JE RECHERCHE
Aux USA, on a acheté plus de vieux que de neuf en 2015.

Aux USA, on a acheté plus de vieux que de neuf en 2015.

Miles Davis ou Pink Floyd par exemple se sont hissés parmi les meilleures ventes de vinyles.

C’est unique depuis la naissance du marché de la musique aux Etats-Unis : en 2015, les ventes de musique physique (entendez CD+vinyles) des nouveautés ont été inférieures à celles concernant les albums de catalogue, c’est à dire sortis il y a au moins de 18 mois. Selon Nielsen Soundscan, un observatoire américain des consommations, 71,2 millions d’albums de catalogue ont été vendus en physique lors des douze derniers mois, contre 65,8 millions d’albums récents.

Les nouveautés restent devant en termes de vente digitale de la musique, mais pas suffisamment pour rééquilibrer la balance, laissant la vente de musique vieille devant sur le total du marché des albums vendus. Une première également.

Une collection à construire

Ces chiffres accompagnent une autre tendance aux Etats-Unis, celle du regain d’intérêt pour le format vinyle. Une corrélation étant envisageable, nous sommes allés demander au gérant du Mélomane, un disquaire généraliste de Nantes essentiellement axé sur le vinyle, de partager ses observations sur le comportement de cette nouvelle génération amatrice de microsillon.

« Tout un nouveau public a commencé à venir avec le retour du vinyle » affirme Jean-Christophe. « Il y a dix ans, on voyait surtout des trentenaires et quadra. Davantage de nanas et de jeunes sont ensuite arrivés, avec une collection encore à construire. Alors ils vont plus facilement vers le classique qu’il faut avoir dans sa discothèque, d’autant plus qu’avec les prix assez hauts, ils vont vers la valeur sûre. Les nouveaux albums, ils les téléchargent, ou les achètent en concert où ils sont moins chers ».

La tactique d'attaque des majors

Mais ces nouveaux consommateurs, moins aventureux sûrement, ne forment pas la seule raison de cette tendance à acheter du passé. Selon Jean-Christophe, le comportement agressif des majors sur le marché des rééditions est essentiel également. « Par le passé, j’avais quasiment plus de vinyles en back-catalogue. Mais maintenant, ils cherchent la moindre occasion pour tout represser ». Ce qui n’est pas sans l’attrister : « Pour le bon fonctionnement d’un disquaire, il faut du vieux célèbre, facile à écouler, pour amortir les prises de risques sur les nouveaux artistes. Il faut trouver cet équilibre, parce que ce que j’aime, c’est faire découvrir du neuf. Le vieux Led Zep, je l’adore, mais au bout du 50ème que tu refiles, t’en as marre ».

Pour toi J-C :