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Dis moi comment tu te coiffes, je te dirai qui tu es

Dis moi comment tu te coiffes, je te dirai qui tu es

Cheveux en bataille, un intéressant docu signé Arte, revient sur toutes ces coupes révoltées et révoltantes qui ont fait les punks, les hippies ou les rebelles d'aujourd'hui. Alors, on ose la revendication par le tiff ? 

Encore aujourd'hui, se ramener au bureau avec des cheveux roses ou le côté du crâne rasé n'est pas anodin. Alors imaginez donc dans les années 50. C'est à partir de cette période d'après-guerre que Cheveux en bataille, un bon documentaire d'Arte (un peu comme d'habitude, en fait), revient pour expliquer les évolutions de notre rapport aux cheveux. Quand les hommes biens comme il faut ont tous le poil ras, les contestataires et autres fans d'Elvis s'ornent d'une banane. Et là démarre un siècle de crêpage de chignon - pun intended - entre les gens "comme-tout-le-monde" et les rebelles, violents teddy boys (sympa les lames de rasoirs dans le col de la veste...), attendrissants hippies ou courageux militants. Car le cheveux est politique : au moment de la lutte pour les droits civiques, porter ses cheveux crépus au naturel était une revendication pour les afro-américains engagés, à l'image d'Angela Davis et son afro impressionnante.

Cheveux en bataille nous balade des rues de Londres peuplées de punks au salon new-yorkais Khamit Kinks, où les coiffeuses réalisent des tresses complexes à une vitesse hallucinante. On y rencontre Ericka Huggings, une militante des Black Panthers, des babas à dreadlocks ou de vieux punks, on y regarde des vidéos de l'icône transgenre Mykki Blanco ou des créations du perruquier "haute-coiffure" Charlie Le Mindu. De quoi y réfléchir à deux fois la prochaine fois que vous demanderez un carré sage chez le coiffeur.