Music par Quentin Monville 09.12.2015

Chet Faker : la recette du succès

Chet Faker : la recette du succès

Chaque titre qu’il poste atteint rapidement les millions de vues, tous ses concerts sont complets et même les haters qui peuplent d’habitude les commentaires des Boiler Room sont tombés sous le charme. Quel est donc le secret de Chet Faker ?

Chet Faker s’appelle en réalité Nicholas James Murphy. Et, avec un nom pareil, il aurait pu faire du disco punk à New-York. Au lieu de ça, il est resté dans son Melbourne natal pour produire une soul électronique qui flirte avec le r’n’b. En quelques années, il est devenu la figure de proue d’une pop ouatée et entêtante. Alors qu’il a sorti ces derniers mois deux ep consécutifs, on a essayé de décrypter la recette du succès de ce hipster plus vraiment barbu, et pas non plus comme les autres.

10% Reprise

En 2011, un dénommé Chet Faker envahit les internets avec une reprise des Blackstreet, « No Diggity ». Seule une blogueuse de Melbourne avait à l’origine reçu le morceau. Après l’avoir entendu, elle a demandé à Chet Faker de lui envoyé. C’est l’unique fois où l’artiste a donné le morceau, qui a aujourd’hui été écouté des dizaines de millions de fois et que Chet Faker a repris en live dans une Deezer Session. La machine était lancée.

20% James Blake

Difficile, à l’origine, de ne pas ramener Chet Faker sous le patronage de James Blake, le premier à avoir mis au goût du jour un post-dubstep sensuel, plein de soul, de vapeurs électroniques et de rythmes r’n’b. S’il est – avec d’autres – à situer dans cette nébuleuse là, Chet Faker a su contruire en quelques maxis et un album une pop accessible qui parle au cœur. Les tubes s’enchaînent à la pelle, les refrains tournent en boucle dans les têtes et la voix simple et belle du chanteur porte ses productions.

6% Déconne

Tout le monde ne le sait peut-être pas mais Chet Faker a beau écrire souvent des morceaux pour grand romantique, dans la vie, c’est un mec plutôt drôle. Il n’y a qu’à faire un tour sur ses réseaux sociaux pour s’en rendre compte. Quand il n’est pas en train de tweeter qu’il cherche une relation qui durerait au moins 5 moins pour passer l’hiver à New-York, il exhibe fièrement le KFC qu’il est en train de manger. Son côté boy next door n’est surement pas pour rien dans son succès.

20% Collaboration

L’union fait la force. Si Chet Faker sait appliquer un principe, c’est bien celui-ci. Quand il n’invite pas Banks à collaborer sur une nouvelle version de son titre « 1998 », l’Australien chante sur des productions de The Cactus Channel. Mais l’ep qui nous a vraiment marqué, c’est celui enregistré en quelques jours avec Flume, un autre producteur malin originaire d’Australie. Lockjaw Ep est une synthèse de ce que les deux artistes savent faire de mieux : downtempo, nappes frétillantes, et chant de crooner. Ces temps-ci, enfin, ce sont les productions de Chet Faker et Marcus Marr qu’il faudra juger sur pièces. Work, leur second ep collaboratif, est d’ailleurs en extrait ci-dessous.

 

20% Australie

Originaire de Melbourne, Chet Faker n’a pas quitté sa ville natale et c’est tant mieux. Cela a notamment donné lieu à une superbe Boiler Room live, sur un rooftop ensoleillé de la ville. Mais l’intérêt d’être resté là-bas tient surtout dans cette grande famille qui s’est constituée grâce au label Future Classic. Basé à Sydney, le label sur lequel est signé l’artiste tient le haut du pavé grâce à un catalogue de haute volée. Rien de moins que Flume, Jagwar Ma, Hayden James, Flight Facilities, Chrome Sparks, ou encore Seekae C’est peut-être d’ailleurs la nationalité de Chet Faker, et le fait qu’il vienne de Melbourne, qui fait de lui un chantre du cool.

20% Stakhanovisme

Entre 2012 et aujourd’hui, le producteur a sorti un album, une bonne dizaine de maxis et a enchainé les collaborations. C’est peut-être une des clés du succès que de ne jamais disparaître du devant de la scène. Il l’occupe d’ailleurs encore depuis octobre, mois de sorti de sa première collaboration avec Marcus Marr. Chet Faker enchainera en sus quelques dates aux Etats-Unis à la fin du mois.

4% barbe rousse

Du clip « Talk is Cheap » où elle apparaît toute enneigée aux cris d’indignation et de tristesse qui ont suivi son rasage, la barbe de Chet Faker est peut-être un élément clé de son succès. Qu’on se rassure, sa disparition n’a eu aucun impact sur la qualité de ses productions.

chetsansbarbe
Maintenant que la recette est décryptée, on attend de pied ferme le second album pour savoir si l’essai sera transformé. Et si l’on a oublié des ingrédients, faites le nous savoir !