Music par Gaspard Labadens 18.04.2016

Remerciez Ed Banger pour avoir révélé l’agent Borussia

Plébiscité entre autres par Laurent Garnier, Mr. Oizo et Pedro Winter, Borussia nous parle de ses expérimentations french touch, de son créneau chez Rinse France et surtout de son premier EP sorti chez Ed Banger. Rencontre avec l’«agent» aux multiples casquettes.

« C’est ma première interview ». À la veille de la sortie (le 15 avril) de son premier EP Sour Stroke qui déboule par la grande porte du label Ed Banger Borussia a tout l’air de débarquer. Le protégé involontairement discret de Pedro Winter et Laurent Garnier bidouille en réalité la musique électronique depuis 2010. Il avait déjà le rythme (et l’humour) dans la peau il y a 4 ans, la preuve avec « Bucharest in peace » sorti en 2012.

La casquette du producteur

En tout, seulement 8 de ses esquisses ont émergé sur le Soundcloud de Borussia avant la release de Sour Stroke. Une prudence réfléchie : « Pendant cinq ans, j’ai pu expérimenter plein de sons différents, j’ai eu des phases super étranges. La plupart des morceaux que je faisaient étaient cool mais pas jouables en club. La bonne nouvelle c’est que techniquement, je peux maintenant presque tout faire ».

1935834_1012005998871842_3735127012377740840_nRésultat, dès la première écoute, Sour Stroke a tapé dans l’oreille de Boston Bun : « J’ai envoyé Stroke, la face A du EP à Boston Bun sur Facebook. Il a kiffé, puis il m’a invité à venir jouer à une de leurs soirées. J’ai rencontré Pedro Winter grâce à lui, ça s’est fait très simplement.» Ce même Pedro, alias Busy P, lui confiera plus tard que Mr. Oizo a lui aussi validé la galette. Flatté, il commente : « C’est super cool que Pedro m’ait dit ça, surtout que d’après lui, Oizo n’aime vraiment pas grand chose (rires) ».

Un EP frappant donc, très épuré, composé de trois morceaux simples, efficaces et entrainants. La patte Borussia est à la fois house britannique, légèrement italo-disco et électronique à la française : un alliage subtil où l’on sent l’influence de Carte Blanche. Le clip du morceau éponyme de l’EP est à découvrir en avant-première sur Greenroom.

La double casquette : Borussia en présentateur radio

Outre ses activités de producteur, Borusia a aussi son émission sur la radio Rinse France :  « J’ai commencé par remplacer des potes il y a un peu plus d’un an, pile au moment où ils ont restructuré les programmes. Laurent (Bassols) m’a proposé un créneau, j’ai accepté ». Un florilège de découvertes que vous pouvez retrouver sur son mixcloud. Pour dénicher ses trouvailles, la méthode de Borussia est simple : « Une fois toutes les 2 semaines, je me pose deux jours et je digue non stop sur tout les sites Juno Uk, No Data etc. »

Et pourtant, même en cherchant, difficile de détrôner les anciens, notamment son duo fétiche : « Mon morceau préféré de tous les temps ? ‘The Molecules’ de Carte Blanche ». Un bel hommage qui fait écho à notre interview de Riton. Il ajoute dans la foulée : « Ce track, c’est exactement ce que je veux faire en musique : hyper radical, hyper simple, hyper accessible ». Un vrai classique.

La triple casquette : les bottes secrètes de DJ Borussia

Si Borussia a cet attrait particulier pour la musique club, c’est qu’il est aussi et surtout DJ. « Pour apprendre, il n’y a rien de tel qu’un bon vieux warm-up bien house. De mon côté, quand je joue, j’essaye d’amener une interaction avec le public. Pour un DJ, c’est dur d’avoir un jeu de scène à soi, mais j’aime bien tester des trucs, genre couper le son d’un coup. ». L’une de ses bottes secrètes ?« Raw Escape » de Steve Murphy et DJ Octopus : « c’est peut être le morceau que je joue le plus souvent ».

Un track 100 % bonnes vibes, à l’instar du label 100 % Silik, qu’il juge comme étant son vivier de chinage favori. En définitive, Borussia est un jeune talent qui oeuvre dans l’ombre (pour l’instant). Un agent secret du son en somme. Une comparaison de circonstance, puisque le français use de l’alias Agent Borussia sur les réseaux sociaux. La rumeur dit que cette couverture est en fait un leurre pour cacher sa véritable identité secrète : « l’agent Boruswag ».

Bonus :

« Mon nom vient de bretelles du Borussia Dortmund que j’ai retrouvées dans mon grenier. Je les ai fait rapiécer en prévision de la sortie du maxi. Je vais les ressortir du coup ».