Music par Clémence Meunier 24.12.2015

La découverte du jour : DRAME, krautrock made in France

Le premier album éponyme de DRAME est la belle surprise de cette fin d’année pour tous les amateurs de rock progressif barré mais super bien fait. Coccorico ! 

Une pochette de CD cartonnée coincée entre deux tas de paperasse, oubliée là pendant un mois et demi… Et voilà comment louper une superbe pépite krautrock-psyché-perchée relativement inconnue, sortie le 6 novembre déjà : DRAME (en majuscule s’il vous plaît) et son premier album éponyme. Ce projet à cinq, notamment porté par le Mr krautrock Rubin Steiner (que l’on peut lire comme contributeur sur The Drone), pose les bases d’une electro-rock à la précision militaire non dénuée de second degré : si l’ambiance sur « Yoko » est inquiétante et évoque « l’espionnage d’un conciliabule secret d’amides désireux de changer la nature des êtres » dixit le barré label Platinum Records, « Avantage-Aventure » s’amuse du retour des synthé 80’s new wave. Les huit titres, exclusivement instrumentaux et 100% analogiques, sont dramatiques, justement : lourds, prenants, avec ce je-ne-sais-quoi de cinématographique qui les rendent à la fois entraînants et planants.

L’urgence du rock, la folie du disco, le futurisme d’une BO de science-fiction… Forcément, ça marche, peut-être aussi parce que DRAME arrive à concocter son propre krautrock, convoquant les papas de Can mais inventant un groove à la sensualité crasse. « Comme une longue et lente digression psychédélique froide », dit d’eux Stéphane du groupe Blackmail, découvert pour notre part (et adoré) au festival Baleapop. On est tout à fait d’accord. Ça nous apprendra à ranger plus souvent nos bureaux.