Music par Kerill Mc Closkey 05.04.2016

« So Fresh & So Clean » : Andre 3000 en 8 featurings très propres

Le rappeur le plus doué de l’Histoire ?

Andre 3000 n’est pas le plus bosseur du rap game, loin de là. Aucun album solo et cinq avec Outkast en plus de 20 ans : dans le monde si rapide du hip-hop, il est un fainéant. Surtout depuis la fin d’Outkast en 2007, Andre 3000 se fait tranquillement désirer, pointant le bout de son nez par-ci par-là. Alors oui, on peut être frustré par la faible quantité de ses interventions. Mais niveau qualité, il est incontestablement l’un des rappeurs les plus doués et originaux, un candidat naturel au titre de meilleur pur rappeur de l’Histoire. La preuve en huit featurings du Three Stacks, huit démonstrations avant tout de son incroyable versatilité.

L’Andre prêcheur : TLC, « Sumthin Wicked This Way Comes » (1994)

Dès 1994, Andre 3000 ouvrait de manière solennelle ce morceau des magnifiques TLC. Il se remémore l’époque de la ségrégation, parle des gangs qui s’entretuent pour de simples vêtements et révèle qu’il ne s’est pas suicidé pour être capable de raconter et sensibiliser les autres.

L’Andre amoureux : Young Jeezy, « I Do » (2011)

Sur ce morceau, Young Jeezy accompagné de Jay-Z utilise l’amour comme métaphore pour d’autres addictions. Sauf qu’Andre lui n’a pas peur de passer pour le canard de service, et redonne à l’expression « I Do » sa valeur d’engagement matrimonial.

L’Andre amusé : Kesha, « Sleazy (Remix) » (2011)

Tout le monde veut voir Andre 3000 se concentrer un peu sur un album solo exigeant. Alors quand il donne son temps à Kesha pour un featuring, les puristes grognent. Andre lui s’en fout et se dandine à l’aise sur le beat. Autant prendre un chèque avec le sourire.

L’Andre rappeur : Rick Ross, « Sixteen » (2012)

Rick Ross n’est pas mauvais, mais quand Andre 3000 prend le contrôle de « Sixteen », c’est comme si Ross n’existait même plus. Anaphore sur anaphore, allitération sur allitération, punchline sur punchline, Andre 3000 donne une sacré leçon.

L’Andre funky : Q-Tip, « That’s Sexy » (2007)

Tout est dit dans le titre.

L’Andre didactique : Devin The Dude, « What A Job » (2007)

« What A Job » est une plongée dans le quotidien du musicien, une description des conditions de vie du rappeur lambda. Devin The Dude et Snoop Dogg ont leur moment de clairvoyance, mais c’est Andre 3000 qui réussit à faire le plus réfléchir par son point de vue sur l’injustice du téléchargement illégal de son boulot.

L’Andre poétique : Frank Ocean « Pink Matter » (2012)


Sur « Pink Matter », seul Andre 3000 pouvait rapper après Frank Ocean. Parce que seul lui pouvait parler d’amour avec le même détail, la même justesse et le même timbre poétique que l’ancien membre d’Odd Future. Sublime.

L’Andre complètement malade : Gorillaz ft. James Murphy & Andre 3000, « Do Ya Thing » (2012)


Quand on laisse Andre 3000 partir  dans un ego-trip sans limites, ça donne la version longue de « Do Ya Thing », soit le plus dingue pétage de plomb de la décennie où Andre 3000 fait davantage penser à Iggy Pop qu’à n’importe quel autre rappeur.