Music par Kerill Mc Closkey 22.02.2016

« Ringard et putain d’agaçant » : Baauer veut oublier son « Harlem Shake »

Baauer s’est confié sur sa soudaine notoriété et sur « Harlem Shake », ce phénomène qui l’a complètement dépassé.

Le 2 février 2013, un vidéaste japonais du nom de Filthy Franck publie une vidéo sur sa chaîne Youtube, montrant quatre hommes déguisés n’importe comment danser n’importe comment sur un beat électro à influence trap. Cette musique, c’est un jeune producteur de Philadelphie qui l’a composé, alors quasi inconnu, Baauer. Mais la vidéo « Do The Harlem Shake » fait un carton, et la danse devient virale. Presque du jour au lendemain, Baauer se retrouve en tête des charts Billboard, qui venait tout juste de commencer à comptabiliser les vidéos Youtube, et voit son beat repris partout. Surtout par des petits jeunes pas très fute-fute.

« Je vois totalement comment Kurt Cobain devait se sentir quand ça lui est arrivé »

Trois ans plus tard, Baauer est revenu sur le phénomène « Harlem Shake » dans les colonnes de Rolling Stone, afin de promouvoir Aa, premier album de l’Américain dans les bacs le 18 mars. Sur sa génèse d’abord : « C’était un accident heureux, ça n’a pas pris beaucoup de temps à faire. J’étais excité, mais je ne trouvais pas ça fou non plus pour une quelconque raison ». La soudaine célébrité ensuite, trop soudaine même, qui lui fait imaginer les psychés de Kanye West et Kurt Cobain : « Je regarde Kanye, qui vit là-dedans 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et je n’arrive pas à m’imaginer quel type de personne il faut être pour supporter ça. Avoir connu juste une toute petite dose de cette expérience a été trop pour moi. Je vois totalement comment Kurt Cobain devait se sentir quand ça lui est arrivé ».

Enfin, Baauer décrit son rapport actuel avec le tube et le meme qui l’a révélé, et qu’il a du mal à assumer. Les mots sont secs : « C’était devenu devenu ringard et putain d’agaçant, et mon nom était attaché à ce truc ». Il s’estime par contre heureux des opportunités qui se sont ouvertes. Il a ainsi par exemple la capacité aujourd’hui de réunir sur Aa les collaborations de Pusha T, M.I.A., Future ou encore Rustie. L’album sort le 18 mars chez Lucky Me. « Day Ones » en est le premier extrait :

La possibilité d’un gros Harlem Shake au Stade Bauer en cas de promotion en Ligue 1 du Red Star n’a, par contre, pas été évoquée.