Music par Gaspard Labadens 31.05.2016

L’interview ping-pong de Fatoumata : « On pourrait jouer pendant des heures »

L'interview ping-pong de Fatoumata : "On pourrait jouer pendant des heures"

Les deux étoiles montantes de la house tribale se sont affrontées dans un match à rebondissements. 

Tim et Pierre alias FatouMata sont très adroits aux platines. Parfois un peu moins raquettes en main. Au cours d’un match sauvage, le duo raconte son histoire, ses influences, ses ambitions et ses projets avec décontraction. Un match qui oppose deux grands dadais à l’image de leur confrontation : décomplexés. Une caractéristique qui se ressent dans leur musique, allant de la nu-disco teintée de funk des débuts jusqu’à leur dernier EP Tanzania, soit un concentré de house tribale sorti en janvier dernier chez Voyeur Music. Alors qu’ils avouent pouvoir jouer « pendant des heures », Pierre et Tim se sont contentés d’un match en deux sets gagnants de 11 points. Faites vos jeux.

Titre favori depuis vos débuts ? 0-0, les joueurs sont prêts, jouez !

Tim : Martin Dawson – « Think About It » (Maceo Plex Remix)


Pierre : Whilk & Misky – « Clap Your Hands » –  Solomun remix


Le morceau le plus cool que ton pote t’a fait découvrir ? 4-2 pour Pierre qui fait le break

P : Martin Eyerer ft. Abby – « Turn Turn Turn » ( Chopstick & JohnJon Remix)

T : Celle de Sébastien Tellier avec les vacances à Biarritz, c’est quoi le titre ?
P : On a des mémoires de poissons rouges. Ce qui est sûr c’est que c’est un remix de Breakbot.

Qui a lancé le délire Africain ? 6-3 pour Pierre qui creuse l’écart

T : En fait le délire vient du nom. D’ailleurs il faudrait que je trouve un truc un peu plus sexy par rapport à ça, c’est pas top comme histoire. En fait il vient d’une émission de télé, où la meuf s’appelle Fatoumata. Et je suis un grand fan de house un peu tribal. Pierre aussi adore ça. Mais bon il adore tout, lui.

P : Ouais en fait tout le délire de l’Afrique est venu du nom. Et on aime beaucoup les animaux aussi. Après pour le visuel, on cherchait des animaux africains, et comme on est tous les deux grands et plutôt fins, on se voyait mal mettre des hippopotames ou des éléphants. Au début on était plus dans le délire disco/funky, mais comme on était résident dans des clubs, on s’est plus orienté vers la house. En fait tout s’est fait naturellement, il n’y a jamais eu de calcul, c’est pour ça que ça marche actuellement… ou pas. (rires)

La question que t’as jamais osé lui poser ? 8-6  pour Pierre, qui gère son avance

T. : La question est tellement dure que ça a ralenti mon niveau de ping-pong.
P. : Est-ce que tu nous vois encore ensemble dans 40 ans ?
T. : Bah oui.
P. : C’est beau.
P. : ALLEZ !! Il vient de remporter le premier set 11-8.

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T. : Est-ce que tu regrettes d’avoir fait du saxophone ?
P. : J’adore cet instrument mais je regrette surtout de pas avoir fait de la basse au moment où j’aurais du m’y foutre.
T. : C’est une question que je ne lui ai jamais posé.
P. : Ouais très bien joué ça. Un fair-play qu’on aimerait retrouver dans cette partie de ping pong, où la roublardise est à son paroxysme.

Deuxième set = 1-0 pour Pierre

P. : Allez ! Mentalement ça craque !
T. : En plus d’habitude je le bats tout le temps.
P. : Et ouais mec t’es plus sur tes terres, y a pas le vent, le machin, le truc.

La pire date que vous ayez faite ? 2-2. Tim, dos au mur, s’accroche

P. : On pourrait en donner 4 différentes chacun je pense.
T. : L’anniversaire de deux très bons amis d’enfance, à Montorgueuil, on était trente et on a mixé sur l’équivalent des enceintes de ton ordi ou de ta chambre.
P. : C’était à Toulouse, on mixait avec les gens derrière nous, la tête devant un mur, peu de son, pas de retour, et c’était tellement petit qu’on ne pouvait même pas bouger.
T. (Après une faute) : Rah la longueur ! Ça a toujours été mon problème…

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Plutôt live ou studio ? 4-2 pour Pierre qui reprend les devants.

