JE RECHERCHE
Ce qu'il faut retenir de 2015

Ce qu'il faut retenir de 2015

Tout n'est pas à jeter en 2015. Mode, food, musique, sorties... Petit tour des phénomènes, effets de mode et inspirations créées ou relancées cette année ! 

Du jeudi 1er janvier à ce lundi 14 décembre (prenons un peu d'avance sur les quinze derniers jours de l'année, occupés à manger de la bûche et préparer ses cadeaux), l'année 2015 n'a pas été des plus calmes - entre le 7 janvier et le 13 novembre, plutôt dans le mauvais sens du terme. Mais, heureusement, ce n'est pas tout. Jurassic World, la mort de Christopher Lee, la FSociety de Mr Robot, Google devenant "Alphabet", la Une "Call Me Caitlyn" du Vanity Fair, le divorce de Kermit et Piggy, la robe jaune ou bleue, Jon Snow, le dentiste braconnier, Ronda Rousey se prenant une raclée, le requin de Katy Perry au Super Bowl, l'Apple Watch, Jennifer Lawrence dans le dernier volet de Hunger Games, l'album et le film Straight Outta Compton, le "Pizza Rat", Mad Max : Fury RoadStar WarsBirdman et son Oscar, Adele et son "Hello", 50 Nuances de Grey... Comme toujours, la pop culture se porte bien en terme de quantité d'événements - sur la qualité, on vous laisse juge. Comme l'année dernière et sa fresque sur fond de Grand Budapest Hotel, l'artiste Luke McGarry s'est amusé à résumer 2015 en dessins. 143 événements ou phénomènes y sont répertoriés - vu qu'on est sympa, on en cité déjà 20 ci-dessus.

beutler2015final4

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Luke McGarry a le chic pour rappeler à notre bons souvenirs tous les "buzz" qui ont fait cette année, pour la plupart éphémère et sans grande conséquence - si ce n'est de fumeuses analyses neuro-psychologique pour savoir pourquoi, à la fin, on ne voit pas tous cette robe de la même couleur. Or, de vraies tendances se sont créées en cette année de la chèvre. Petite sélection côté musique, mode, nourriture, sorties et séries :

Jamie xx nous réconcilie avec le dancehall

Franchement, qui aurait pensé que l'un des titres phares de 2015 serait un featuring entre l'évadé de The xx, un chanteur dancehall et un rappeur ? Avec "I Know There's Gonna Be (Good Times)", Jamie xx quittait les nappes planantes de synthés pour s'essayer aux percussions solaires en compagnie du chanteur jamaïcain Popcaan. Au départ très surprenante, la réunion de ces trois talents singuliers s'avérait être une belle réussite. On a souvent dénigré ce genre qui nous fait pourtant beaucoup danser mais la curiosité nous a poussé à découvrir les artistes émergents qui renouvelle les codes de ce genre.

Palmistry n'a pas grand chose à voir avec Popcaan mais les deux se partagent des mélodies sucrées parfaites pour faire rapidement monter la température dans des soirées un peu trop calmes. A l'opposé, Lewis Grant fait un dancehall hybride qui prend des accents downtempo, assez lent donc mais assurément séduisant. Et pourquoi pas un retour du kuduro en 2016 ? Certains DJs le réhabilitent à merveille, à l’image de target="_blank">Batida et de la Lilloise target="_blank">Caroll.

Les clubs réhabilités

A l'heure où les clubs font des pieds et des mains pour se renouveler chaque semaine et proposer des plateaux attirants, certains lieux font bouger les foules avec beaucoup moins de moyens. Ils sont plus undergrounds, plus secrets, parfois même interdits et, surtout, squattent des lieux qui n'ont absolument pas été construits pour faire la fête. On pense notamment au PériPate, qui a succédé au célèbre et régressif PipiCaca - d'anciennes toilettes publiques situées sous les Grands Boulevards - fermé fin 2014. Le Péripate a abrité quelques afters sensationnels avant de devoir mettre les clés sous la porte comme son prédécesseur.

