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Les 25 Meilleurs Albums sortis d'Irlande (le plus beau pays du monde)

Les 25 Meilleurs Albums sortis d'Irlande (le plus beau pays du monde)

L’Irlande tient une place un peu particulière dans la géographie de la musique moderne. En tant qu’île qui a mis du temps à se moderniser, l’Irlande a longtemps été un pays un peu isolé, en retard, voire à contre-courant des évolutions sociales du monde occidental. D’un autre côté, elle se situe à quelques brassées de l’Angleterre, épicentre de l’ancien monde, pays de la langue mondialisée et premier bourbier des révolutions musicales populaires. De fait, l’histoire de la musique moderne irlandaise est marquée du sceau de l’hybridité : entre une culture nationale forte et la réception des secousses de Londres, Manchester ou Liverpool, elle dessine depuis les années 60 un parcours fascinant qui représente autant l’esprit irlandais que les mouvements musicaux transnationaux.

De Van Morrison à Girls Names, de Cork à Belfast, du folklore au punk, on vous présente ici les 25 albums à écouter absolument pour mieux cerner l’âme qui traverse la musique irlandaise et le peuple vert. Hors U2 parce que ça, vous connaissez déjà.

À lire et écouter avec un bon verre d’eau minérale, évidemment.

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#25. The Stars Of Heaven, Speak Slowly

C'est l'histoire archétypale du bon groupe irlandais. Formé à Dublin en 1983, c'est à partir de Londres que les Stars Of Heaven peuvent diffuser leur musique en signant avec le label le plus en vue de son époque : Rough Trade. Le rock mélodique et romantique du groupe s'y fond parfaitement avec le son indé du moment, celui des Smiths par exemple, groupe emblème de la maison de disque anglaise. Mais même en côtoyant l'épicentre du Londres branché, les irlandais n'arrivent jamais à vraiment sonner moderne. Avec le cœur dirigé vers les harmonies des Byrds, The Stars Of Heaven reste fidèle à une approche humble et sentimentale de sa musique qui les empêche de séduire un public plus large. Le groupe se sépare finalement à l'aube des années 90 dans un relatif anonymat, non sans laisser à la postérité un Speak Slowly qui garnira les chevets de plusieurs générations d'amoureux de l'indie authentique.

 

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#24. Dr Strangely Strange, Kip Of The Serenes (1969)

C'est une histoire méconnue de la contre-culture irlandaise. A partir de la seconde moitié des années 60, des centaines (des milliers ?) de jeunes et moins jeunes hippies européens se barrent pour l'île émeraude. Allemands surtout, mais aussi scandinaves, Anglais, Français. Emballés par les nouvelles idéologies spirituelles et bucoliques du mouvement pacifiste, ils trouvent en Irlande les lieux parfaits pour s'adonner une nouvelle vie éloignée de la ville, au sein de paysages propices à la méditation et aux célébrations de la nature. C'est ainsi que la musique psychédélique et pastorale de l'époque se diffuse dans une Irlande toujours isolée, où elle se rencontre parfaitement avec les musiques traditionnelles et folk de l'île. La preuve avec Dr Strangely Strange et son Kip Of The Serenes, sorti en 1969, qui mêle les deux mondes avec liberté et frondeur dans son amateurisme (il y a tellement de fausses notes que ça en devient leur identité même).

 

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#23. That Petrol Emotion, Babble (1987)

That Petrol Emotion est le groupe qui résume parfaitement la relation haine/amour entre l'Irlande et le Royaume-Uni dans le rock. Fondé par le guitariste du groupe punk nord-irlandais The Undertones, That Petrol Emotion se base à Londres, là où ils sont appréciés, là où l'influent John Peel les supporte. Mais c'est aussi là que réside le pouvoir que le groupe ne se prive pas de critiquer, là où la BBC décide de censurer le single « Genius Move » pour une simple référence à Gerry Adams, le leader politique de la contestation en Irlande du Nord. Enfin, avec Babble notamment, c'est là qu'ils fabriquent un rock rigide, funk et extravagant qui influera sur les deux mouvements les plus génétiquement anglais du rock : ceux du « Madchester » et de la « Britpop ».

