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Les réseaux sociaux, nouveaux héros de l'art ?

Les réseaux sociaux, nouveaux héros de l'art ?

Depuis quelques mois on assiste à une nouvelle tendance : les réseaux sociaux tels que Instagram ou Snapchat semblent être les nouvelles muses des artistes. Greenroom vous en dit plus sur cette révolution artistico-virtuelle, pour le meilleur et parfois pour le pire.

Inspiration ou plagiat ?

Richard Prince est l'une des superstars de l'art contemporain aux Etats-Unis, il est autant adoubé par les galeries les plus sélectives que par les groupes de rock les plus hype. L'un de ses tableaux a superbement illustré l'album Sonic Nurse de Sonic Youth en 2004 (c'est d'ailleurs un ami proche de Kim Gordon, la bassiste et chanteuse du groupe culte new yorkais) et plus récemment, il a collaboré avec Phoenix. Lors de leur date à Primavera pendant leur tournée en 2013 qui accompagnait la sortie de leur cinquième album Bankrupt!, le groupe a fait imprimer 42 000 faux billets de banque dessinés par l'artiste.

Mais cette année Richard Prince a fait couler beaucoup d'encre pour une toute autre raison : il se serait un peu trop inspiré de ce qu'il a vu sur Instagram. Il a en effet vendu 90 000 $ des photos qu'il a récolté sur son feed Instagram lors de sa dernière exposition à la galerie Gagosian, et ce, sans l'accord des personnes qui y sont représentées. Le "plus" de ces photos ? Des légendes et autres smileys "rigolos" qu'il a ajouté sous les dites photos, apportant ainsi une "plus value" aux oeuvres.

Mais cela n'a pas vraiment plu à certaines personnes dont les images ont été reproduites sans leur accord. Les Suicide Girls, un collectif de mannequins et de danseuses burlesques de Los Angeles, ont décidé de se réapproprier leurs photos "empruntées" par Richard Prince et de vendre les reproductions pour 90 $. Elles ont ensuite reversé les bénéfices à des causes caritatives.

Quand le privé devient public, où est la réalité et où est la création ?

Note pour plus tard : bien faire attention lorsque l'on échange des messages sur des applications de rencontre. Certains utilisateurs de Grindr (le pionnier de l'application de rencontres, gay, géolocalisées) en ont fait les frais il y a quelques mois en Allemagne. Dries Verhoeven, un artiste hollandais basé à Berlin a diffusé sur la place publique (littéralement) des échanges de messages, plutôt explicites, qu'il a eu avec des utilisateurs de Grindr.

grindr

Sans le savoir ces hommes ont fait partie de l'installation artistique "live" de Verhoeven, qu'il a nommé "Wanna Play ? " et qu'il a monté dans le but d' "exposer les opportunités et les tragédies inhérentes à la culture gay proposées par des sites de rencontre." Si ce questionnenement peut paraitre digne d'intérêt, il se situe en tous cas à la limite de la légalité car il représente une violation claire de la vie privée. Suite à de nombreuses plaintes d'hommes qui se sont dit floués par la méthode, Grindr s'est officiellement désolidarisé de l'artiste. Mais l'histoire ne dit pas encore s'il y aura jurisprudence.

Internet pour muse ou le conte de fées moderne

Sur une note plus positive, il est important de revenir sur la belle histoire que vit le streetartist ThankYoux (Ryan Wilson à l'état-civil). Repéré par le patron de Snapchat, Evan Spiegel, le graffeur est devenu la coqueluche de la florissante start-up. Celui qui se dit influencé par internet et ses grandes figures (il a notamment fait une peinture de Steve Jobs) a été commissionné par Snapchat pour réaliser treize fresques murales qui représentent toutes sortes de personnalités (Tina Fey, Nelson Mandela, Andy Warhol) peintes à travers un écran de téléphone. Celles-ci sont ainsi l'air de prendre un selfie.

THANX
Celui qui courait illégalement les rues de Los Angeles il y a encore quelques années pour poser des tags la nuit est désormais devenu l'artiste favori de tout le showbiz international. Paul McCartney serait devenu un fan transi de son Art et aurait transformé l'une de ses oeuvres le représentant en une lithographie qui orne la scène sur ses tournées. Le légendaire rocker s'est rapidement fait emboîter le pas par le jeune producteur/ dubstepper Skrillex qui lui a commadé une énorme fresque pour son loft.
ThankYoux sera-t-il le chef de file d'une nouvelle garde de jeunes artistes entièrement dédiés au digital ? Quand on sait que son idole ultime se nomme Andy Warhol, on lui souhaite de savoir aussi bien s'entourer que son illustre ainé, en créant sa propre "Factory" bouillonnante de talents. Même si trouver le nouveau Velvet Underground ne sera pas une mince affaire !