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Macki Music : quand deux collectifs se mettent au festival

Macki Music : quand deux collectifs se mettent au festival

Le Macki Music Festival revient pour sa deuxième édition du 25 au 27 septembre. L'occasion pour nous de rencontrer les deux collectifs qui en sont à l'origine : la Mamie's et Cracki Records. 

Il est rare de voir une programmation comme celle du Macki Music Festival, pointue sans être snob (merci les events où personne ne connaît un seul nom), éclectique sans être totalement incohérente. On y retrouvera ainsi, dans un parc à 10 minutes en train de Saint-Lazare, Floating Points, Tony Allen, Moodoïd, Nightmares On Wax, Syracuse ou encore Jérémy Underground. En même temps, il n'y a bien de rien étonnant là-dedans, quand on connaît les parents de ce beau rendez-vous de septembre : depuis la fin des années 2000, les collectifs la Mamie's et Cracki font, chacun de leur côté, la joie des Parisiens avec des soirées à la cool et conviviales mais jamais bâclées niveau programmation - la preuve, c'est chez Cracki qu'on a découvert Isaac Delusion ou L'Impératrice. Du coup, on a eu envie d'aller rencontrer deux membres des deux bandes de potes, Victor Petolat de la Mamie's et Donatien Cras de Belleval de Cracki Records, pour parler de la notion même de collectif, de vieux hip-hop et... De pluie.

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Qu'est-ce qui vous motivé à faire fusionner la Mamie's et Cracki ?

Victor Petolat (La Mamie's) : Ça faisait un moment qu'on se tournait autour (rires). On sortait dans les mêmes soirées, on avait des amis en commun... On avait vraiment envie de créer un projet ensemble, d'autant que Cracki comme Mamie's sont chacun de leurs côtés de super bandes d'amis. On a eu envie de créer une grande communauté de potes.

Et qu'est-ce qui pousse deux collectifs à faire un festival, à s'institutionnaliser en quelque sorte ?

Victor : C'est vrai que ça institutionnalise l'esprit de départ de Mamie's, qui est de faire la fête avec les moyens du bord. Mais le fait de vouloir créer quelque chose avec un autre collectif, Cracki Records, qui est vraiment proche de nous, c'était surtout pour passer une étape. Mamie's comme Cracki met en place des événements avec des lives comme des DJ sets. Avec le Macki on fait ça à une plus grosse échelle, avec des artistes comme Tony Allen, qui est le papa de l'afrobeat, des énormes DJs comme Floating Points ou du rap avec Chester Watson. On mélange un peu tous les styles en faisant ce qu'on sait faire, mais à une étape supérieure.

Donatien Cras de Belleval (Cracki Records) : C'est la continuité de ce qu'on a commencé à faire, de manière assez progressive, que ce soit la Mamie's à la Ferme du Bonheur et nous pour les Salons d'été. On présente différents types de musique à un public qui est curieux et qui a envie de découvrir des choses, avec des groupes qui sont des figures montantes : ça ramène l'esprit des fêtes qu'on avait, très familiales.

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Vous vous considérez toujours comme des collectifs ?

Victor : C'est vrai que c'est notre deuxième édition de festival, on a l'impression d'avoir grandi. Mais on prend toujours autant de plaisir à faire des "trucs de collectifs", à savoir organiser des petites fêtes entre potes.

Donatien : Je pense qu'on peut toujours s'appeler collectifs parce qu'on fait appel à nos potes pour la scénographie, la décoration, le graphisme... Tout ce petit monde se retrouve en équipe autour de nous.

Victor : Un collectif, c'est une bande d'amis qui font des trucs ensembles. On ne pensait pas finir par faire un festival quand on a lancé le truc ! Et on reste indépendant. On a le soutien de sponsors et de la mairie, mais nous finançons la quasi totalité du festival. On fait tout nous même. L'an dernier ça a été compliqué et on a passé un an à essayer de relever la tête : on est hyper fier cette année de pouvoir présenter une seconde édition avec un line-up comme ça.

