Music par Antony Milanesi 27.01.2016

L’étrange bordel de monsieur Cyriak

La fabrique à cauchemars Cyriak reprend du service sous la houlette de Run The Jewel. L’Anglais n’en est pas à son premier coup d’essai dans la réalisation de clips.

Depuis sa campagne anglaise près de Brighton, Cyriak, 40 ans, bricole des vidéos dérangeantes depuis un bail. En 2006 Google rachète Youtube et quelques partages plus tard, le british qui réalise tout depuis chez lui fait des millions de vues à quasiment chaque vidéo.

La célébrité, ou osons l’espérer : le talent, a poussé quelques groupes à draguer le motion-designer, histoire de donner vie et frissons à leur musique. Dernier en date : Run the Jewels pour le morceau  « Meowpurrdy » avec Maceo, Lil’ Bub’ et Delonte. Les chats survivront-ils à la lutte entre le bien et le mal ?

Le style si reconnaissable de Cyriak est dû à son amour des fractales, des motifs algorithmiques qui se multiplient à l’infinie au fur et à mesure que l’on zoom.

Et l’Anglais de se renouveler sans se trahir pour chaque effort. Le groupe des nostalgiques du brit-rock Bloc Party s’était lui fait déstructurer en 2013 sur le clip du titre « Ratchet », extrait du EP du même nom.

La même année, l’imagerie des trente glorieuses et ses clichés genrés ont fait le bonheur du diplômé d’animation sur le clip de « Cirrus » de Bonobo.

En 2012, « Putty Boy Strut » de Flying lotus devient le requiem d’un monde futuriste décadent et boulimique. Les images d’animations suffisent alors à retranscrire un Futurama triste.

En 2007, le label 679 Artists accapare Cyriak pour gonfler le travail du fameux frenchy Pilooski sur le célèbre « Beggin’ » de Frankie Valli.

Les vrais curieux désireux d’en savoir plus peuvent s’enticher du reportage bien senti de Tracks sur Cyriak. Vous en apprendrez plus sur un certain Terry Gilliam, père spirituel du « weirdo», comme on dit outre-manche.