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Producteurs de légende - Chapitre 6 : Danger Mouse, le nouveau grand

Producteurs de légende - Chapitre 6 : Danger Mouse, le nouveau grand

Le grand public connaît peu ou pas leurs noms et, pourtant, ils écrivent l’Histoire du rock, de la pop, du rap, du reggae et de l’electro au même titre que les musiciens. Greenroom a donc choisi de vous raconter l’histoire de certains des plus grands producteurs de tous les temps, d’authentiques démiurges et de vrais héritiers de Prométhée, Pygmalion et Frankenstein. Ladies and gentlemen, veuillez applaudir les… Producteurs de légende. 

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Chapitre 6 : Danger Mouse, le nouveau grand

Il y a des signes qui ne trompent pas : au début de l'année, quand les vieux Red Hot Chili Peppers ont annoncé qu'après 25 ans de collaboration avec Rick Rubin, ils préféraient confier la réalisation de leur prochain album à Danger Mouse, il était clair que l'Américain Brian Burton (son nom à l'état civil) avait rejoint le club très privé des "producteur de légende".

Ce n'est finalement pas étonnant quand on fait le point sur la carrière sans-faute de ce natif d'upstate New York âgé de 38 ans. En 2004, Burton sidère le web avec son Grey Album, un mash-up excitant du Black Album de Jay-Z et du mythique White Album des Beatles. A l'époque, le choc artistique est immense, tout le monde en parle. Au-delà de ses brillantes extrapolations sonores, Danger Mouse (nom choisi en hommage à un dessin animé british) prouvait aussi qu'il est un génie de la com et du buzz.

Il frappe fort peu de temps après en fondant le duo Gnarls Barkley avec le rappeur Cee-Lo. Leur single "Crazy" entre dans l'histoire en devenant le premier disque à atteindre les cimes des tops grâce aux téléchargements, enterrant ainsi un peu plus la valeur commerciale du disque physique sur le marché des tubes. Mais en plus d'être un redoutable compositeur de hits, Danger Mouse est avant tout un homme de goût. Ainsi, "Crazy" est construit sur un sample issu d'une BO de western italien des sixties, en l'occurrence Django prépare ton cercueil, ce qui en dit long sur la culture du bonhomme (et le relie à Lee Scratch Perry qui rendait hommage aux films "Django" au début des années 70).

Danger Mouse se définit comme un "auteur", un réalisateur dans le sens cinématographique du terme. Pas étonnant donc qu'il sorte l'album Rome (avec Daniele Luppi), disque instrumental qui célèbre les western italiens dans lequel interviennent les choristes utilisés par Ennio Morricone pour les films de Sergio Leone (2011). En fait, Danger Mouse peut désormais faire tout ce qui lui passe par la tête. Le Grey Album et Gnarls Barkley, ainsi que son travail avec le rappeur MF Doom (le groupe Danger Doom) ont fait de lui le producteur que tout le monde s'arrache. Pour preuve, le fait qu'il soit appelé par Gorillaz (Demon Days, 2005), Beck (Modern Guilt, 2008), les Black Keys pour trois albums dont El Camino (2011) et Norah Jones (Little Broken Hearts, 2012). On n'avait pas vu un tel sans-faute et éclectisme depuis... Rick Rubin.

Olivier Richard