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#PsychForParis : Wall Of Death et Yeti Lane parient sur le space

#PsychForParis : Wall Of Death et Yeti Lane parient sur le space

Tout deux basés sur Paris, les groupes Wall Of Death et Yeti Lane ont chacun sorti leur nouvel album le même jour, le vendredi 4 mars dernier. Avec deux fois la même surprise, celui de tomber sur des disques qui n'ont pas peur de virer dans le psyché vieux jeu. Celui grand public de l'Angleterre des 60's et 70's, pas vraiment bizarre, mais qui n'hésitait pas à se proclamer space-rock. Tout en ajoutant leur petite dose de France.

Les trois gars de Wall Of Death ne connaissent pas vraiment Yeti Lane. Jamais vraiment écouté. Comme l'écrasante majorité d'entre nous. Pourtant, le précédent album du duo français, The Echo Show avait été pas mal adoubé par la minorité qui reste, en général ceux qui suivent de près la scène « psyché » nationale, comme on dit. « Ah si ! » se rappelle soudainement Adam, le batteur de Wall Of Death. « Je les ai vus en première partie du Brian Jonestown Massacre au Trianon (une salle parisienne, ndlr) ». Cocasse, quand on sait que si on demandait à un averti de Wall Of Death comment il les a découvert, il répondrait, presque à coup sûr, « par le Brian Jonestown » dont ils ont également fait des premières parties. Ou alors « par les Black Angels », l'autre groupe qui trône sur le rock psychédélique contemporain, et qui parraine le trio parisien depuis leurs débuts.

"Se focaliser sur les choses cools, même si la vie est badante à 80%"

Parisiens, les Yeti Lane le sont également, du moins d'adoption, le duo venant de Charleville-Mézières. Comme Wall Of Death et son Loveland, ils ont publié début mars un album, L'Aurore, qui sent fort le rock psychédélique d'une autre époque, celui trop ringard pour avoir été repris par la nouvelle génération, qu'eux-mêmes rangent dans la catégorie space-rock. Celui du Pink Floyd notamment, influence aussi déclarée de Loveland, « le seul groupe qui met tout le groupe d'accord » selon Gabriel, guitariste de Wall Of Death.

«Après la tournée pour The Echo Show, on s’est rendu compte que notre formule était pop et nous enfermait sur scène » expliquait Charlie de Yeti Lane pour Libération sur le choix du cap vers l'espace : « On a essayé de trouver une technique qui nous permette de jouer sur les durées et les intensités». Se libérer, voilà aussi ce qui motiva la tournure lumineuse et pacifiée de Loveland selon Gabriel, après un premier album en pleine obscurité krautrock : « Il y a des moments durs et tristes dans la vie, surtout en ce moment avec toute la dose de trucs un peu foireux. Soit tu te capitalises dessus, soit tu te focalises sur les choses cools, même si la vie est badante à 80%. C'est ce qu'on a fait. En grandissant, tu fais le ménage dans les choses empoisonnées. Tu te rends compte que tu avances et que tu t'entoures de gens qui sont comme ça aussi, et ça va mieux. Pour ce, soit t'as des choses effectives qui te permettent d'aller bien, soit tu pars dans du fantastique pour te préserver. Dans de l'imaginaire. Se réfugier dans la lumière pour Loveland nous a donné plus de possibilités ».

"C'est assez Français de ne pas être très bon en langue étrangère"

Les deux groupes se sont nourris de leurs rencontres avec des musiciens étrangers bien installés pour élargir leur son et donner cette patte céleste à leurs derniers albums. Outre ceux déjà cités plus haut, Yeti Lane a notamment joué avec Damo Suzuki, des cultes Can, pour deux performances entièrement improvisées. Imprévisibilité qu'ils ont « voulu reproduire en partie sur L'Aurore » affirmaient-ils à Noisey. Quand à Wall Of Death, ils sont allés enregistrer l'album à Los Angeles dans le studio d'Hanni El Khatib (« un garage avec un jardin de ouf' », décrit Gabriel) qui produit et distribue l'album par l'intermédiaire de son label, Innovative Leisure.

Mais au fond, Loveland et L'Aurore sont deux albums profondément français. « Européens » préfèrent dire les Wall Of Death, sans renier l'influence inconsciente d'Alpes par exemple, groupe phare de la mouvance hippie à la française. Car même s'ils chantent en Anglais, ils le font avec l'accent monotone de langue française, intonation qui va particulièrement bien avec les atmosphères rêveuses du psychédélisme. « C'est assez français de ne pas être très bon en langue étrangère. Du coup, c'est assez français d'être complexé dans le chant. On essaye trop de faire le bon accent, alors que les étrangers s'en foutent ». A l'opposé, Yeti Lane s'est adonné à la langue de Booba cette fois-ci, une première pour eux. Avec la même douceur que leurs compères, car c'est bien le son du chant qui importe ici. Peut-être que les deux chanteurs iront vers davantage d'excentricités lors de leurs deux release-party à venir, à domicile donc. « C'est stressant de jouer devant ses potes, c'est particulier » atténue Adam. « Mais ce sera une très grosse fête ».

Wall Of Death sera à la Maroquinerie (Paris) le 21/03 et au Marché Gare (Lyon) le 24/03.

Yeti Lane sera au Pop-Up du Label (Paris) le 31/03.

Loveland (Innovative Leisure/Because) et L'Aurore (Clapping) sont dispos ici et ici.