 

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#22. Clannad, Clannad (1973)

L'un des groupes de musique traditionnelle irlandaise les plus connus au monde, Clannad s'est pas mal exporté dans les années 80 dans un style lourdingue à la Enya, qui fut d'ailleurs pour un moment membre du groupe de Donegal. Mais Clannad n'a jamais été aussi bon qu'à leurs débuts, quand l'authenticité et le mystère primait sur les relectures modernes. La voix envoûtante de Moya Brennan faisait ensuite le reste.

 

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#21. Whipping Boy, Heartworm (1995)

Plein de grandes chansons mémorables et de performances dans les largeurs, Heartworn est l'album qui installa Whipping Boy comme les enfants sensibles de U2.

 

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#20. Rollerskate Skinny, Horsedrawn Wishes (1996)

Plein d'idées, de détours et de guitares flottantes, Horsedrawn Wishes est l'album qui installa Rollerskate Skinny comme les enfants illuminés de My Bloody Valentine.

 

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#19. Girl Band, Holding Hands With Jamie (2015)

Inspiré par les problèmes mentaux du chanteur Dara Kiely, Holding Hands With Jamie est un album  qui plonge le rock dans la confusion. Parfois répétitif, parfois instable, toujours dans l'urgence, Girl Band y déploie l'une des propositions les plus intéressantes du moment.

 

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#18. Planxty, Planxty (1973)

Avec sa pochette très sombre d'un groupe live seulement éclairé d'un projecteur, on pourrait croire au premier abord que le premier album de Planxty documente la vie d'une rockstar. Et l'on ne serait pas si loin de la vérité : avec ses premiers singles et cet album, Planxty avait en effet crée un engouement international exceptionnel pour son genre. Sauf que le groupe fait dans le folk traditionnel irlandais. Mené par l'intense chant de Christy Moore et une instrumentation qui s'inspira de la puissance plus rugueuse du folk britannique des 70's, Planxty marque le moment où le trad' a définitivement mis le pied dans la modernité.

 

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#17 : Virgin Prunes, ...If I Die, I Die (1982)

En avril 1982, un petit groupe de Dublin se ramène sur la scène du Rex Club de Paris. Leur post-punk gothique et malsain a un tel impact sur l'audience que le label L'Invitation Au Suicide leur demande de créer un album avec pour thème celui de la folie : ce sera L'Hérésie, sorti quelques mois plus tard. Ces dingues chez les fêtards du Rex, ce sont les Virgin Prunes, un groupe à part dans l'histoire du rock irlandais.

 

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#16 : The Altered Hours, In Heat Not Sorry (2016)

Enregistré à Berlin aux côtés d'Anton Newcombe (leader de The Brian Jonestown Massacre), In Heat Not Sorry se place naturellement dans la lignée du travail de leur mentor. L'atmosphère y est cramée, les mélodies salvatrices, comme chez le Brian Jonestown Massacre. Mais avec ce surplus de lyrisme et de fragilité qui fait souvent la différence chez les artistes irlandais.

 

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#15 : Rory Gallagher, Deuce (1971)

Surnommé le « Jimi Hendrix irlandais », Rory Gallagher a traîné sa guitare aux quatre coins du monde dès années 60 à sa mort en 1995. Chaque fois qu'il montait sur scène, il laissait derrière lui des publics médusés par la force émotionnelle de son interprétation physique du blues. Vénéré par plusieurs générations d'amoureux de la gratte (un festival annuel porte même son nom), Rory Gallagher n'a jamais sonné plus sincère que sur ce Deuce qui donne envie d'abandonner toute pratique d'instrument.

