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Sense8 : le must-watch de l'hiver

Sense8 : le must-watch de l'hiver

Publiée en juin sur Netflix, la première saison de Sense8 est un petit bijou à découvrir absolument. On vous explique (subjectivement) pourquoi. 

En voilà une qui a été un peu noyée par le succès surprise de Mr Robot ou l'arrivée de Fear The Walking Dead. Et pourtant, Sense8 change pas mal de choses dans le vaste monde des séries. Un vrai coup de coeur. Le pitch : huit personnes se retrouvent connectées. On ne sait pas trop pourquoi ni comment, mais ils peuvent interagir. Evidemment, des méchants - ou en tout cas on imagine que leurs intentions ne sont pas des plus sympas - veulent les capturer. Le tout est réalisé par Lana et Andy Wachowski, dits "les Wachowskis", déjà à l'origine de la trilogie Matrix. Mais il n'y a pas que le pedigree des deux réalisateurs qui nous importe.

Des personnages réalistes - mais non normés

Une série chorale avec huit personnages qui interagissent est forcément un peu clichée, et Sense8 semble ne pas échapper à la règle : on a le droit au gentil Africain toujours de bonne humeur, au taciturne Allemand souvent sous la pluie, ou au gros macho Mexicain acteur de telenovela. Sauf que rien de tout cela n'est vrai. Capheus a sa part d'ombre (et ne parlons pas de Wolfgang), tandis que Lito aka "Tino El Caïdo" pourrait bien vous surprendre. Prendre des clichés pour les déconstruire ? C'est tout le but de Lana et Andy Wachowski, mettant un point d'honneur à ne pas uniquement créer des personnages masculins, blancs, hétéros et américains. On fait ainsi la connaissance dès le premier épisode de la hackeuse Nomi (photo ci-dessus), née Michael, en couple mixte avec une femme - de quoi choquer pas mal de puritains outre-atlantique. Rien de bien étonnant quand on sait que Lana Wachowski est née homme. Rajoutons à cela une DJette anglaise paumée mais touchante, un flic américain aux certitudes qui s'émoussent, une business-woman coréenne ultra bad-ass et une future mariée indienne à la tête bien remplie, et vous obtenez une galerie de personnages de rêve, à découvrir pendant les trois-quatre épisodes nécessaires pour s'habituer au rythme.

sense8-cast

Une BO au top

Une série qui utilise (bien) le magnifique "Kettering" de The Antlers mérite déjà toute notre attention. Rajoutez à ça quelques accords de "Mad World" par Marius Furche et vous obtenez une excellent bande-originale.

Mais Netflix est allé plus loin pour promouvoir son nouveau bébé. Huit fans se sont en effet portés volontaires pour avoir des capteurs posés sur le crâne pendant un laps de temps. L'idée ? Enregistrer leurs ondes cérébrales, les convertir en musique et mélanger les huit mélodies - en gros, comme les huit personnages de la série. Le résultat est écoutable ci-dessous :

De vrais challenges

En dehors de l'intérêt narratif, Sense8 est un challenge technique : les créateurs ont pris le partie de ne rien tourner en studio. Mais rien du tout. Du coup, la caméra se ballade à San Francisco, Chicago, Londres, Reykjavík, Nairobi, Séoul, Mexico, Mumbai et Berlin... Tout ça en seulement douze épisodes. Un choix coûteux bien sûr, mais qui oblige également les Wachowskis et J. Michael Straczynski, également scénariste de la série (et de Babylon 5, World War Z ou Thor), à écrire tous les épisodes avant le début du tournage, pour permettre de filmer toutes les scènes d'un même lieu en une fois. Exit le test du pilote donc, le pari se prend sur une saison entière. Et il semble gagné : Netflix a commandé la saison 2.