Vous n'avez pas peur de perdre cette authenticité et cette ambiance familiale ?

Donatien : Je ne pense pas : le site de Carrières-sur-Seine est fait pour être convivial, c'est un beau parc au bord de Seine avec des saules pleureurs. On a également beaucoup travaillé sur la scénographie, et on a invité des gens comme le Camion Bazar qui rendent la fête toujours un peu folle. Toutes les activités un peu saugrenues qu'on met en place aident à ça à retrouver une ambiance bonne enfant.

Quelles sont ces activités ?

Victor : On aura une petite poste où les gens pourront envoyer des cartes postales directement depuis le festival, les gens pourront même se marier, mais ça on laissera le public le découvrir ! On a vraiment accentuer tout le village, avec du yoga, des couronnes de fleurs, un studio où les artistes du festival viendront faire des sessions filmées...

Et si il pleut ? Vous n'en dormez plus la nuit ?

Victor : Au pire on prendra une sauce, mais ça ne peut pas être pire que l'année dernière ! (rires)

GZA a annoncé le 28 août qu'il ne pourra pas assurer sa tournée européenne. Comment gère-t-on une annulation comme ça ?

Victor : On a décidé d'être totalement transparent et de l'annoncer tout de suite aux spectateurs. Et on s'est dit, que oui, GZA du Wu-Tang est une légende, mais on estime qu'on propose une programmation complète et pas seulement une tête d'affiche : c'est pour l'expérience globale qu'on vient au Macki, pas juste pour GZA. Même si ça nous a fait chier (rires) ! C'est comme ça, mais à partir du moment tu trouves un remplaçant digne, on est reparti ! On prend le pari de faire finir un autre groupe mythique, qui parle vraiment aux connaisseurs de hip-hop : Onyx. C'est du rap gangsta des années 90 et on sait qu'au niveau scénique ça va tout défoncer !

Donatien : Ça va vraiment être chouette, et ça va nous rappeler les Lords Of The Underground de l'année dernière.

Y-a-t'il un autre live que vous attendez particulièrement ?

Donatien : Celui de Tony Allen : je l'ai vu plusieurs fois en live et c'est vraiment génial.

Victor : J'attends pas mal le live de Romare, ça va mettre une espèce de folie assez cool, et les deux sets de Jeremy Underground et Floating Points : ils ont une maîtrise d'une dancefloor qui sera parfaite pour le Macki. Aussi, Silk Rhodes et Chester Watson ne sont jamais venus à Paris, on va les découvrir en même temps que tout le monde.

Vous n'avez pas peur de perdre le public avec cet éclectisme ? 

Victor : Ce n'est pas une question de style, c'est une question de musique : n'importe quel style peut correspondre à la couleur musicale du Macki, qui est quelque chose de musicalement assez poussé mais qui peut être écouté par n'importe qui n'importe quand.

Donatien : Sans vouloir être prétentieux, je pense que c'est le genre de festival qui correspond à notre génération internet, la génération "shuffle".

Victor : Mais c'est vrai qu'il y a une mode en ce moment de faire des festivals 100 % électroniques. Ça aurait été dans la suite logique des projets Cracki et Mamies de faire la même chose, mais il y a d'autres gens qui le font très bien et nous voulions faire un truc qui nous branche, plus varié, comme ce qu'on écoute : du hip-hop, des lignes de basses funky bien rondes, de l'indie, de l'acid, voire même de la musique du monde... On veut aussi nous faire plaisir sur la programmation !

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Macki Music Festival, du 25 au 27 septembre
Opening le 25 septembre à la Machine du Moulin Rouge, Main Event au parc de Carrières-sur-Seine (78), à 10 de train depuis Saint-Lazare.
www.mackimusicfestival.fr

Crédits photo : Raphaël Pincas / RP Visuals