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Dynasties Chantantes : Quand la musique se transmet en famille

Dynasties Chantantes : Quand la musique se transmet en famille

À l’occasion de la sortie du nouvel album de Rufus Wainwright — Take all my loves : 9 Shakespeare Sonnets — dont le père, la mère, la sœur et même la tante sont musiciens, on s’est penché sur ces familles qui grandissent en chantant, ces dynasties de la musique, ce monde impitoyable.

LA FAMILLE SINATRA

 

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  • FRANCK SINATRA : LE PATRIARCHE

Frank Sinatra aura marqué les années 60 de son style vestimentaire, de ses conquêtes amoureuses, de ses relations plus que louches avec la mafia, mais surtout imposé sa voix de crooner, et une liste longue comme le bras de tubes dans les transistors. Quitte à devenir un passage obligé de tout karaoké taïwanais qui se respecte.

  • NANCY SINATRA : LA FILLE LIBÉRÉE

Égérie pop et bubble-gum, Nancy Sinatra a posé sa mini-jupe sur les 70’s avec « These Boots are Made for Walkin’ », titre phare de l’émancipation des femmes. Oubliée, elle essaiera de se refaire une virginité en posant pour Playboy à 50 ans, mais ce sera Tarantino qui lui rendra finalement le plus bel hommage en utilisant son imparable reprise de « Bang Bang » pour le générique de Kill Bill.

  • FRANCK SINATRA JR : LE FILS A LA PEINE

Pas simple d’être un fils de : papa n’est jamais là, toujours en tournée, avec ses maîtresses ou ses potes mafieux. Le Junior de la bande devra toujours soutenir la comparaison, mais bon, chercher à devenir une copie de son père n’était certainement pas la meilleure option.

LA FAMILLE WAINWRIGHT

 

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  • RUFUS WAINWRIGHT : LE FISTON FANTASQUE

Fils de Loudon et de Kate, tous deux chanteurs de folk, Rufus s’est imposé comme une des pop stars les plus complexes et talentueuses de son époque, capable de faire le grand écart entre l’opéra, la guitare sèche, le piano et la pop. Connu pour ses frasques, ses phrases assassines (Madonna est sa bête noire) et son homosexualité flamboyante, Rufus Wainwright rajoute aujourd’hui une couche à son sens de la grandiloquence : son nouvel album est une adaptation des sonnets de Shakespeare où s’est convié le gratin des arts, de Carrie Fisher (Princesse Leia dans les premiers Star Wars) à Florence Welsh (Florence & The Machine).

  • LOUDON WAINWRIGHT : LE PAPA TERROIR

Fils d’une prof de yoga et d’un journaliste à Life, Loudon avait toute les clés en main pour prendre sa guitare en bandoulière, se laisser pousser la barbe et chanter une folk brute de chez brute. Ce qu’il fit à la perfection dans les années 70, quitte à devenir le sous-Dylan de l’époque.

  • KATE McGARRIGLES : LA MAMAN POÈTE

Née à Montréal, Kate apprend à chanter très tôt au coin de la cheminée, accompagnée de papa, maman et de ses deux sœurs. Une émulation familiale qui la mènera à passer de Gershwin aux chants folkloriques, de Piaf à Stefen Foster, toujours avec la même aisance… Depuis 40 ans, Kate et sa sœur Anna ont écrit des chansons pour des stars comme Linda Ronstadt ou Emmylou Harris, et imposé leur folk faite de bric et de broc dont les paroles, avec l’accent québécois, sont du miel pour les oreilles. Ça s’entend que Rufus est un fils à sa maman.

  • MARTHA WAINWRIGHT : LA SŒURETTE POP

Plongée dans la musique depuis sa naissance, la petite sœur de Rufus se produit d’abord dans les bars et les clubs de Montréal, dès l’adolescence. Elle accompagne ensuite son frère en tournée et a depuis 1997 publié une poignée d’albums, de la pop-folk en anglais à la variété en français en passant par des reprises de Piaf… sans atteindre le niveau de célébrité de son frère. Mais la barre est haute.

LA FAMILLE CHERRY

 

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  • DON CHERRY : LE PAPA TROMPETTE

Star du jazz, roi de la trompette, Don est connu pour sa collab’ au sommet avec Ornette Coleman dans les 50’s, mais aussi toute l’avant-garde jazz du 20e siècle (Sonny Rollins, Archie Shepp, John Coltrane…).  Fou d’explorations, passionné de sonorités afro et indiennes, avec ses groupes Codona et Nu, il a participé à la naissance de la world fusion dont Neneh a repris brillamment le flambeau.

