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Miss Kittin : plus cool l'electropop

Miss Kittin : plus cool l'electropop

La DJ française a marqué les esprits de l'electro au fil du temps. Elle impulse le grand retour de la "République of Miss Kittin" dimanche 15 mai au Badaboum à Paris. Une édition qui s'annonce exceptionnelle. 

Pas de chichi avec Miss Kittin. Musique d'ordi, punchlines naïves et surtout pas de métaphores qui embourberaient ses lyrics pop. La pop, Miss Kittin en fait façon electro binaire pour « la pousser plus loin ». C'est son crédo depuis un bail. Depuis l'an 2000 officiellement. Un jour David Guetta est même venu la voir. Pas très impressionnée, la Miss a préféré bosser avec The Hacker, ce terrible producteur avec qui elle sort en 2001 le First Album qui fera date dans le milieu. Bang! : la paire explose tout. « Frank Sinatra » est le tube sombre comme le vice auquel tout le monde se soumet.

Cool avant le cool

Vers 2008, le petit trio d'emmerdeurs lubriques The Teenagers a la côte. Leur unique album fait danser tout le monde et ils déclareront dans l'une de leurs trop rares interviews : « c'est à partir du moment où l'on a écouté Miss Kittin que notre vie est devenue cool ». Née à Grenoble, la DJ rayonne sur toute la France et même au-delà, l'influence est vive jusque chez Gesaffelstein bien avant qu'il ne devienne le héros classieux qu'on voudrait voir plus souvent. Les clubs feront le reste. Miss Kittin arrive en pleine crise du disque et mise sur les soirées blindées de Paname (et d'ailleurs) pour vivre sa vie, et rythmer cette escapade loin du quotidien que viennent chercher tous les clubbers qu'elle entasse à chaque live.

Fan de R.E.M. et R.E.M. fan de Miss Kittin

Puis il y aura 2013 et la sortie de ce double album solo ultra-fourni : Calling From The Stars. Dedans, une reprise du « Everybody Hurts », le tube de R.E.M. En entendant cette reprise, le chanteur original Michael Stipe n'en revient pas. Il s'empresse de bouger ses contacts pour rencontrer celle qui se fait appeler Miss Kittin, celle qui retourne les clubs çà et là. Face à face il lui dira d'une traite : « ta version est mieux que l'originale ». Calling From The Stars ou l'album qui finit de poser le style Miss Kittin, à savoir des sons directes enfantés par des directives punk et ce mental d'acier qui la pousse à rester libre, à ne pas devenir célèbre. Rester cette Miss qui fait ce qui lui plait en se foutant de ce qu'on attend d'elle. Parce que Miss Kittin reste dans l'instant, cloîtrée dans les rythmiques obscures, à se nourrir de la frustration ambiante et à digérer des pulsions dignes des nineties.

C'est le grand retour de la République of Miss Kittin pour une édition qui s'annonce exceptionnelle ! Après les visites de Karotte, Shonky, Heidi, The Hacker, Andrew Weatherall, James Holden, elle invite cette fois-ci le Dj et producteur néerlandais Boris Werner. Il est passé par Remote Area puis Supplement Facts, Rush hour, Moon Harbour, Soweso avant d’arriver sur Get Physical. Quelque part entre Arthur Russel et le hip hop nineties, Boris Werner construit un house percussive qui assume ses influences funk mais qui n’en oublie pourtant pas les basses bien lourdes et magnétiques.