 

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#14 : The Revenants, Horse Of A Different Colour (1993)

On adore les chevaux en Irlande. Les hippodromes sont régulièrement plein de monde. On y va en famille, avec les femmes, alors que les hippodromes français restent ultra masculins. On y célèbre les vainqueurs, mais aussi les perdants. Si les Revenants étaient des chevaux de course, ils finiraient dans les derniers, mais avec panache. Formé sur les cendres des Stars Of Heaven, le groupe a pondu de sacrés hymnes d'amour et de boisson, principalement sur le superbe Horse Of A Different Colour. Pourtant, ils ne sont jamais allés beaucoup plus loin que les petites scènes des pubs londoniens et dublinois. Des beautiful losers, comme on dit là-bas.

 

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#13 : David Holmes, Let's Get Killed (1997)

A l'âge de 17 ans, David Holmes se rend en vacances à New York. Fasciné par la ville, le (déjà) DJ et producteur de Belfast se balade avec un dictaphone et enregistre les sons de la métropole ainsi que ses conversations avec les habitants, notamment ceux des bas-fonds : prostituées, dealers, macs... Dix ans plus tard, il utilise ces enregistrements comme la base de Let's Get Killed, album aux instrus hip-hop aériennes à la DJ Shadow et voyage sonore dans le bourdonnement de la Big Apple. Œuvre qu'il remballe sur un remix des « Melody » et « Cargo Culte » de Serge Gainsbourg. Bref, il est là le meilleur album électronique sorti d'Irlande.

 

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#12 : Microdisney, The Clock Comes Down The Stairs (1985)

Cathal Coughlan est une bête à part. Avec Microdisney, le chanteur de Cork a retenu l'attention de toute la scène indé britannique des années 80 avec son chant maniéré et la malice de ses paroles, en balance entre noir surréalisme et déclarations politisées. Comme d'autres groupes irlandais de l'époque, il fut adoubé par John Peel et signé sur Rough Trade, label qui publia sa pièce maîtresse The Clock Comes Down The Stairs. Le groupe était même en passe de s'infiltrer dans le mainstream avec une signature chez Virgin à la suite du succès de cet album. Ça n'a évidemment pas fonctionné.

 

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#11 : Thin Lizzy, Bad Reputation (1979)

Plus beau, plus mystérieux et plus talentueux que Bono, Phil Lynott est le musicien le plus charismatique sorti d'Irlande. Le chanteur et bassiste du groupe hard-rock Thin Lizzy, surtout connu pour ses solos à deux guitares et l'énorme tube « The Boys Are Back In Town », a même sa statue en plein Dublin. Car il est le plus doux et poétique des leaders virils du rock testostéroné, un gars capable de faire pleurer les gros durs et de rebooster les petits agneaux. Produit par le maître Tony Visconti en pleine starification de Thin Lizzy, Bad Reputation est l'album qui concilia le mieux les deux facettes de son meneur à la force sensible. Même les punks de l'époque, pourtant ennemis des rockeurs à cheveux longs, devaient s'incliner.

 

Undertones proper

#10 : Undertones, Undertones (1979)

En parlant de punk, ce sont les Undertones qui lui ont offert le plus bel hymne : « Teenage Kicks ». Et le groupe de Derry en avait une dizaine d'autres du même acabit sur leur premier album qui, malgré les guitares et la vitesse, est juste une capsule de perfection pop.

 

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#09 : Girls Names, Arms Around A Vision (2015)

Autre groupe nord-irlandais, de Belfast cette fois-ci, Girls Names touche également la perfection d'un genre sur Arms Around A Vision. Leur version sophistiquée du post-punk peut sembler passéiste, mais il y a trop d'idées et de mélodies pour ne pas être convaincu qu'ils forment peut-être le meilleur groupe de l'île du moment.

 

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#08 : A House, I Am The Greatest (1991)

Sur la chanson « I Am The Greatest » qui conclut l'album du même nom, le chanteur de A House répète plusieurs fois qu'il est le meilleur, avant que le morceau se bloque et tourne en rond, imitant le son que produit le vinyle qui n'arrive plus à avancer. C'est pour ce genre d'idées que le groupe dublinois est admiré, pour leur intelligence, leur ironie et leur humour piquant. Dans une époque actuelle où l'indie a du mal à mettre des épices dans sa marmite, A House et I Am The Greatest sont essentiels.

