen” qui sonne comme une démo pénible de Britney Spears. La jeune femme n’est visiblement pas très en confiance sur ses capacités vocales puisque sa voix est inaudible tant elle est trafiquée.

Les frères américains Bob et Mike Bryan, plus grands joueurs de double de l’histoire, se sont aussi essayés à la musique, le premier jouant le claviériste et le second la batterie et la guitare. Mais qui chante alors au sein du groupe The Bryan Bros ? Des copains qui passent, comme sur le single “Autograph” où Andy Murray et Novak Djokovic s’improvisent rappeurs. Si vous n’en avez pas assez, retrouvez sur YouTube des vidéos de Novak Djokovic s’improvisant pire beatboxer de l’histoire et Serena Williams chantant “I Will Survive” ou apparaissant dans le film du dernier album de sa copine Beyoncé, Lemonade.

James Murphy est fan de tennis

Depuis la fin (et avant le retour officiel) de LCD Soundsystem, le grand James s’est décidé à s’amuser, lançant sa marque de café, proposant de refaire les musiques du métro… ou s’attelant à faire de la musique avec du tennis. Comment ? Avec un partenariat avec IBM et l’US Open, l’un des quatre tournois du Grand Chelem. Le concept, un peu obscur : utiliser les données liées aux matchs de tennis pour générer un algorithme qui transforme chaque match en un morceau unique. Cette étrange idée avait donné quelques 400 heures de son, que Murphy a condensées dans un album de remixes, Remixes Made With Tennis Data. Tout ça sonne comme un nerd de l’électronique qui bidouille dans son studio, mais c’est plutôt amusant.

Et en vrac

Jimmy Fallon s’est allègrement moqué des gémissements des joueurs et joueuses de tennis à Roland Garros en mettant en musique leurs cris. Les Roots, en backing band impeccable, ont même essayé de se mêler à l’exercice.

Fin 2015, les plus grands champions masculins actuels ont été regroupés par l’ATP (la fédération internationale de Tennis) pour entonner un chant de Noël à leurs fans. Le résultat est… douloureux.

Du classique à la musique moderne, de grands compositeurs ont dédié quelques œuvres au sport. Debussy, en 1913, avait créé l’œuvre Jeux. Le grand danseur Nijinski avait chorégraphié la chose en reproduisant des mouvements tennistiques stylisées et même les tenues du spectacle étaient inspirées par cette activité. Un an plus tard, Erik Satie présentait Le Tennis, une œuvre qui semblait animée par la tension d’un match à couteaux tirés.