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Pourquoi Flume les enfume tous ?

Pourquoi Flume les enfume tous ?

Le producteur australien doit sa carrière à une boîte de céréales, mais pas que. Après la claque de son premier album sorti en 2012, il suit les traces de ceux dont il a fait un remix culte, Disclosure. Un nouveau disque intitulé Skin qui fait hérisser les poils (et bouger les gambettes) sortira fin mai et un Zénith se profile pour novembre. Mais comment Flume s’est-il imposé comme le plus puissant antidote contre l’EDM ?

Il a mangé des céréales au petit-déjeuner

Harley Edward Streten, né 1991, ne doit pas sa vocation à une école de musique, même s’il a appris pendant 9 ans le saxophone, le solfège et passé des diplômes dans cette spécialité. Le producteur et DJ originaire de Sydney doit son parcours prodigieux à un logiciel offert en cadeau-surprise dans une boîte de céréales, lorsqu'il était tout jeune. Ça change des hideux « magnets de frigo ». Et surtout, ça peut rapporter beaucoup plus gros. Lorsque l’on sait que les ventes de Flume ont dépassé celles de One Direction dans les charts australiens, ça laisse songeur. Le petit Harley au visage d’ange faisait les courses avec son père dans un supermarché quand il repéra une pub pour un paquet de Kellogg’s Nutri-Grain – notez bien la marque – dans lequel se trouvait un programme de MAO (musique assistée par ordinateur).

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Basique, le CD permettait d’empiler des boucles sur l’ordi familial. En découvrant que les morceaux naissaient de couches d’instruments, le petit garçon a une révélation. Il commence à composer réellement vers l’âge de treize ans avec des logiciels un peu plus élaborés, achetés dans une boutique de jeux vidéos, comme eJay, FruityLoops, Reason, Cubase, Ableton Live… ce dernier étant toujours à la base de la plupart de ses créations actuelles.

Il a su digérer ses influences

Après avoir fait partie de fanfares grâce à sa maîtrise du saxo, et avoir joué du jazz et du blues, Flume a écouté très tôt de la dance, de la trance, du happy hardcore, de la house filtrée et de l’électro. Grand fan de Daft Punk et de target="_blank">Flying Lotus, il apprécie aussi le dubstep, la chillwave, le hip-hop et le R&B (mais moyennement l’EDM). Sur sa platine, on trouve en vrac du Ed Banger, les Strokes, Foals, Jamie XX, et entre de nombreux autres Shlohmo. Quant à ses samples, ils proviennent la plupart du temps de morceaux inavouables trouvés sur des compiles de trance hardcore, transformées en or grâce à un savant ralentissement du « BPM (tempo). Décomplexé et sans œillères, à 25 ans, Flume apparaît comme le digne représentant de la « génération Y » très ouverte en matière de musique car elle a eu accès à un milliard de morceaux via la magie du net. Le producteur va même jusqu’à avouer un faible pour le tube de l’été « Barbie Girl » d’Aqua. Une influence Flumeuse.

Il sait s’entourer

Que ce soit dans le choix des artistes qu’il remixe (des pointues comme Arcade Fire, Sam Smith, Disclosure, Lorde etc.) ou dans celui de ses collaborateurs, Flume a le don de savoir avec qui il faut travailler. La clé du succès quand on voit des carrières telles que celles de Björk ou de Madonna. Il a ainsi travaillé sur un morceau avec le déjà confirmé Chet Faker (signé tout comme lui chez target="_blank">Future Classic) et fait pousser la chansonnette à target="_blank">Tove Lo, auteure du hit irrésistible « Habits ». Mais il peut aussi fait appel à des noms moins connus comme Kai, une Canadienne qui a écrit pour Jessie J, Rihanna. Sans oublier les apparitions bien senties de Janelle Monae, Vince Staples, Isabella Manfredi, George Maple, Moon Holiday, Jezzabell Doran, T-Shirt ou encore Kučka pour chanter ou rapper sur ses morceaux. Il s’impose ainsi en véritable défricheur de nouveaux talents. Le juste équilibre entre gloire mainstream et crédibilité underground.

Il vient d’Australie

L’ïle hédoniste n’est pas seulement le continent du surf, des plages infinies de sable fin et des kangourous. C’est aussi la terre de la – bonne – dance, qui fait à la fois bouger les jambes et remuer les cœurs. C’est là qu’est né en 1998 le label Modular, qui a sorti les disques des meilleurs musiciens du coin comme Cut Copy et Tame Impala mais aussi d’artistes internationaux comme les Yeah Yeah Yeahs, MSTRKRFT et les Softlightes. Quand on écoute Flume, on retrouve beaucoup de points communs dans son approche de l’électronique en la mâtinant de pop et parfois de mélancolie, sans jamais renier de son efficacité dancefloor.

Il est doué

Le premier album éponyme de Flume sorti en 2012 provoqua à la fois un engouement public (double disque de platine dans sa patrie) et critique. À la manière d’un blockbuster intimiste – à la Spiderman –, Flume excelle dans l’art de mettre au point des hymnes en même temps ultra puissants, catchy et dansants, mais aussi chargés d’émotion et de sensualité. Cette tension atteint son climax dans son fameux remix du « You and Me » de Disclosure qui fut classé en France dixième plus grosse vente de singles de 2014 avec 91 800 titres écoulés.

Après quatre ans d’attente, il sort une nouvelle bombe, Skin, le 27 mai, possédant encore son lot d’hymnes pour pistes de danse tels que « Never Be Like You » ou « Smoke & Retribution ». R&B planant, nappes expérimentales, beats électro tapageurs et pop langoureuse, tout y est pour l’imposer en nouvelle déflagration sonore ultra moderne. Et la route semble encore longue et lumineuse pour le jeune homme. Tandis que son morceau « The Greatest View » apparaît dans la publicité d’Assassin’s Creed Unity, il foulera la scène du Zénith de Paris le 16 novembre 2016, après avoir joué au Sonar à Barcelone et au Montreux Festival. Et si on abandonnait les burgers pour se mettre aux corn flakes ?