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Laurent Garnier, Ratatat, Run The Jewels... On était au jour 3 du Pitchfork 2015

Laurent Garnier, Ratatat, Run The Jewels... On était au jour 3 du Pitchfork 2015

L'édition 2015 du Pitchfork Music Festival Paris a tiré sa révérence en grande pompe avec plus de dix heures de festivités. On vous raconte ! 

Depuis 17h30 le samedi jusqu'au petit matin du lendemain, la Halle de la Villette a accueilli les festivaliers pour ce dernier jour du Pitchfork Music Festival. Entre Ratatat, le stand Paradis 55 et la Club Night, il y avait encore une fois de belles choses à voir.

La meilleure ambiance : Run The Jewels

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« On est en train de transpirer parce qu'on est p*tain de trop gros », lâchent les Run The Jewels pendant leur concert. Trop gros, on ne sait pas, mais transpirant, ça c'est sûr ! C'est plutôt une bonne chose : El-P et Killer Mike sautent, dansent, interpellent la foule, lèvent le poing... Et finissent par offrir un des meilleurs concerts de la soirée, ou en tout cas celui qui fera le plus bouger le public, comme sur «Lie, Cheat, Steal » - qui intervient après un drôle mais énervé discours anti-américain. Rajoutez un peu de noirceur avec « A Christmas F*cking Miracle » et vous obtiendrez un live bouillant, qui aura eu le mérite de déchaîner des festivaliers Pitchfork réputés froids (ce qui est contredit par au moins un concert à chaque édition, mais les réputations ont la vie dure).

Le stand : Paradis 55, pour « porter l'intérieur à l'extérieur »

Après avoir dépensé autant d'énergie en dansant comme des petits fous lors du show survolté de Run The Jewels, une pause au village des créateurs s'impose.

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On dirait du marbre. Et pourtant, le beau motif brun du foulard que tient Caroline, la créatrice de Paradis 55, est une vue au microscope de... Gras. L'idée de porter des trucs un peu dégueu rendus sublimes autour du cou lui plaît beaucoup : la Suédoise de 35 ans a lancé sa marque il y a un an, et utilise systématiquement des plans au microscope de parties du corps, données par des chercheurs. « L'idée m'est venu en voyant ma sœur travailler. Elle est dans la recherche scientifique. Quand j'ai vu les photos, j'ai trouvé ça magnifique, il fallait que j'en fasse quelque chose. C'est une manière de montrer qu'à l'intérieur nous sommes tous pareils. Et qu'on peut afficher notre intérieur à l'extérieur », explique celle qui habite aujourd'hui à Paris. Les foulards, en mélange soie-coton, sont fabriqué en Italie et, comme les sérigraphies, sont limités à 55 exemplaires. Prévoir tout de même dans les 150 euros pour un foulard. En même temps, porter du gras avec classe, ça se paye !

La meilleure scénographie : Ratatat et son lightshow magnifique

Depuis le village des créateurs, on aperçoit la foule s'impatienter devant une scène dont la configuration étonnante est prête à recevoir le duo Ratatat. Ni une ni deux, on descend voir de plus près. 

 

Une photo publiée par jereoliver (@jereoliver) le

 Le duo aux guitares incontrôlables a fait son grand retour cette année à Coachella et l’annonce de leur passage à Pitchfork avait tout d’une belle promesse. En les rencontrant il y a quelques mois à l’occasion de la sortie de Magnifique, leur cinquième album, ils paraissaient fatigués de reprendre ce rythme assez stressant où il faut, en plus d’enchaîner les dates, faire de nombreuses interviews. Mais ce soir, Evan Mast et Mike Stroud sont dans leurs plus belles formes et les riffs de guitares sont d’une énergie sans pareille. Si leur album se prête merveilleusement bien au live, la grande claque de leur performance vient avant tout de la scénographie des lumières. Tour à tour, des lasers avec oscillations et des images psychédéliques d’un lion rugissant nous plonge dans une ambiance presque mystique. C’est certain, nos chers Ratatat sont de retour plus en forme que jamais !

Col roulé et parka oversize 

Il n’y a pas que sur scène que l’on croise de bons styles à Pitchfork : dans la foule, Menlook a repéré deux festivaliers aux ensembles qui attirent l’oeil. Avis d’experts :

La parka kaki oversize, on dit oui, oui et re-oui. Parfaite pour donner du peps à ce look tout en noir, sa doublure fourrée a de quoi nous tenir chaud jusqu'au bout de la nuit. Et avec toutes ces grandes poches, a priori, on devrait pouvoir y ranger toutes nos affaires.


Porter une couleur flashy pour qu'on nous retrouve dans la foule, c'est bien, et quand c'est fait avec style, c'est encore mieux ! Et outre le blouson bombers, voilà également la preuve que le col roulé n'est définitivement pas réservé qu'à grand-papy.

(texte :Chris Sengthong)

John Talabot, Roman Flugel, Laurent Garnier... Pitchfork sait faire danser !

Après les afters au trabendo où se sont succédés Rustie, Nosaj Thing, Omar S, Andre Bratten et d’autres talents, Pitchfork affirme une fois de plus son penchant pour les musiques électroniques avec un plateau bien pêchu.

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Dans la Halle de la Villette, c’est Hudson Mohawke qui inaugure la Club Night géante de ce dernier jour de festival. Lantern, son dernier album, expose tout le savoir faire de ce producteur hors pair. A mi chemin entre trap et bass music, le jeune talent de l’écurie Warp impressionne par son audace mais aussi par l’énergie de son nouveau live.

Un dernier changement de scène s’impose pour aller donner ce qui nous reste d’énergie pendant les six heures restantes.

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Ce soir, John Talabot fait des infidélités à Axel Boman et Pional pour se produire en B2B avec Roman Flügel, un grand nom de la musique électronique. Derrière le DJ booth, la chaleur de l’Espagne s’acoquine avec la froideur de l’Allemagne pour plus de deux heures d’un set plein de reliefs. La sélection des deux DJ s’articule très bien et s’oriente naturellement vers une deep house qui prend de temps à autre quelques accents disco et funk. Dans un tel moment, même si on est parfois en transe, il faut toujours garder les oreilles grandes ouvertes car les bonnes surprises sont toujours au rendez-vous. Ainsi, on découvre le stupéfiant « Kung Fu » de The Maghreban et la récente bombe « Darkstar » de Morgan Geist. Malin, John Talabot plonge la salle dans une ambiance presque mélancolique avec son remix du titre « Loud Places » de Jamie xx. Complices et autant passionnés l’un que l’autre, Roman Flugel et John Talabot livre une performance très exaltante.

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Comme on pouvait s’y attendre, la transition entre le B2B et Laurent Garnier est bien menée. Plus habitué des grandes friches caractéristiques aux Nuits Sonores, Laurent Garnier est venu s’essayer à la foule du Pitchfork dans une Halle pleine à craquer. Pendant le B2B, on entendait de nombreux étrangers s’impatienter pour découvrir celui que l’on nomme à juste titre « the maestro » et même « le patron ». Et bien, ils n’ont pas été déçus puisqu’il s’est dévoilé dans un set résolument techno flirtant autant avec l’acid que la house. Son énergie folle aurait dû le pousser jusqu’à six heures du matin mais son set se termine avec un peu d’avance. Qu’à cela ne tienne, Laurent Garnier a tout de même offert un final riche en BPM au festival !

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Texte :  Clémence Meunier & Nora Djaouat
Photos : Romain Leblanc