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Pitchfork Opening Night : on y était !

Pitchfork Opening Night : on y était !

Pour sa 5ème édition, le festival révolutionne le concept même de la soirée d'ouverture en s'associant à Greenroom : l'Opening Night était cette-fois-ci une soirée itinérante située dans le 11ème arrondissement entre le Café de La Danse, le Badaboum et La Mécanique Ondulatoire, de 19h à minuit. On y était et on a apprécié la balade sonore.

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Ce qui est bien avec le Pitchfork Music Festival Paris, c'est que le spectacle se tient autant dans la salle que sur scène. Dans les lieux accueillant l'opening de cette édition, on aperçoit des barbes taillées de façon surprenante, des cheveux bleus, verts, bicolores, des filles en chaussettes hautes, des tatouages à gogo, des bouches marquées de rouge à lèvre couleur sang et des garçons en t-shirts de (bons) groupes à foison : Jesus And Mary Chain, Sunn O, Joy Division et Johnny Cash.

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Mais la nouveauté de cette année, c'est que l'ouverture du festival n'a pas lieu pas dans un seul et même endroit, mais trois. Il faut donc naviguer entre plusieurs salles du 11eme arrondissement parisien (à mois de cinq minutes à pied l'une de l'autre) pour voir les groupes qu'on préfère. Et le choix s'avère difficile.

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On commence par Børns dans un Café de la danse blindé. Le groupe de Los Angeles bénéficie d'un chanteur androgyne aux faux airs de Kurt Vile (avec un pantalon plus serré) et de mélodies synth pop aussi racées qu'efficaces, baignées d'allusion au rock FM des années 70 et 80. La batteuse et la claviériste sexy, tout de noir vêtues, ne gâchent rien à l'affaire. Ça danse déjà alors qu'il n'est même pas 20h dans la salle comble, mais on file voir Mild High Club à la Mécanique Ondulatoire.

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La cave est blindée, et on peine à apercevoir le chanteur du groupe repérable à sa chapka de bûcheron. Leur pop lo-fi entre Todd Rundgren et Mac De Marco vaut pourtant le détour ; pas le temps de tomber amoureux, on doit voir Empress Of qui débute son live au Café De la Danse. La New-Yorkaise très en forme fait du headbanging sur scène, danse et chante comme la fille cachée de Sade et Kate Bush. Mais les sonorités mi techno-mi électro pop expérimentales évoquent plutôt Grimes et FKA Twigs. On compte de plus en plus de têtes dansantes dans la foule. Pourtant, la belle brune en robe en dentelle transparente a une rivale sérieuse.

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A la Mécanique Ondulatoire, le groupe Bully et sa chanteuse blonde réinvente le rock 90's quelque part entre Hole et les Breeders. On a l'impression d'avoir 14 ans à nouveau au milieu des pogos et des voisins en sueur. On enchaîne avec LA Priest, au même endroit. L'ancien leader des géniaux Late Of The Pier, ne calme pas le jeu avec ses spots lumineux et son électro exaltée très mentale mais aussi percutante. Il finit par un hymne synth-rock-psyché déjanté pendant lequel il invite le public -survolté- à le rejoindre sur scène.

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On finit la soirée au Badaboum dans une atmosphère électrique. Ici, l'ambiance ressemble à celle d'un  club de fin de nuit, avec les sets enlevés de Mura Masa et Allie Teilz (DJ connue pour avoir été la jeune petite amie de l'acteur Joaquin Phoenix). Entre house, soul, hip hop, r'n'b et disco, cet opening se termine sur des bras en l'air, des sourires contagieux et des regards qui brillent, évoquant quelques instants une autre instance de la culture underground musicale US : le Studio 54 et son hédonisme salvateur.

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photos : Romain Leblanc