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Jessy Lanza : "Grimes ? On est juste deux filles"

Jessy Lanza : "Grimes ? On est juste deux filles"

La Canadienne évoque Caribou, Grimes et son second album Oh no, à venir le 13 mai prochain chez les londoniens d'Hyperdub Records. 

Dans la foulée du succès de son premier album Pull My Air Back, Jessy Lanza continue son exploration du R'n'B et de la soul, en passant par l'électronique, accompagnée de Jeremy Greenspan. Bien entourée et souvent en tournée, cette Grimes 2.0 accorde son timbre charmant à des productions à la fois remuantes et sensuelles, en témoigne « VV Violence », extrait de son imminent deuxième Opus Oh no (13 mai).

Jeremy Greenspan, l'homme providentiel

Malheureusement, dans le monde impitoyable de la musique, le talent ne mène pas systématiquement au succès. Avoir un brin de chance est presque primordial. Ledit brin de Jessy Lanza est en fait un brun :  Jeremy Greenspan, moitié du duo  target="_blank">Junior Boys. Le nez dans la musique depuis 1999, le mélomane s'avère être bien plus qu'un simple co-producteur dans la carrière bien lancée de Jessy Lanza.


Le dude en question a commencé par introduire Jessy auprès du prestigieux label londonien  target="_blank">Hyperdub : « Jeremy m'a présenté Kode9, le fondateur du label, c'est un ami de sa sœur » précise la chanteuse. Mais le carnet d'adresses de son acolyte ne s'arrête pas là, Jessy ajoute : « Je viens de Hamilton, une ville à 60 kilomètres de Toronto. Là-bas, c'est un petit monde, surtout dans la musique électronique : on se connait tous plus ou moins. J'y ai rencontré Jeremy, et c'est lui qui m'a présenté Caribou, qui vient du coin lui aussi ».


Jessy Lanza, le live dans la peau

Avec preuve à l'appui ci-dessus, Jessy Lanza n'a rien à envier à des performeuses live telles que Grimes. Lorsqu'on évoque la proximité de sa musique avec sa compatriote canadienne, elle préfère esquiver : « Si on se ressemble avec Grimes ? C'est peut-être parce que nous sommes toutes les deux des filles (rires) ».

Que ce soit dans ce timbre aigu, à la fois doux et fuyant, ou bien dans l'abondance de machines, les performance live des deux jeunes femmes ont indéniablement des similitudes. Jessy Lanza détaille son arsenal : « J'utilise le logiciel  Abelton avec un Prophet 6 (synthétiseur), une novation base (clavier basse), et une pédale à delay (effets sur la voix) ». Un attirail efficace.

Un album intime

Sur Oh no, son dix titres à paraître le 13 mai, Jessy n'aura finalement invité que son co-producteur Jeremy Greenspan. Pourtant, des rencontres et des featurings ont eu lieu, sans succès : « J'avais une vingtaine de morceaux, et les collaborations ne rentraient pas dans l'univers de l'album. Ou pour certaines, c'est la maison de disque qui n'était pas emballée » explique-t-elle. Un univers singulier et un label exigeant, autant d'obstacles à la venue de quelques squatteurs sur la tracklist. Les plus motivés se contenteront probablement de remixer la jeune prodige, comme un certain Bambounou par le passé.

Bonus : les classiques de Jessy Lanza

5 morceaux intemporels aux yeux de la pépite d'Hamilton :

Miharu Koshi - « L'amour Toujours »
Vince staples - « Norf Norf »
10cc - « I'm Not In Love »
Guordan Banks - « Keep You in Mind »
Evelyn Champagne King - « Love Come Down »

On a beau parler anglais presque couramment, pour une interview sur Skype, on est toujours plus à l'aise en français. Jessy étant canadienne, j'ai tenté ma chance :

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Malheureusement pour elle (et pour moi), Jessy fait partie de ces canadiens qui ne maîtrisent pas la langue de Molière. « Tabernacle ! ». C'est d'ailleurs à son grand regret : « J'adorerais pouvoir chanter en français » confie-t-elle.