 

waterboys

#07 : The Waterboys, Fisherman's Blues (1988)

Formé entre l'Irlande, l’Écosse et l'Angleterre, The Waterboys voulait de base concurrencer U2 sur le terrain du rock plus gros que nature, qu'eux-mêmes décrivaient comme « The Big Music » sur l'un de leurs singles. Mais le chanteur écossais Mike Scott décide dans la seconde moitié des 80's de déménager à Dublin, puis d'emmener son groupe dans l'ouest sauvage de l'île afin de renouer avec son amour de la musique irlandaise. C'est là bas qu'ils finissent d'enregistrer Fisherman's Blues, album grandiose qui mêle naturellement le rock de stade et instrumentations traditionnelles.

 

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#06 : Ash, 1977 (1996)

Un album irlandais qui croise les mouvements grunge, shoegaze et britpop des années 90, qui consacre une chanson à Jackie Chan et qui se finit sur une relecture de la musique de Star Wars : sincèrement, que demander de plus ?

 

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#05 : The Radiators, Ghostown (1979)

Les irlandais adorent parler de la météo. Ce qui n'est pas une très bonne idée dans un pays où le temps est souvent pourri, comme s'ils se complaisaient dans la déprime. Sur Ghostown, The Radiators ont aussi une chanson qui s'appelle « Let's Talk About The Weather ». Parce que justement, l'album parle de la déprime de la jeunesse dublinoise des 70's, quand la ville n'arrivait pas à suivre le mouvement de la modernisation et allait se faire gangrener par la poudre blanche. Mais n'y vous méprenez pas : Ghostown est aussi un album enjoué, proche soniquement du glam de Bowie. En Irlande, on rigole de sa propre tristesse.

 

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#04 : Stiff Little Fingers, Inflammable Material (1979)

La déprime pour Dublin, la guerre pour Belfast. Inflammable Material est l'album qui a le mieux capté l'instabilité et la colère de l'Irlande du Nord, notamment avec le tube frondeur « Alternative Ulster ». Comme sa pochette, incendiaire.

 

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#03 : Van Morrison, Astral Weeks (1968)

Le créateur du tube intemporel « Gloria » commençait à s’ennuyer du rock simpliste de Them, le premier groupe de Van Morrison. Alors le chanteur de Belfast s’est fait la malle et s’entoura de violons, de mandolines et de cuivres pour libérer sa fibre poétique. Et avec quel succès : Astral Weeks, son deuxième album solo, est le genre de joyau inimitable dont la seule existence donne un peu plus de foi en la beauté du monde.

 

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#02 : The Pogues, Rum, Sodomy & The Lash (1985)

Il y a quelques années, les Pogues se sont réunis pour une tournée enfin triomphale, grâce à un Shane MacGowan de nouveau en forme après des décennies d’auto-destruction. C’est d’ailleurs l’Olympia de Paris, plein à craquer, qui fut choisi pour immortaliser le moment sur DVD, preuve de la capacité du groupe à se faire aimer hors d’Irlande. Et pour cause : les Pogues et Shane MacGowan sont l’Irlande. En un homme s’est cristallisé, à son insu, toute la beauté tragique d’un pays. Avec son mix parfait de ballades folkloriques et de folie intoxiquée, Rum, Sodomy & The Lash est la parfaite arme du soft-power irlandais : combien de Français se sont rués dans les avions low-cost de Ryanair après avoir rêvé de « Dirty Old Town », « A Pair Of Brown Eyes » ou « Sally MacLennane » ?

 

mbv

#01 : My Bloody Valentine, Loveless (1991)

Imité des millions de fois et pourtant inimitable, Loveless est peut-être l’album le plus influent du rock moderne. Sûrement aussi l’album le moins irlandais du lot, l’œuvre séminale du shoegaze demeure tout de même, en toute objectivité, le meilleur album sorti du pays. Et donc le meilleur album du monde.