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Prise de disque : Manu de Superfly Records conseille Ebo Taylor

Prise de disque : Manu de Superfly Records conseille Ebo Taylor

La vie est trop courte pour faire le mauvais choix après des heures d’errance dans les bacs à vinyles. S’il ne fallait en choisir qu’un ? Laissons la prise de disque aux disquaires.

Superfly est d’abord l’album culte de Curtis Mayfield sorti en 1972. Mais Superfly, c’est aussi un disquaire du 3ème arrondissement parisien, situé pas loin de la cosmopolite rue Saint-Denis. Cosmopolite, Superfly Records l’est aussi, avec un penchant pour la musique africaine, du jazz au hip-hop en passant par la musique traditionnelle du continent. Depuis son ouverture il y a six ans, Manu Boubli accueille au Superfly Records autant les amoureux de la musique noire que les néophytes, parfois en recherche de samples soul ou funk pour leurs propres productions. D’autant qu’ils peuvent compter là-bas sur le sérieux et l’expérience de Manu.

S’il ne fallait choisir qu’un seul disque ?

Manu préfère réfléchir et parcourir ses bacs un peu avant de choisir. Encore une fois, la musique n’est pas à prendre à la légère. Après quelques minutes qui nous laissent le temps de découvrir un lieu agréable et minutieusement organisé, il extirpe un vinyle au jaune et vert éclatants, organisés autour d’un visage noir. Pas de doute, Manu nous emmène en Afrique. « C’est un peu le Fela Kuti du Ghana pour donner une idée » introduit-il. Cette personne, c’est Ebo Taylor, chanteur ghanéen né en 1936 qui sur Conflict, sorti en 1980, touche à cette afro-funk popularisée en Europe par Fela Kuti.

EBO TAYLOR – Conflict (1980)

Essiebons / réédition par Mr. Bongo

conflict« C’est comme si on ne découvrait qu'aujourd'hui l'Afrique des années 70 »

« Ebo Taylor fait partie de cette vague d’artistes africains d'une autre époque qui se font rééditer à foison en ce moment. Leurs disques sont difficiles à trouver, et souvent en mauvais état à cause des conditions de conservation qui sont moins respectés là-bas qu’ici. Ils avaient disparu de la circulation presque, mais là c’est comme si on les redécouvrait avec toutes ces rééditions. Ça a pris des années pour rediriger les yeux vers l’Afrique, et c’est ce qui se passe maintenant. Ebo Taylor a même pu reformer un groupe et partir en tournée ». Si ce retournement de situation tient à cœur à Manu, c’est qu’il a connu l’époque où ces artistes étaient injustement oubliés. Dans son club du Cithéa, placé rue Oberkampf, il faisait jouer des groupes au début des années 2000, dont celui de Tony Allen, figure devenue légendaire de l’afro-beat alors au creux de sa notoriété. « Les gens croyait qu’Allen était mort, si jamais ils le connaissaient. Alors il jouait dans des petits endroits. Moi j’avais honte de le payer que 300 francs (une cinquantaine d'euros, ndlr) mais lui était juste heureux de pouvoir jouer ».

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Le trésor déterré d'Ebo Taylor ne coûte qu'une centaine de francs à Superfly Records, au 53 Rue Notre Dame de Nazareth, 75003 Paris.

http://www.superflyrecords.com/