  • NENEH CHERRY : LA BELLE FILLE FUSIONNELLE

Neneh a été élevée par son beau-père Don Cherry qui, très tôt l’accompagne au piano. À 14 ans, à Londres, elle découvre la scène post-punk et collabore avec des groupes comme les Slits ou Rip Rig + Panic. Mariée à Cameron McVey (producteur du premier Massive Attack), Neneh Cherry se lance en solo en 1989 avec Raw Like Sushi, mélange de hip-hop, de funk et d’électro, avant de s’embarquer dans le tube mondial « 7 Seconds » avec Youssou N’Diour. Absente depuis de longues années, Neneh a récemment redonné signe de vie avec le projet Cirkus, mais surtout avec un album solo produit par Four Tet, qui revient à l’essence fusionnelle de la Cherry.

  • EAGLE EYE CHERRY : LE FILS A SUCCÈS

Fils de Don Cherry et demi-frère de Neneh, Eagle a d’abord voulu devenir acteur, sans succès. En 1995, à la mort de son père, il retourne en Suède, s’enferme dans sa chambre et compose son premier disque, Desireless. C’est un immense succès (4 millions d’albums vendus) pour ce mélange de guitares débraillées et de folk gratteux dont tout mélomane normalement constitué peut aisément se passer.

  • TITIYO : LA DEMIE-SŒUR HIT-PARADE

Demie-sœur de Neneh (elles ont le même père), Titiyo a découvert les joies de la musique en accompagnant sa sœur aînée en studio. Après avoir collaboré avec Army of Lovers, elle se lance dans une carrière solo à succès à faire passer Ariana Grande pour une dangereuse punk.

  • MABEL : LA PETITE FILLE BRANCHÉE

La fille de Neneh Cherry a de qui tenir, physiquement, stylistiquement et musicalement parlant. Look de garçon manqué, jean et bombers trop larges, elle vient de balancer un joli petit tube de nu-r’n’b qui prouve qu’elle a beaucoup écouté les disques de sa maman.

LA FAMILLE SAUNDERSON

 

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  • KEVIN SAUNDERSON : LE FATHER DE LA TECHNO

Pionnier de la techno de Detroit (avec Derrick May et Juan Atkins), Kevin — et ses multiples projets (Reese & Santonio, E-Dancer, The Reese Project, Kaos…), s’est fait connaître du grand public avec Inner City, dont les tubes « Big Fun » et « Good Love » hantent encore les dancefloors. Désormais cinquantenaire, boss de du label KMS, fondateur du Detroit Music Festival et honoré du International Achievement Award (sorte de Légion d’Honneur sauce yankee), Kevin ne désarme pas et reste un des acteurs majeurs de la scène techno all around the world.

  • ANN SAUNDERSON: LA MERE FEATURING

L’Anglaise Ann Nanton a rencontré Kevin Saunderson en 1987, alors qu’elle accompagnait sa sœur à une audition. Depuis, Ann n’a cessé d’être une vocaliste de choix pour la techno. On la retrouve aux côtés de Kevin sur le projet The Reese Project, en solo sous différents alias comme Surreal ou Karen Joy, mais aussi sur les disques d’Octave One, Slam, Joey Negro. Récemment, on a pu l’entendre sur le « No Judgement » de Fabrice Lig, ce qui lui a valu un remix de la part de ses deux propres fils...

  • KEVIN & DANTIEZ : LES FILS DJ’S

Bonne nouvelle pour Kevin, ses deux fils Dantiez et Damarri ont décidé de reprendre le flambeau électro de leur père, et on leur souhaite bon courage. Si Dantiez a hérité du côté le plus house de son père, il semblerait que Damarri ait choisi le versant techno.

 

LA FAMILLE JACKSON

 

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  • MICHAEL JACKSON : LE GÉNIE POP

On connaît tous l’histoire : fils cadet d’une famille de 5 enfants élevés à la dure école du showbizz, Michael est celui qui est devenu, malgré tous les scandales et controverses, le roi absolu de la pop de ces cinquante dernières années. Sa biographie nécessiterait certainement un disque dur de 4 teraoctets.

  • JANET JACKSON : LA SŒUR ROMANTIQUE

De toute la famille Jackson, la seule capable de faire de l’ombre au talent de son frère (et aussi à son goût pour la chirurgie) c’est bien Janet. Après de longues années d’absence, elle est d’ailleurs de retour depuis octobre dernier avec Unbreakable, un album entier de chansons mielleuses et coulantes comme un Saint Nectaire parfumé à la rose. Ce qu’elle sait faire de mieux.

  • JERMAINE JACKSON : LE FRÈRE FANTASQUE

Après l’épisode Jackson 5, Jermaine poursuit une carrière solo au sein de la Motown (label pour lequel il deviendra aussi producteur et directeur artistique). Capable de passer de la pop au funk, de la soul au rock sans ciller, on lui doit surtout « When The Rain Begins To Fall » en duo avec Pia Zadora. Soit un tube catégorie poids-lourd dont le clip finira certainement, un jour, au musée du kitsch.

  • LATOYA JACKSON : LA SŒUR OVNI

Niveau kitsch, Latoya est pas mal non plus. On dira juste qu'il faut voir pour le croire.