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La cassette n'a pas dit son dernier mot

La cassette n'a pas dit son dernier mot

Certains la jugent obsolète, d'autres inutile, mais la cassette n'est pas encore à mettre aux oubliettes. Si la cassette ne détrônera jamais le revival du vinyle, elle est l'objet d'un réel retour de hype surprenant mais agréable pour tous les nostalgiques des bandes analogiques.

 

La favorite des labels indés

Longtemps boudée par un public anciennement accro aux CDs, la cassette et ses bandes magnétiques séduisent de nouveau et  les labels indépendants sont sans conteste ses plus grands fans. En effet, on recense de nombreux labels qui se consacrent, parfois même exclusivement, à ce format.

BurgerRecords

Burger Records, label californien en place depuis maintenant 7 ans, annonce une moyenne de 300 sorties cassettes par an et l'histoire derrière sa création témoigne bien du malaise financier de l'industrie du disque.  Lee Rickard et Sean Bohrman, tous deux musiciens , ont vite compris qu'ils devraient trouver une alternative aux labels déjà existants mais également aux vinyles - jugés trop onéreux -  pour pouvoir diffuser leur musique. "Soit notre musique ne les intéressait pas, soit ils n’avaient pas d’argent pour la sortir. Nous étions fauchés et, plutôt que de s’endetter pour sortir un vinyle que même nos amis, aussi pauvres que nous, n’auraient pas pu se payer, on a décidé d’éditer une cassette.", confiaient-ils à ce sujet au journal Libération en juin dernier. Preuve qu'ils ont bien fait, les deux californiens sont désormais à la tête d'un label très populaire et influent qui a notamment produit les premiers albums de Ty Segall et de l'extravagant Ariel Pink. De plus, ils ont également commercialisé un lecteur de cassettes et ont mis en place un partenariat avec la chaîne trendy Urban Outfitters qui propose désormais des distributeurs de cassettes dans ses boutiques américaines.

burgerdistrib

A l'instar de Burger Records, certains labels français ont eux aussi une affinité particulière avec la cassette. Howling Banana, Born Bad Records, Kizmiaz Records, Monster K7, Midnight Special Records...on ne compte plus les labels indépendants qui se partagent entre galettes et bandes magnétiques. Bien sûr, le faible coût de production est certainement un élément décisif dans leurs choix mais il y a également une esthétique d'écoute particulière autour de ce format. Victor Peynichou, directeur artistique du label Midnight Special Records se confiait à ce sujet : "aujourd'hui on peut télécharger la discographie entière d'un artiste et écouter des heures et des heures en ayant toute l'amplitude possible dessus alors qu'avec la cassette c'est une écoute totalement différente, on ne peut pas zapper directement, ça impose une écoute plus sensible."  Et quand on évoque la popularité croissante de la cassette depuis quelques années, il répond : " on n'a pas besoin d'un retour quelconque ou que tout le monde s'y intéresse pour nous, les labels indépendants, continue à apprécier ce format."

Retour de hype

Après le vinyle et donc les platines, c'est désormais au tour de la cassette de devenir le nouvel objet rétro par excellence. Alors ressortez vos walkmans et partez à la recherche de précieuses cassettes lors de braderies ou même lors de chasse à la cassette. Certains ont bien compris qu'un nouveau marché s'ouvrait et ont décidé de surfer sur cette nouvelle vague.

ion

Si vous n'êtes pas fans des walkmans et que vous souhaitez tout de même écouter des cassettes, il y a une alternative qui combine à la fois platine vinyle et lecteur de cassettes. Le constructeur ION a commercialisé le modèle "Ion Duo Deck USB Turntable & Cassette Player" pour la modique somme de 66$. Cet objet plutôt sobre devrait plaire à ceux qui sont nostalgiques de ses heures passées à rembobiner les bandes avec les doigts.

Récemment, on a vu quelques sorties cassettes étonnantes, notamment pour la promotion d'albums comme Magnifique de Ratatat  ou encore What Went Down de Foals. Souvenez-vous, nous vous faisions gagner l'édition collector k7 du nouveau disque d'Evan Mast et Mike Stroud qu'on avait rencontré fin juillet. Quant à Foals, ils ont organisé une chasse au trésor dans différentes villes pour faire découvrir en avant-première l'album via ce format particulier. Et les fans se sont empressés de repérer les adresses indiquées par coordonnées GPS pour récupérer les fameuses cassettes. L'opération marketing a fonctionné à merveille et c'est pourquoi on s'attend à voir se multiplier les actions de ce genre dans les mois à venir.
https://youtu.be/CMTpvr9HXeI
La National Audio Company (NAC), dernière usine de production de cassettes aux USA, a accueilli les caméras de Bloomberg et les propos du fondateur sont très encourageants pour l'avenir de cette industrie: "on était à deux doigts de tout quitter et finalement maintenant on fait plus de cassettes que ce qu'on a pu faire avant." D'ailleurs, une édition américaine du Cassette Store Day aura lieu le 17 octobre prochain et confirme que la k7 a bel et bien le vent en poupe.