JE RECHERCHE
Rien ne va plus pour les clubs anglais

Rien ne va plus pour les clubs anglais

Le Royaume-Uni a perdu la moitié de ses clubs en 10 ans, rapporte une association. Un chemin qu'est en train de prendre la France ? 

"Les gens veulent le beurre et l'argent du beurre", dénonce Kate Nicholls, la directrice de l'ALMR (Association of Licensed Multiple Retailers), qui représente les établissements de nuit anglais. "Si vous voulez de l'ambiance et vivre dans un quartier cool, vous devez en assumer les conséquences", continue-t-elle dans Newsbeat. La directrice a de quoi être remontée : alors qu'il existait 3144 clubs en 2005 au Royaume-Uni, il n'en reste plus que 1733 aujourd'hui. Soit la moitié.

En cause selon elle : les exigences de plus en plus nombreuses concernant l'attribution des licences, ainsi que la facilité pour les voisins de se plaindre du bruit - et d'être écoutés par les autorités, à grands coups de pétitions, et ce même s'ils ont emménagé bien après l'arrivée du club. L'ALMR s'inquiète alors du nombre d'emplois perdus. L'ensemble des établissements représentés par l'association ont généré l'année dernière pas moins de 37 000 nouveaux jobs, dont 80% ont été pris par des 18-24 ans. Pas besoin d'être économiste pour comprendre le problème, alors que sont maintenant fermés les mythiques clubs londoniens Madame Jojo's et Plastic People ou que la tout aussi légendaire Fabric était menacée l'année dernière : moins de clubs = moins de travail.

"Nous avons conscience de l'importante contribution que ce secteur apporte à notre économie et au paysage culturel national", a répondu, toujours à Newsbeat, un porte-parole du gouvernement britannique. "Les lois actuelles apportent un juste équilibre entre, d'un côté, la musique et la fête, et de l'autre la prévention contre les crimes et les nuisances, tout en garantissant la sécurité du public". Circulez, il n'y a rien à voir.

Ce coup de gueule de l'ALMR fait écho à une situation tout aussi inquiétante de notre côté de la Manche. Selon Le Parisien, ce sont pas moins d'une centaine de festivals supprimés en 2015, des Voix du Gaou à Musik'Elles, en raison de coupes budgétaires pratiquées dans les collectivités locales ou régionales. L'année dernière, I Love Techno a été annulé car le maire avait émis un avis défavorable... Le jour même du festival. Plus récemment, The Bay Festival a dû renoncer à son week-end techno en Corse car la préfecture, un mois avant le coup d'envoi, a estimé que le terrain choisi n'était pas adapté à l'accueil de fêtards. Et encore, on ne parle même pas des free-parties.