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Producteurs de légende - Chapitre 5 : Jimmy Miller, midnight rambler

Producteurs de légende - Chapitre 5 : Jimmy Miller, midnight rambler

Le grand public connaît peu ou pas leurs noms et, pourtant, ils écrivent l’Histoire du rock, de la pop, du rap, du reggae et de l’electro au même titre que les musiciens. Greenroom a donc choisi de vous raconter l’histoire de certains des plus grands producteurs de tous les temps, d’authentiques démiurges et de vrais héritiers de Prométhée, Pygmalion et Frankenstein. Ladies and gentlemen, veuillez applaudir les… Producteurs de légende. 

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Chapitre 5 : Jimmy Miller, midnight rambler

Impossible d'échapper en ce moment aux publicités de la réédition de Sticky Fingers, un des chefs d'œuvre (le ?) des Rolling Stones. Tous les médias en parlent mais personne, semble t'il, ne rend à César ce qui doit l'être, à savoir souligner le travail fabuleux effectué par le producteur, Jimmy Miller (en plein centre sur la photo ci-dessus). Heureusement, Greenroom est là pour réparer cette injustice criminelle.

Jimmy Miller est né en 1942 à Brooklyn. Batteur, il se lance dans la production et est repéré par Chris Blackwell, le patron d'Island Records (la maison de disques qui va faire exploser Bob Marley) qui lui propose de venir s'installer à Londres pour travailler avec lui, en 1963. Miller, qui accorde une importance majeure au son de la batterie, développe un style de production qui accouche d'un son d'une clarté inédite qui dope la rythmique des chansons. Il travaille avec le Spencer Davis Group, une formation très populaire au Royaume-Uni à l'époque dont il produit plusieurs hits.

keith_mick_jimmy_miller_980Fan des Rolling Stones, il confie "avoir été sur un nuage" le jour où Mick Jagger lui propose un rendez-vous. Miller a compris que Jagger veut lui proposer de produire les Stones et il est aux portes du nirvâna ! À cette époque (1968), les Stones sont enlisés. Ils ont répondu au Sgt. Pepper's... des Beatles par l'album Their Satanic Majesties... qui a été un échec critique et commercial. Miller va les remettre en selle. Il réussit l'exploit de les canaliser et de leur faire donner le meilleur d'eux mêmes en studio. Pendant six ans, les Stones et lui accumulent les chefs-d'œuvre : Beggar's Banquet, Let It Bleed, Sticky Fingers, le double Exile On Main Street... Mais la créativité a des limites et la sortie de Goat's Head Soup, disque très inégal, se termine par la rupture du groupe avec son producteur.

JIMMYMILLER_zps11ec352bLa carrière de Miller va ensuite être plus irrégulière, cela s'expliquant en partie par le fait que le producteur a pris les mêmes très mauvaises habitudes que Keith Richards. Cela ne l'empêche pas de faire passer un obscur groupe de rock and roll dur à la lumière : c'est en effet Jimmy Miller qui produit le légendaire Overkill de Motörhead (et son successeur Bomber), disques barbares grâce auxquels le groupe de Lemmy accède à la notoriété (1979).

Miller retourne ensuite à New York pour travailler sur le (bon) premier album des Plasmatics, un groupe de punk proto-hardcore mené par l'extrême Wendy O'Williams. Victime de son addiction, il disparaît pendant plusieurs années avant de réapparaître au début des années 90 aux côtés des Écossais de Primal Scream, pour qui il réalise le très stonien Screamadelica. Il n'ira pas plus loin, une défaillance du foie l'emportant en 1994, à seulement 52 ans.

Olivier Richard