Music par Gaspard Labadens 19.05.2016

Les 16 beatmakers français les plus « screds »

Petite liste des têtes méconnues de l’arrière-salle du beatmaking français. On parle peu d’eux, mais à chaque fois pour des raisons différentes.

Parfois, ils opèrent dans l’ombre des rappeurs pour qui ils produisent. Et lesdits rappeurs sont pourtant loin d’être « screds ». Souvent, il sont perdus dans la masse vertigineusement abondante des beatmakers français. Tour d’horizon avec 16 producteurs qui opèrent en douce dans l’Hexagone, pour les labels On and On, Nowadays, Don Dada… ou alors à leur compte. Ceux qui sont encore plus « scred ».

Dans l’ombre des rappeurs 

Meyso (Poitiers)

Hormis ses nombreux chef-d’œuvre légués à Lomepal ou Fixpen Sill, Meyso opère aussi en solo. Preuve en écoute avec cette apparition sur la compilation 1Ø1 de On and On, le label de 20syl.

Diabi (Paris)

Diabi est plus exposé aux public et aux médias lorsqu’il accompagne Georgio en tournée, en B2B avec A Little Rooster, son pote « scred ». Mais de son côté, il fricote en douce pour le label d’Alpha Wann : Don Dada Records. Voilà ce qu’il produit entre deux lives de rap et un remix de Frank Ocean.

Hugz Hefner (Grenoble)

Hugz Hefner est sûrement l’un des détenteurs de disque de platine les plus « screds » du globe. Une récompense obtenue grâce à Feu, l’album de Nekfeu dont il a produit 3 morceaux. Il a d’ailleurs récemment remis le couvert sur « On va le faire », premier extrait du second album de S-crew. De quoi nourrir les attentes autour d’un éventuel premier EP en solo ?

Hologram lo’ (Paris)

Tout le monde connait les 1995, groupe dont Hologram lo’ est le beatmaker. Beaucoup moins ont suivi le parcours personnel du DJ parisien, qui a sorti deux remarquables EPs sur Don Dada Records, dont il est co-fondateur.

Astronote

C’est en grande partie grâce à Astronote que l’excellent album d’Espiiem est aussi planant et aérien. Le producteur cosmique fait aussi ses affaires de son côté de temps en temps.

Les plus old school

Globuldub (Marly le Roi)

Alexandre Flavian n’a même pas de page Facebook. Ce jeune guitariste s’amuse avec son joujou Abelton dans sa chambre de banlieue parisienne. Son talent commence à sortir peu à peu des 4 murs de son dortoir, via Soundcloud notamment. L’as du sample s’est récemment lancé dans la composition. Excellente initiative de sa part.

Costo (Paris)

Le gars Costo est l’homme qui se cache derrière les sélections impeccables des freestyles Grünt, devenus presque incontournables pour les amateurs de hip-hop. Il a aussi sorti quelques beats il y a fort longtemps, dont un ci-dessous. On se demande bien ce qu’il peut attendre pour en dégainer d’autres.

Mounika (Orléans)

En voilà une bonne occasion d’évoquer le collectif Tour de Manège, véritable vivier de producteurs « screds ». Mounika en fait partie,  tout comme Jim à qui on souhaite beaucoup de courage. Le parisien est effectivement menacé de devoir arrêter complètement la musique à cause de ses acouphènes.

Le duo de Grande Ville

Grande Ville est un studio-label de Montreuil, en banlieue parisienne, emmené par Jazzy Bazz et deux beatmakers « screds » : Jimmy Who et Kezo alias Oh Rare.

Jimmy Whoo (Paris)

Whoo is Jimmy ? Tout simplement le fondateur et activiste de la « motel-music », un son voyageur qu’il proclame avoir inventé. Peu médiatisé, il faut remonter à 2014 pour entendre Jimmy parler de son projet pour Nova.

Kezo (Paris)

Parfois aux manettes pour Jazzy Bazz, en tant que producteur ou ingénieur du son, Kezo fait aussi son petit bout de chemin en solitaire, sans faire trop de bruit. Il a également fait ses armes avec Jeune LC et même Nekfeu, en toute discrétion. On comprend vite pourquoi tout ce beau monde fait appel à lui. On comprend moins pourquoi il n’est pas plus connu.

Les sous-marins du Future Beat

Tayreeb

Encore un qui s’est retrouvé sur la fameuse compilation 1Ø1 de On and On. Plus récemment, il s’est aussi faufilé sur l’EP du collectif parisien End Of The Week aux côtés de con compère « scred » Astronote, évoqué plus haut. Le Facebook de Tayreeb indique qu’il est originaire de Drav’By. En plus, d’après lui, c’est en France. Sûrement une contrée « scred » sortie tout droit du futur.

Saneyes (Paris)

En fouinant bien, on peut trouver des beatmakers jusqu’aux Antilles. Originaire des îles, Saneyes s’est installé à Paris. On accueille ses pirouettes novatrices à bras ouverts.

Monk’ (Paris)

Sous l’alias BRNFKD, il est déjà assez secret. En solo il l’est encore plus, mais le protégé de Nowadays Records, saint patron des synthés, gagnerait à être connu.

Les ovnis, très loin du hip-hop

Mohave (Albi-Toulouse)

L’un des membres de Mohave est bien moins « scred » que le duo lui-même. Le dude en question est cependant très réservé à ce sujet. Il se pourrait bien que Mohave soit également derrière bon nombre de productions issues d’un album de rap français qui verra le jour courant 2017. La encore, on n’en dit pas plus. Chut.

Constance (Aix-en-Provence)

On ne sait même pas si c’est un beatmaker à proprement parler. Aucune trace audible de Constance, la mystérieuse aixoise, à part l’excellent « Bleu Saphir ». Ça s’apparente tout de même pas mal à un beat. Donc on pose ça là, en « scred ».

Jehan (var)

On vous conseille ses instrumentales solaires en provenance du sud de la France. On insiste même vivement, n’hésitez pas à tenter une « Ecoute Prolongée », nom du label Lyonnais qui a repéré Jehan et sortira son EP Eté 92 d’ici peu.

Bonus – Le petit suisse : Ruck P

Ruck P n’est pas français mais ce Tom Misch en herbe est trop discret pour son talent à notre goût.

Bonus 2 – Quand il n’y en a plus, il y en a encore

Pas de page Facebook et seulement 4 abonnés sur Youtube, Dirty Feet est indéniablement le plus scred des beatmakers screds.

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