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Ariel Pink, Deerhunter, Beach House...on était au jour 1 du Pitchfork 2015

Ariel Pink, Deerhunter, Beach House...on était au jour 1 du Pitchfork 2015

Les trois jours du Pitchfork Music Festival ont débuté hier et cette première salve de concerts a confirmé, une fois de plus, que le Pitchfork est incontournable. On vous raconte ! 

La Grande Halle de la Villette a ouvert ses portes hier vers 17 heures, et les premiers festivaliers étaient déjà là, prêts à profiter des concerts, des stands et des foodtrucks. De Haelos à Beach House, petite sélection des indispensables de ce premier jour placé sous le signe de la douceur.

Haelos : belle première découverte

Haelos

Être le premier groupe à jouer lors d’un festival ce n’est pas une mince affaire. Coté programmateur, le choix est souvent difficile car il faut réussir a trouver un groupe qui puisse amener une bonne ambiance dès le début. Coté artiste, la pression est considérable, mais c’est également un challenge très stimulant. Haelos, trio londonien aussi séduisant que talentueux, a fait son entrée sur scène alors que les premiers festivaliers arrivaient dans la salle. Venus présenter un premier EP sorti il y a quelques mois, ils s’imposent facilement et instaurent rapidement une agréable ambiance sous la Grande Halle de la Villette. Arthur Delaney, Don Goldsmith et Lotti Benardout, accompagnés de leurs musiciens, livrent la recette parfaite d’une pop aux accents électroniques qui donne furieusement envie de se laisser aller la rêverie. Tout du long, on aura bien du mal a se retenir de taper du pied tant Haelos insuffle une bonne dose d’énergie a travers des mélodies saisissante et des voix très bien assorties. Le charme du trio a visiblement fait fureur et les lumières, maitrisées, donnaient une dimension quasi lunaire à la performance. Sans aucun doute, Haelos était le groupe parfait pour débuter ces trois jours de festivités et, vue la manière dont ils ont conquis le public, on va entendre parler d'eux dans les prochains mois.

Klin d'Oeil : sélection maline 

Klin d'oeil

Cette année, le Pitchfork Music Festival a invité Klin d'Oeil à exposer une trentaine de jeunes créateurs triés sur le volet. On a rencontré Virginie et Millie, les deux fondatrices.

Qui êtes-vous ?
Millie : Virginie et Millie, on est sœurs. Ca fait 7 ans qu'on fait de l'événementiel. A la base c'était plutôt un truc de sœurs, de copines. Avant de faire Klin d'Oeil on avait un événement qui s’appelait Supermarket et qui était déjà de la vente de créateurs tournés vers le « girly retro ». On a fait le dernier Supermarket au Pitchfork. Virginie est plutôt commerciale : organisation, gestion budget, etc. Moi c'est plutôt la partie graphisme, je suis graphiste et DA.

Comment est né Klin d'Oeil ?
Virginie : C'est grâce à la femme de Julien Catala qu'on est là. Elle nous avait découvertes avec Supermarket. Quand on a décidé d'arrêter, Walter du Pitchfork nous a envoyé un mail en nous disant « hé ho, les meufs, c'est quoi ce bordel, vous avez pas le droit » et on a monté Klin d'oeil.

Justement, c'est quoi Klin dOeil ?
Virginie : Avec Klin d'Oeil, l'idée c'est de faire des focus sur des créateurs, mais pas que dans la mode ou les accessoires. C'est vraiment tous nos coups de cœur. Par exemple, au Trabendo, il y a trois ans, on a pu mettre en avant nos coups de cœur musicaux et ramener des foodtrucks, qui étaient vraiment à la mode à l'époque. Dans nos événements, ce qu'on veut c'est qu'il n'y ait pas seulement de la vente. On veut que les créateurs parlent entre eux, que tout le monde se découvre, qu'il y ait des connexions. On essaye de monter un label de jeunes créateurs.

Dans votre sélection, quels sont vos coups de coeur ? 
Les deux : Ce sont tous nos coups de cœur ! Il y a 35 exposants à peu près. Dans le vêtement il y aurait Kamomeya. C'est du vintage chiné au Japon. Elle a des robes de dingue ! Il y a aussi Cool Garçon, une jeune marque qui fait des vêtements très flash, très graphique. En bijou C'est bizarre comme toi est une créatrice qui travaille ailleurs mais qui a monté sa marque. Elle est complètement timbrée, elle a une énergie de malade. Elle fait des genres de petits écussons, c'est hyper beau. On pourrait vous dire toutes les marques ! On les aime toutes.

Qu'est ce que vous allez voir comme concerts ?
Les deux : Thom Yorke et Ratatat ! Et puis on y va surtout pour découvrir.

