JE RECHERCHE
Ces pop-stars à la recherche d'une crédibilité indé

Ces pop-stars à la recherche d'une crédibilité indé

Qui aurait pu prédire qu’on trouverait cool un album de Justin Bieber, d'Alizée ou encore de l’excentrique Miley Cyrus ? Moquées, critiquées, rabaissées… On ne compte plus le nombre de pop-stars qui ont fini par devenir nos cibles préférées même s’ils brassent beaucoup d’argent et que leurs maisons de disques sont donc très satisfaites. Pourtant, certains ont réussi un virage étonnant. Mais comment ont-ils fait ? A la course à la crédibilité, on croise plusieurs écoles mais au final on ressent chez tous la même volonté de se montrer sous un plus beau jour, moins commercial et plus intègre.

Grimes à contre-courant

Pour commencer, quoi de mieux que de présenter le contre-exemple parfait. Cette année, Grimes nous l’a fait vraiment à l’envers. L’interprète du bizarre et addictif « Genesis », sorti sur l’album Visions en 2012, a toujours œuvré pour ne pas tomber dans la pop mainstream. Ses premiers essais lui ont permis de se démarquer par un univers singulier et des prods toujours recherchées qu’elle dévoilait dans des clips aussi étranges que personnels. Au fil des années, elle cultive ce côté détonnant et crache sur la musique mainstream mais affirme également que Mariah Carey a changé sa vie. Pourtant, il semblerait que celle qui disait encore récemment au magazine Tsugi faire « tout ce qu’elle peut pour ne pas sonner mainstream » se soit un peu perdue dans sa quête. Sur Art Angels, les titres comme « California » et «Flesh Without Blood » ont absolument tout de tubes pour une nouvelle chanteuse gnangnan. Désolée Grimes, on t'aime bien mais tu files un mauvais coton !

Alizée : de « Lolita » à Edie Sedgwick

Il y a 5 ans, Alizée - pop-star adulée des années 2000 - nous surprenait avec un parti pris étonnant. Pour son quatrième album, Alizée collabore avec les différents producteurs de feu Institubes parmi lesquels on note la team Château Marmont, Robin Coudert et Para One. L’interprète du tube international « Lolita » a toujours eu du mal à se défaire de son image de starlette mais l’album-concept Une enfance du siècle balaye en un tour de disque ses anciens refrains entêtant. Bon, entre temps elle est quand même repartie dans la pop à minettes avec ses deux albums suivants, et notamment le titre « Blonde », mais on apprécie quand même de la découvrir sur des titres qui retracent la vie d’Edie Sedgwick, l’une des muses du décadent Andy Wharol.

Miley Cyrus chamboule tout

On quitte la France pour s'intéresser au cas Miley Cyrus, pur produit Disney qui n’échappe pas à la triste règle qui prédit un avenir particulièrement sombre aux starlettes de la maison de contes de fées. Entre diverses grosses productions criardes, elle se perd et commet de nombreuses frasques qui auraient pu la décrédibiliser à jamais, comme son twerk plus que déroutant lors des MTV VMA en 2013 ou encore le clip très osé « Wreaking Balls » qui a d’ailleurs ensuite été détourné un grand nombre de fois. N’est pas Madonna qui veut et Miley Cyrus a peu à peu compris qu’elle devait se recentrer et livrer un album plus authentique pour se faire une place dans le coeur de ceux qui n’étaient pas séduit par ce pur produit pop fait pour les charts. Sur l’album surprise et gratuit Miley Cyrus & Her Dead Petz dévoilé fin août, l’ex Hannah Montana fait un bond surprenant dans la catégorie «pop psyché badass ». Enfin, il faut quand même rétablir les choses, tout l’album n’est pas bon, certains titres sont cheesy au possible mais des morceaux comme «Bang Me Box »,  «Tangerine » et la douce balade aux accents futuristes « Space Boots » se sont incrustés sans problème dans nos playlists.

Justin Bieber, chouchou du hip-hop US

Back to 2009 : le blondinet Bieber déchaîne les passions avec son premier titre «One Time» où Usher apparaît comme grand mécène. Dès le départ, il a été pris sous l'aile de l'agent artistique Scooter Braun qui en a fait une machine à tubes pour adolescentes. Avec des titres comme «Baby» ou «Boyfriend», il a cependant réussi à s’entourer de fans fidèles. Ils lui ont permis de devenir l’une des personnalités musicales les plus influentes et l'une des plus riches. Avec un nombre incalculable de disques vendus, des concerts aux quatre coins du monde et deux films live de ses concerts, le jeune homme s’est construit un empire que beaucoup lui jalousent. Mais il n’était pas forcément épanoui dans cette posture. Ce n’est que récemment, et surtout avec la sortie de l’album Purpose, qu’on le découvre comme un jeune homme prenant enfin le contrôle de sa carrière. En témoigne son featuring réussi avec Travis Scott et Young Thug, deux pointures du rap, sur "Maria I'm Drunk". Mais il y a également le titre « I’ll Show You » dont le clip est un bol d’air frais loin des vidéos colorées et fantasques auxquelles on avait été habitué de la part du jeune playboy en rédemption. Pour aller encore plus loin dans ce revirement étonnant, Justin Bieber a dévoilé une longue vidéo qui dévoile les différents clips de son nouvel album. Dans l’introduction, le chanteur avoue avoir perdu son objectif au fil des années mais qu’il l’a finalement retrouvé. Il dit aussi qu’il accordait trop d’importance à ce que les autres pensaient de lui, et également à sa sur-médiatisation. Courage Bieber, tu es sur la bonne voie !

Qu’on les aime ou pas, ces pop-stars ont réussi à prouver qu’elles étaient capables de faire autre chose que ce que le public attendaient d’eux. Ils ont écouter leurs propres désirs et ont parfois réussi à se dévoiler sous des airs moins mainstream. Et puis il y a ceux qui, comme Lorde, ont réussi dès leurs débuts à s'imposer en travaillant avec des pointures comme Son Lux ou Disclosure et en revendiquant haut et fort leurs singularités sans céder aux codes du mainstream.