Music par Kerill Mc Closkey 19.04.2016

Trainspotting 2 : on a la BO qu’il faut

Trainspotting 2 : on a la BO qu'il faut

On le sait déjà depuis quelques mois : le tournage de Trainspotting 2 va démarrer dans le printemps, pour une sortie prévue courant 2017. En vingt ans, le premier volet a eu le temps de consolider son statut de film culte, notamment grâce à une bande-originale explosive et dans son temps. Avec Blur, Elastica ou Primal Scream, Trainspotting s’inscrivait parfaitement dans son époque bruyante et insouciante, celle de la Britpop notamment. Tout en y ajoutant des classiques de Lou Reed, Brian Eno et, bien sûr, Iggy Pop, pour lui donner son caractère intemporel de film juste rock’n’roll.

Trainspotting 2 va s’inspirer librement de la suite déjà écrite par l’auteur du bouquin originel, Porno. Comme son nom l’indique, il plonge les mêmes personnages du premier volet dans le monde de l’industrie pornographique, dix ans plus tard. On a donc l’histoire, on a les personnages, on a le cadre (toujours l’Écosse), on a les acteurs (Ewan Mc Gregor a accepté de revenir, après s’être longtemps montré sceptique), on a le réalisateur (Danny Boyle de retour derrière la caméra) : il nous manque presque uniquement la bande originale. Ça tombe bien, c’est facile d’en fantasmer une.

Danny Boyle, voici donc notre proposition de B.O. pour Trainspotting 2. Soit tu la prends, soit tu nous fais quelque chose d’encore mieux. Sinon, on t’oblige à regarder 20 fois d’affilée Slumdog Millionaire.

  • Arctic Monkeys, « Do I Wanna Know ? » (2013)

Un groupe trône tranquillement sur le rock britannique populaire depuis une dizaine d’années, les Arctic Monkeys. Outre-Manche, leur premier album s’est vendu plus rapidement que n’importe quel autre. Quant à AM, leur dernier album en date, il est l’un des albums les plus vendus sur format vinyle lors des dernières années.

AM est pas mal, mais son meilleur moment se trouve dès les premières secondes, avec le riff incroyablement sombre, sexy et suant de « Do I Wanna Know ? ». Danny, il est là le riff parfait pour ouvrir en style Trainspotting 2.

  • The Fat White Family, « Satisfied » (2016)

La BO de Trainspotting collait à son temps, alors il faut du tout neuf. Et niveau rock’n’roll sale et méchant de « lads » (les garnements britons) et de skins, la Fat White Family tient la corde aujourd’hui. On choisit leur « Satisfied », extrait de leur très bon album Songs For Our Mothers, pour son refrain simple qui offre de multiples possibilités d’emploi dans le film : « Satisfait, je suis si facilement satisfait ». Surtout si ça parle de sexe.

  • King Krule, « Easy Easy » (2013)

En parlant de lads, l’accent au couteau de King Krule pue les bancs et les cannettes vides.

  • Franz Ferdinand, « Darts Of Pleasure » (2003)

Porno, le bouquin d’Irvine Welsh, se passe toujours dans l’Écosse de l’auteur. S’il y a un groupe écossais qui a cartonné ces dernières années, c’est Franz Ferdinand. Et on en a tous marre de « Take Me Out ».

  • Amazing Snakeheads, « Flatlining » (2013)


Le combo ultime rock’n’roll + énorme accent écossais pur jus chez ce groupe de Glasgow, malheureusement déjà séparé après un seul album de furie.

  • Soft Cell, « Seedy Films » (1981)

Si le film tourne vraiment autour de l’industrie pornographique, il nous faut « Seedy Films » de Soft Cell, soit littéralement « Films Grenus ». La chanson est aussi enivrante que repoussante, peignant une ville miteuse où les habitants se rapprochent physiquement au son des films de cul et des respirations excitées. Et puis, il serait d’utilité publique de faire mieux connaître Soft Cell au-delà du tube « Tainted Love ». Leur Non-Stop Erotic Cabaret notamment est l’un des meilleurs albums des années 80. Oui Danny, oui.

  • Clarence Clarity, « Porn Mountain » (2015)

Vous aimez les James Blake, SBTRKT, Jamie XX, The Weeknd, mais les trouvez boring à la longue ? Essayez Clarence Clarity, dont l’album No Now pousse la soul synthétique de notre époque dans le rouge. Le choix de « Porn Mountain » se passe de commentaires.

  • The Wombats, « Let’s Dance To Joy Division » (2007)

Pour le moment un peu kitsch du film, il nous faut ce joyeux rappel du rock anglais des années 2000. C’était quand même cool, non ?

  • Elvis Costello, « She » (1999)

Trainspotting avait « Perfect Day » de Lou Reed, on a choisi la version d’Elvis Costello du « She » d’Aznavour pour le passage obligé de la ballade orchestrée. Moment émotion. Et puis, vu le rythme des décès d’artistes cette année, le film va sortir pile pour rendre hommage à la vie de notre cher Aznav’.

  • Skepta, « Shutdown » (2015)

Les personnages du film vont bien tomber dans un lieu où l’on écoute du rap, c’est presque inévitable aujourd’hui. S’il faut bien un morceau, le « Shutdown » de Skepta, hymne de la résurgence du grime britannique, fera l’affaire. D’autant plus qu’il a cette crédibilité rock : il a été élu chanson de l’année 2015 par le NME.

  • Spiritualized, « Come Together » (1997)

La grande histoire de la B.O. de Trainspotting, c’est celle d’Iggy Pop redécouvert par toute une génération qui l’avait un peu oublié grâce à l’emploi dans le film de « Lust For Life ». Vingt ans plus tard, on souhaiterait que Jason Pierce, leader des magiques Spacemen 3 et Spiritualized, connaisse le même destin grâce à Trainspotting 2.

Comme Iggy Pop, Jason Pierce est toujours actif musicalement avec Spiritualized. Comme Iggy Pop dans les 90’s, il est vénéré par un cercle de connaisseurs, a connu ses heures de petite gloire, mais est éloigné de la culture mainstream. Comme Iggy Pop, il est un miraculé du rock’n’roll : son cœur s’est arrêté de battre deux fois en 2005 à la suite d’une pneumonie, avant de revivre. Comme Iggy Pop, Jason Pierce va regagner un immense public d’admirateurs grâce à Trainspotting. Et un peu nous, aussi, si Danny Boyle suit notre B.O. fantasmée de son film événement.

Vous pouvez écouter nos choix d’une traite avec la playlist ci-dessous. Avouez que ça envoie.