L'(anti-)performance : Ariel Pink

Ariel Pink 2

Ariel Pink n'en finira pas de nous étonner. Si l'on avait l'habitude que le chanteur livre des performances foutraques, qu'il se roule par terre et se déguise, le garçon de Los Angeles a été hier beaucoup plus soft. Jouant des codes Pitchfork, le concert était bien plus carré, malgré le faux démarrage du premier morceau (pas de son dans le micro). Ariel Pink se range-t-il ? En apparence. On le soupçonne d'avoir volontairement demandé à avoir un son mal réglé tout en faisant mine d'être en place. On sentait poindre une bonne dose d'ironie dans les attitudes d'Ariel Pink. Pervertissant les codes de l'intérieur, son anti-performance n'aura malheureusement pas séduit grand monde.

Le restau du jour : Les Niçois 

Nicois

On va au Pitchfork pour la musique en premier lieu, mais il est toujours agréable d’avoir le choix pour se restaurer. Cette année encore, les possibilités sont nombreuses. Celle qui a séduit nos estomacs en ce premier jour est la version festivalière du restaurant les Niçois, connu pour son ambiance détente et son fameux terrain de pétanque. Curieux, on a été poser quelques questions à Luc, son responsable.

Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Luc, Niçois qui a quitté le sud pour faire ses études à Paris.

Comment est né le restaurant ?
Le projet est né d’un constat simple : le service "tradi" c’est cool mais on avait envie d'en faire un plus décontracté. On voulait également proposer des produits de saison sans pour autant faire grimper l’addition. L’idée c’était surtout de faire un lieu où les potes se retrouvent dans une ambiance à la cool, comme en vacances.

Ou est passé votre fameux terrain de pétanque ?
On n'a pas pu l’amener ici, ça aurait été compliqué. Les boules c’est assez dangereux et aucun organisateur de festival ne signera de décharge pour un tel dispositif.

Que nous conseilles-tu comme plat ?
Le fameux gnocchi daube ! Tu as déjà vu un gnocchi daube servi sur un festival ?

Quel concert as-tu hâte de voir ?
J’adore Beach House, ça c’est complètement du son de vacances !

Peux-tu nous parler de Roy Music ?
Oui. Il y avait un de mes très bons potes dans ce label mais il a décidé d’arrêter pour me rejoindre sur les Niçois a 100%. D’ailleurs, ils sortent prochainement le troisième album de Jill Is Lucky et ça va être énorme.

Le concert du jour : Beach House

Beachhouse

Le duo originaire du Maryland clôturait ce premier soir du Pitchfork Music Festival et l'on a été très agréablement surpris que leur pop doucereuse arrive à nous enchanter après Godspeed You ! Black Emperor et Deerhunter. La foule était compacte pour venir acclamer – tout en tranquillité – la dream pop de Beach House. Leur concert a été joliment portée par la chanteuse Victoria Legrand. Cette dernière, dans un français parfait (c'est la nièce du compositeur Michel Legrand), dialoguera avec le public tout au long de la soirée en nous demandant notamment si « l'amour existe toujours » à Paris. Le live nous réconciliera avec leurs deux derniers albums, sortis consécutivement en 2015. Les morceaux prennent une autre ampleur et gagnent en chaleur. Cette première soirée se finira donc en apesanteur, et Beach House entrainera tout le monde dans ses songes. La transition avec l'aftershow agité du Trabendo n'en sera que plus difficile.

Menlook : les festivaliers du jour 

On a retrouvé Marty McFly, et apparemment, il est fan de musique indé ! Look du héros de Retour vers le Futur totalement respecté de pied en cap, y compris du côté des sneakers Nike qui ont tant fait parler d’elles ces derniers jours.


Le hipster n’a pas dit son dernier mot, et a même de quoi se réjouir de la baisse des températures : bonnet, blouson en denim type Levi’s, et grosses bottes de bûcheron, sans oublier l’essentiel sac à dos, tous les codes du hipster sont là.
(texte : Chris Sengthong)

Rustie, Nosaj Thing, John Pope...l'afterparty au Trabendo 

afterp4k

On avait encore un peu d’énergie, alors on a décidé d’offrir nos derniers pas de danse au Trabendo, qui accueillait l’after RBMA x Pitchfork. Hormis la déception Nosaj Thing qui livre un - excellent, soyons honnête - DJ set au lieu de présenter son live, la soirée a tenu ses promesses. John Pope a devoilé un excellent live aux accents downtempo, parfait pour se préparer a l’avalanche de beats pêchus du très attendu Rustie. Sans surprise, la trap music puissante du producteur anglais retourne le Trabendo et toute la foule se lance à corps perdus dans des chorégraphies agitées dont on a eu bien du mal a s’extirper. Le coup de cœur de la soirée ? Gillican Moss, jusqu'alors inconnu au bataillon. Il a notamment séduit toute la salle avec son remix du titre "Gooey" de Glass Animals.

Rendez-vous donc ce soir pour la suite des festitivités !