Music par Kerill Mc Closkey 14.04.2016

Metro Boomin est le golden boy de la trap, et il le doit à sa maman

Il est l’enfant doré du hip-hop, l’un des mecs les plus influents du son contemporain, le maître du beat d’Atlanta. Il est Metro Boomin, et comme son slogan l’indique, s’il ne te fais pas confiance, Future va te tirer dessus. Et ça, ce n’est pas ce que tu veux. Mais derrière le mythe Metro Boomin se cache un mec plutôt tranquille, doux et gentil. C’est en tout cas ce que les Drake, Young Thug, Future, Gucci Mane ont tous dit de lui. Derrière le pseudo le plus cool des US se cache aussi un mec qui aime sa maman. Leslie Wayne l’a éduqué, biberonné au rap, et a même influé sur le début de carrière de son fils. Oui, une maman est à l’origine de la bande-son des strip-clubs et boîtes suantes du monde entier. Faut s’y faire.

17 Hours de Saint-Louis

Young Metro a grandi à St Louis, dans le Missouri. A l’âge de 13 ans, il y a moins de 10 ans donc, il tombe sur le premier album de Nelly, Country Grammar, le blockbuster local. Bercé dès l’enfance au son des disques d’Ice Cube, MC Lythe ou Faith Hill, cette culture du plus jeune âge lui donna définitivement envie de faire de la musique hip-hop. Mais quand la plupart des gamins n’ont d’yeux que pour la star au micro, Metro Boomin décide déjà qu’il sera producteur. Pourquoi ? Pour ne pas faire peur à maman. Le titre de « producteur » lui semblait plus sérieux que « rappeur », plus respectable. Sa dernière envie était que sa mère considère sa passion comme un hobby sans avenir, voire dangereux. Beatmaker, là ok, maman accepte. Qu’elle soit bénie.

Après quelques années de production confidentielle, Metro Boomin est repéré par un rappeur montant d’Atlanta, OJ da Juiceman, qui l’invite en studio. Le jeune beatmaker n’a pas encore 18 ans, et Atlanta est à 17 heures de route en voiture. Par chance, sa mère accepte de l’emmener. Mais pour ce, il a fallu la convaincre : « Je revenais du boulot, et il m’attendait, prêt pour une réunion de travail » se souvient Leslie, le jour où son fils a dû la convaincre de l’emmener Atlanta. « Il avait un dossier vert avec des informations sur toutes les personnes avec qui il voulait travailler. Il les avait imprimés d’internet, et il m’a laissé le dossier pour que je puisse le parcourir durant la nuit. Il était tellement préparé ! ». Convaincue, elle accepte de prendre le volant.

Petit frère plus gros que le boeuf

Les deux font ensuite le trajet presque tous les week-ends, en revenant le lundi matin tôt à St Louis pour que Metro continue bien ses études, condition essentielle pour sa mère. Elle l’accompagne même lors de son boulot avec OJ da Juiceman : « On ne fumait pas au studio à cette époque parce que sa maman venait » décrit OJ. « On devait lui rendre son fils à une certaine heure. Mais c’était fun quand même ! ».

Deux ans plus tard, au malheur de Leslie, Metro Boomin doit finalement aller à l’encontre des conditions parentales. Pris dans la tornade du succès avec le tube « Karate Chop » qu’il a produit pour Future, propulsé au statu de nouvelle mégastar d’Atlanta, Metro n’a plus trop la tête à la fac. Tout le monde le demande. Tout le monde en parle. Après une longue réflexion, il comprend qu’il serait mieux d’abandonner les cours. Mais l’annonce l’effraie : avant d’appeler sa mère pour lui annoncer la nouvelle, il rumine son stress pendant une heure et demie. Il finit par lui en parler. Elle n’est pas contente. Du tout. Car une maman, même celle qui aide un fils à composer les beats les plus salaces de son époque, reste une maman.

Metro Boomin chauffera à blanc le Trabendo de Paris ce soir (jeudi 14 avril) grâce aux bonnes gens de Free Your Funk. Et vous pouvez gagner des places ici !

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Tous propos recueillis par Fader.