P. : C’est compliqué. Je vais faire une réponse de philosophe : je dirais que les deux sont indissociables. Les deux ont leurs bons et leurs mauvais côtés. Pour le mauvais côté des live, ça rebondit (vous l’avez ?) sur la question d’avant, sinon c’est toujours cool. Le studio, bah c’est très cool de produire de la musique, mais quand t’es enfermé toute la journée, c’est relou.
T. : Ouais le pire en studio, c’est quand tu galères des heures entières sur un son et que t’arrives pas à avoir ce que tu veux.
P. : En fait le vrai plaisir c’est d’avoir des gens qui dansent en face de toi sur un morceau que t’as produit.

Pour ou contre un featuring avec Fatoumata Diawara ? 6-3 pour Pierre qui s’envole vers une victoire en deux sets.

T. : Bien vu, on a samplé un live de Kanou sur lequel on est en train de bosser.
P : Elle passait sur le Télématin néerlandais à 7 heures du matin.  À jeun, elle vient de se réveiller, balaise. Track à paraître en exclusivité sur Greenroom.

L’endroit le plus cool où vous ayez joué ? 8-6 pour Tim qui revient dans la partie, Pierre commence à douter. 

P. : Château de Chambord, direct. On a mixé pour un énorme mariage là bas. On était avec Creange, résident du Raspoutine, le meilleur pote de Martin Solveig. Bisou à tonton. Classe les gars.


T. : Un mariage en haut d’une montagne. On voyait le coucher de soleil, c’était le feu.
P. (après une vilaine faute de filet) : Olala, je m’affaisse là. Tim s’envole vers le gain de la seconde manche. On se dirige droit vers un set décisif.

Le label de vos rêves ? 10 – 6 pour Tim. On est au tournant du match. 

Pierre et Tim (à l’unisson) : Diyanamic
Pierre : Innervisions
Tim : Keinemusik

11-6 pour Tim, 1 set partout, le match est relancé.

Une qualité de l’autre ? 0-0, début de la dernière manche

P. : On va avoir l’impression que je parle d’un chien, mais il est hyper fidèle. En fait il est droit et juste. (rires)
T. : Il est caméléon. Il peut passer partout.

Un défaut de l’autre ? 2-0 pour Tim, Pierre semble touché par la perte du second set

P. : Tim, il est trop suisse. Trop neutre. C’est aussi un peu une qualité mais dans certains cas c’est pénible. Profitant de l’intensité du match, Tim, l’air de rien, n’a pas pas répondu à la question. Son côté suisse sans doute.
P. ( 4-0 pour Tim) : Olala, j’y suis plus, c’est à cause des questions, ça me déconcentre.
T. : Il faisait son malin au début, mais là…

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Le truc tout pourri que l’autre écoute tout le temps ? 7-3, Pierre déchante, Tim prend le large.

T. : « Femme que j’aime »  de Jean Luc Lahaye

P. : Pas celle là s’il te plait, il y en a plein d’autres, du genre La Petite Sirène.
T. : Bon alors « Joue Pas » de François Feldman.

P. : Voilà, ça, ça pèse. Avec des petites trompettes. Tim il n’a pas trop de morceaux honteux lui.
T. : Moi c’est « Enamorame » de Papi Sanchez. Il doit être dans mon top des 25 plus écoutés sur iTunes (rires).

Tim gagne la dernière manche 11-3. Un set décisif sans appel.

Bonus blague : 

Pierre = Quel est l’artiste qui arrive toujours à trouver une place ?
Tim = Bah non justement, qui n’arrive pas à se garer.
Pierre = Ha oui, pardon.
Greenroom = Philippe Manœuvre ?
Tim = Non, Garou.

Malgré la défaite, Pierre a gardé tout son sens de l’humour…