Music par Kerill Mc Closkey 09.03.2016

Le 5ème Beatles Sir George Martin en 5 chefs-d’œuvre soniques

George Martin, le producteur historique des Beatles, a tellement participé au succès du groupe de Liverpool qu’il est surnommé le « cinquième Beatles ». Sa vision et son érudition musicale ont notamment été essentiels aux expérimentations du quatuor, surtout à partir de Rubber Soul. George Martin est mort ce mardi 8 mars 2016, à l’âge de 90 ans. Pour célébrer sa mémoire, voici une petite sélection de pièces maitresses du producteur conduites avec les Beatles, cinq parmi des dizaines de chefs-d’œuvre qui ont changé la musique pop, et tout le reste, à jamais.

« Eleanor Rigby », tiré de Revolver (1966)

Dans la discographie des Beatles, « Eleanor Rigby » représente un tournant, presque un choc. Placé en seconde position de Revolver (1966) à la suite du titre au rock’n’roll plutôt traditionnel « Taxman », cette chanson marque le moment où le groupe anglais passe à un niveau supérieur d’ambition dans l’orchestration, grâce à sa section de violons devenue iconique. Inspiré par le travail de Bernard Herrmann sur la bande originale du Psycho de Hitchcock, c’est George Martin qui conduit l’instrumentation, et qui propulse ici les Beatles dans une autre dimension.

« A Day In The Life », tiré de Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967)

Le choix évident pour « meilleure clôture d’album de l’Histoire » le serait peut-être moins sans le travail de George Martin. Il conduit en effet l’apothéose dramatique du morceau en compagnie de Paul McCartney, qui sans les connaissances classiques de son producteur aurait eu bien du mal à communiquer ses idées folles à un orchestre.

« I Am The Walrus », tiré de Magical Mystery Tour (1967)

Les arrangements dirigés par George Martin sur ce morceau sont aussi fous que les paroles surréalistes de John Lennon. 5o ans plus tard, ils sonnent toujours aussi uniques.

« Strawberry Fields Forever », tiré de Magical Mystery Tour (1967)

En parlant de son dingue et unique, « Strawberry Fields Forever » n’est pas mal non plus. Notamment grâce à l’innovation technique de George Martin qui pour l’occasion fond deux prises différentes en un master unique par l’emploi subtil du vari-speed, une machine qui permet de modifier les vitesses d’un son.

« Medley », tiré de Abbey Road (1969)

Le dernier album enregistré par les Beatles se finit sur une succession schizophrénique de courtes chansons qui s’enchaînent rapidement, connue ensuite comme le « medley d’Abbey Road ». Un adieu en fanfare qui était pourtant loin d’être gagné. John Lennon était effectivement contre l’idée, lui préférant une structure plus traditionnelle. Mais sous l’insistance de George Martin, attaché à vouloir élever l’art des Beatles, Lennon accepte et participe même à cette face B insolite organisée par McCartney et le cinquième Beatles, George Martin.