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Rencontre avec FKJ, le multi-instrumentiste groovy

Rencontre avec FKJ, le multi-instrumentiste groovy

Depuis 2013, FKJ (comprendre French Kiwi Juice) distille un mélange audacieux entre r’n’b, funk et house qui sublime nos étés et réchauffe nos hivers. Membre du label Roche Musique, il se produit comme ses collègues sur de nombreuses scènes aux quatre coins du monde, et même à Bali où il a déjà été deux fois. Alors qu’il travaille encore sur son premier album intitulé French Kiwi Juice et qu'il prépare son live du 10 décembre à la Cigale , ce multi-instrumentiste revient sur sa jeune carrière et ce nouveau projet que l’on devrait découvrir courant 2016.

Quels sont les artistes qui t’ont donné envie de te mettre à produire toi aussi ?

J'ai plusieurs idoles : Pink Floyd ou Ben Harper m’ont marqué quand j’ai commencé, et ils m’ont forcément influencé. Mais c’est la musique dans son ensemble qui m'a touché. J’avais envie de savoir comment elle était faite et pourquoi ça rendait triste, heureux ou pourquoi parfois ça donnait envie de bouger. Du coup j’ai commencé à l’écouter en boucle et en boucle pour essayer de comprendre comment a été fait tel morceau, pourquoi il a été fait de cette manière et pourquoi ça provoque ces sensations. Ça pouvait être n’importe quelle musique, c’est avant tout le schéma sensation/émotion qui m’intéresse, je m’en fous si je suis le seul à connaître ou s'il s'agit d'une super star du moment que ça me touche.

Pourtant on sait que tu as été très influencé par le hip hop…

Quand j'ai commencé à faire de la musique, j’écoutais Skyrock qui n’était pas encore une radio de merde, et parfois je restais toute la journée devant mon poste radio à attendre que tel titre passe - à l’époque tu ne pouvais pas réécouter comme maintenant. Pour ne citer qu'eux, des producteurs comme Pharrell et Timbaland qui étaient ultra présents dans les années 90/ 2000 m’ont vachement influencé.

Quand as-tu découvert les musiques électroniques ?

A l’arrivée des bedrooms producers. Avec SoundCloud et Youtube, j’ai commencé à découvrir de plus en plus de talents, notamment via mes potes. C’était un truc d’amitié, un cercle. Ça pouvait aller de la French Touch avec Justice à Nicolas Jaar en passant par Trentemøller. Et pour moi le hip hop est un genre de musique électronique : ça utilise des instruments électroniques, des samplers. La différence est un peu floue.

On entend souvent le terme « nouvelle French Touch » pour désigner les différents talents Roche Musique. T’en penses quoi toi ?

C’est hyper positif, la French Touch c’est un genre qui s’est exporté à l’international et c’est un des seuls en France. Je comprends le terme qui est donné, ce qu’on fait est assez funky et peut rappeler Cassius, les Daft ou Breakbot. Mais j’ai découvert la French Touch assez tard, ce n’est pas ce courant qui m’a influencé pour faire ma musique. Alors que Darius de chez Roche Musique a été beaucoup plus influencé par ça et on le ressent vraiment dans sa musique.

On entend également souvent les médias parler de ta musique en disant qu’elle est sensuelle, voire sexy. Quand tu produis, tu pars dans cette optique de créer quelque chose plein de langueur ?

Ce n’est pas le but mais la musique reflète la personnalité. Je ne dis pas que je suis sensuel mais je suis calme, j’aime bien les choses tristes, qui émeuvent. Par exemple, je préfère aller au cinéma voir des films hyper deep qui vont me faire réfléchir plutôt qu’un film d’action où ça pète de tous les côtés.

Tu es de la génération de ceux qu’on appelle les « bedroom producers », tu travailles souvent avec des chanteurs qui sont à l’étranger. Comment ça se passe ? Ça doit être assez compliqué de donner des directives à distance.

J’ai fait ça pour mon dernier EP qui est sorti il y a un an, il y avait quatre titres et j’ai fait trois featurings, C’était une expérience, j’ai été beaucoup inspiré par Dre et Timbaland qui font vachement de prods pour des chanteurs, ça m’intéressait de m'y mettre moi aussi. Ça se passait par mail, il y en a un des trois que je n’ai toujours pas rencontré et avec les deux autres on s’est vu 10 mois après la sortie de l’EP. Ça s’est passé de manière différente avec chacun d’entre eux. Pour Damon Trueitt par exemple, il avait déjà un morceau qu’il n’avait jamais sorti. J’ai bien aimé le vocal alors j’ai fait une instru. Ce n’est plus quelque chose vers laquelle je tend actuellement car je considère qu’une collaboration doit être plus que de simples ping pong de mails.

Ton premier album sera donc bien différent de ce que tu as pu faire avant… 

C’est un album vraiment personnel, je fais une moitié instrumental et l’autre de titres chantés. Il y a plusieurs titres où je chante et il y aura des collaborations avec des gens avec qui j’ai déjà une relation bien établie et un lien fort. Mais cette fois ci tout se fera ou a été fait en studio ensemble. J’ai eu des envies de concepts surtout, par exemple un titre sur la Nouvelle Zélande et sur mes parents. Il y en aura aussi un sur tous les voyages que j’ai fait, accompagné d’un clip que j’ai tourné à travers le monde. Il y a aussi un morceau qui vient d’une question que je posais tout le temps à mes profs d’Histoire quand j’étais au collège, à savoir pourquoi il y a des pays plus gros que d’autres. Ça vient de plein de petites idées. L’album est intentionnel, ce n’est pas au pif, il y a quand même une trame.

On peut dire que le premier extrait de l’album, « Better Give U Up », est la synthèse de ce que tu fais depuis maintenant trois ans. On y découvre ta patte qui s’affirme mais également ta voix pour la première fois. Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Je voulais montrer un morceau où je chantais. Je n’ai jamais été bon chanteur, c’était plus pour mon plaisir personnel. Je n'avais pas forcément envie d’infliger ça aux gens ! Mais quand j’ai commencé à travailler avec Guillaume, mon manager actuel, je lui ai fait écouter un peu de tout et il a découvert quelques morceaux où je chantais, dont celui-ci. C’est lui qui m’a poussé en me disant que je ne devais pas me sous-estimer, en me conseillant de le faire écouter à d’autres personnes pour avoir des avis différents. Ça a bien marché, je n’ai pas une voix de diva mais, finalement, c’est comme un instrument supplémentaire. J’ai parfois des idées précises de voix et je n’ai pas envie de dire à un chanteur ‘fais ça’. Quand je fais une collab’, j’ai envie de laisser le chanteur libre. Du coup, la seule solution pour faire ce que j’ai en tête, c’est de le faire moi-même.

Et FKJ le fait très bien. La preuve :

Avant de le quitter, nous lui avons demandé de vous concocter une petite playlist avec les titres qu'il écoute souvent ces derniers temps.

Le single "Better Give U Up" est sorti le 13 novembre sur Roche Musique et est disponible sur ce lien. FKJ sera en concert à la Cigale le jeudi 10 décembre