Pour les amateurs de techno, il suffit désormais de sauter dans le métro et de s'aventurer dans le 92, là où on n'aurait jamais pensé faire autant la fête : rendez-vous au Tunnel, à Issy-Les-Moulineaux, d'anciennes carrières de craie qui se sont révélées être l'antre idéale des noctambules à la recherche de BPM en puissance. Dernièrement, Laurent Garnier s'y est rendu pour un DJ set all night long qui laissera de très bons souvenirs aux chanceux qui ont réussi à avoir une place. A Nanterre, le Pavillon du Docteur Pierre a fait des émules avec la résidence de SoukMachines pendant près de 9 mois. Cet espace d'expressions artistiques temporaire a accueilli des événements d'envergure tout au fil de l'année, avec notamment le passage de la team Cracki le 18 octobre. Avant cela ? Le Pavillon servait de lieu de fabrication de dentifrice ! Mais, comme beaucoup d'espaces réhabilités, l'expérience est éphémère. C'était beau, c'était vibrant, mais c'est fini !

La Corée dans l'assiette

On l'avait senti en janvier, et on a de quoi s'en vanter : côté food, c'est vers la Corée que les chefs frenchies ont regardé cette année. Kimchi, poulet frit de chez Hero (élu meilleur "frit style" dans le Guide Fooding 2016 sorti mi-novembre), bibimbap et autres spécialités made in Korea : voilà à quoi se sont frottées nos papilles en 2015. Même les chefs s'y mettent ! Les étoilés William Ledeuil (Ze Kitchen Galerie) et Pierre Gagnaire ont ainsi intégré du kimchi dans leur plats, le second allant même jusqu'à ouvrir un restaurant à Séoul. Quant à la deuxième édition du Street Food Temple ayant eu lieu en septembre au Carreau du Temple, on vous laisse deviner le thème !

bibimbap-2

Les jogging pour ne pas faire de sport

Les baskets, c'est pour faire du basket. Et les joggings, c'est pour faire du jogging... Mais pas cette année ! Jamais on n'aura vu autant de sneakers aux pieds de jeunes gens n'ayant pas fait de running depuis le calvaire du cross au lycée, tandis que les sweaters Adidas ne sont plus l'apanage de garçons rednecks russes. De drôles de petits noms ont été donnés pour décrire cette tendance chère, notamment, à Teki Latex et DJ Orgasmic, qui nous en avait longuement parlé dès janvier : frenchcore, normcore sportwear, streetwear... Dur dur de s'y retrouver dans le vocabulaire, mais l'idée est pourtant simple : de la salle de sport au club, la tenue sera la même, avec en point d'orgue d'éternels sneakers 90's. Et peu importe s'il y a un classique Chanel au dessus :

039-CHANEL-AD-CAMPAIGN-READY-TO-WEAR-FALL-WINTER-2014-15-COCO-COACH-_KARL-LAGERFELD

L'hiver 2014 selon Chanel, naturellement appliqué un peu partout en 2015.

Séries : short is more

Les six saisons de Lost avec plus de vingt épisodes par saison ? Non, pas en 2015 : les envies des sérievores sont au court et au concis, à l'anglaise (Sherlock, Broadchurch...). Les saisons de chaînes câblées américaines tapent dans la douzaine d'épisodes (Game Of ThronesMr RobotThe Walking Dead ou Heroes Reborn, la suite d'Heroes) tandis que Black Mirror a toujours fait encore plus short avec des saisons de trois épisodes - la formule sera rallongée à douze en 2016. Encore plus extrême, certaines séries sont conçues comme des one-shot, à l'image de Way Ward Pines, finalement reconduit pour une deuxième saison. La raison est simple : alors que de plus en plus de séries sont produites chaque année, il faut que les programmateurs puissent retirer du poste les projets qui ne fonctionnent pas - autant pouvoir le faire rapido et ne pas attendre qu'arrive le 35ème épisode de l'année. Et puis il est plus simple d'engager un acteur de cinéma (Benedict Cumberbatch pour Sherlock, tout le cast de True Detective...) quand il n'a pas à se bloquer 10 mois de tournage. Cruel pour les créateurs, mais profitable pour nous : les meilleures histoires sont les plus courtes.

Nora Djaouat et Clémence Meunier