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Mais qui est The Fat Jewish ?

Mais qui est The Fat Jewish ?

The Fat Jewish compte 5,7 millions de fans, pourtant il n'est pas le nouveau playboy d'Hollywood mais un « comique d'Instagram ». Adulé autant que décrié, il multiplie les contrats publicitaires autant que les scandales. Greenroom fait les présentations.

Un héros moderne, une star d'Instagram 

Avant d avoir opté pour un pseudo aussi provoc que décalé, The Fat Jewish (ou The Fat Jew suivant les occasions et les médias comme par exemple sur Twitter) répondait au nom de Josh Ostrovsky. C'est un jeune homme de trente ans issu d'une famille bourgeoise de l'Upper West Side à New York : son père est radiologue et sa mère est nutritionniste.

Très vite il se fait remarquer par ses punchlines et son humour ultra acide et se fait embaucher par Vice pour rédiger les fameuses légendes qui accompagnent les Do's & Dont's du magazine pendant cinq ans. Il a également oeuvré pour la chaine people ultra populaire aux Etats-Unis, E Entertainment, bien connue pour avoir su offrir au monde les aventures de Kim Kardashian et de sa famille.

Cette riche expérience lui a naturellement donné envie de voler de ses propres ailes et de briller par lui-même et pour lui-même. Il a donc fait d'Instagram son terrain de jeux, pour le plus grand plaisir des utilisateurs du réseau social. Ses vannes potaches faites de photomontages et de légendes absurdes ont en effet séduit près de 5, 7 millions de personnes dont Snoop Dogg et Katy Perry. Cet énorme succès a tout bonnement attiré les annonceurs comme Burger King, Virgin Mobile, ou AT &T qui ont décidé d'en faire leur égérie, un peu particulière, certes. Il toucherait environ 6000 dollars dès qu'il mentionne une marque dans un post.

Il sortira par ailleurs un livre le 27 octobre prochain intitulé Money, Pizza, Respect, des valeurs qui semblent lui tenir à coeur. En d'autres termes The Fat Jewish vit le rêve américain 2.0 dans toute sa splendeur.

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Depuis quelques temps il se murmurait même que le comique 2.0 allait signer un contrat avec la chaine Comedy Central, un média prestigieux qui diffuse entre autres "South Park" et "The Colbert Report". Mais un événement est venu mettre à mal cette envolée vers le succès...

Le scandale du plagiat et la question de la propriété intellectuelle sur Internet

Il y a quelques jours The Fat Jewish a signé un contrat de représentation avec CAA l'agence d'artistes la plus prestigieuse aux Etats-Unis, ce qui n'a pas manqué de causer l'hystérie dans les milieux comiques Outre-Atlantique. La raison à cela ? Hé bien, selon certains confrères très énervés du comédien « virtuel », celui-ci se contenterait tout simplement de voler les blagues des autres, qu'il trouve ailleurs sur Internet. Le fait que les langues se soient déliées sur des faits avérés de plagiat aurait ainsi poussé la chaîne Comedy Central a révisé son jugerment et a tout simplement annuler les négociations en vue d'une sitcom avec le comique.

Ceci dit, un représentant de la chaîne a annoncé que la collaboration s'était arrêtée il y a quelques mois, après un essai de pilote non concluant. Cette décision a bien sûr ravi les « vrais » comédiens de stand up qui se sont sentis floués par The Fat Jewish et qu'ils n'hésitent pas à traiter d' « arriviste ». D'ailleurs, ce dernier abonde dans leur sens puisqu'il avoue volontiers ne pas avoir envie de faire un vrai spectacle de stand up car « c'est plus facile et moins fatigant » de poster sur Instagram et aussi parce que ses posts sponsorisés lui permettent de vivre facilement, « sans trop se bouger ».

Ce scandale qui secoue Internet et qui met tout de même à mal la crédibilité de Josh Ostrovsky pose à nouveau une question résolument moderne et à jour sans réponse : y-t-il une propriété intellectuelle sur Internet ? Comment peut-on tracer la naissance et l'évolution d'un « meme » ? Une photo, ou un montage se propage bien plus facilement et rapidement qu'un texte, généralement signé, il est donc difficle d'en attribuer la paternité à quelqu'un en particulier.

Certains préfèrent reporter la « faute » sur Instagram et au fait que le réseau social ne reporte pas et ne bannisse pas les contenus volés ou « empruntés » à d'autres. L'application se défend en arguant simplement qu'il est difficile voire impossible de statuer quand une image est volée. Contrairement à Twitter et à son option « retweet» qui permet une traçabilité des sources, Instagram ne permet pas d'invoquer et de créditer un auteur. Le débat est en tout cas lancé quant à l'évolution de l'ergonomie de l'application.