Music par Nora 09.07.2015

Ratatat : « Tout ce qui compte c’est la crème glacée ! »

Ratatat : "Tout ce qui compte c'est la crème glacée !"

Ratatat sort un nouvel album, Magnifique, vendredi. Greenroom les a rencontrés lors de leur passage à Paris.

On imagine que les fans de Ratatat  étaient tous très impatients depuis l’annonce de la sortie d’un nouvel album, Magnifique. Le groupe avait bien teasé l’opus, enregistré dans plusieurs studios américains, depuis ce printemps en dévoilant trois morceaux, l’intro de l’album et même un clip réalisé à partir des dessins d’Evan Mast. Si on appréciait « Cream On Chrome » d’abord dévoilé à Coachella, on a été ravi de découvrir « Abrasive » et le tout récent « Nightclub Amnesia. » Alors que Magnifique sort demain, Greenroom a posé quelques questions à Evan Mast et Mike Stroud – juste après qu’ils aient fait un petit somme -, peu avares en cheveux mais bien plus en mots.

On s’était habitués à votre vitesse de croisière à savoir la sortie d’un album tous les deux ans. Cela vous a pris cinq années avant Magnifique. Que s’est-il passé ?

Mike : On a fait pas mal de tournées ces dernières années, on avait besoin de faire un break. On a fait pas mal de chansons, environ une cinquantaine mais plusieurs d’entre elles n’ont pas été finies.

Evan continue à dormir après nous avoir assuré qu’il n’avait pas besoin d’un café.

Comment avez-vous choisi parmi tous ces titres ceux qui se retrouveraient sur Magnifique ?

Mike : Nous avons pris les chansons que nous étions capables d’écouter du début à la fin simplement en les appréciant. En général ça nous apparaît de manière évidente lorsqu’un son est terminé.

Comment avez-vous organisé l’ordre de ces chansons ?

Evan (qui entrouvre un peu les yeux) : De manière assez naturelle, certaines chansons ressortent plus que d’autres.

En cinq ans vous avez eu le temps d’apprendre le Français ? C’est pour cette raison que vous avez intitulé l’album Magnifique ?

Evan : C’est le seul mot français qu’on connaisse en fait ! (Rires des deux)

Quelles sont les choses qui sont magnifiques pour vous ?

(Longue réflexion)

Mike : Une vue, une glace. A la menthe avec des pépites de chocolat ! It’s all about icecream.

Cet album est beaucoup plus calme que les précédents. C’est l’effet de l’écoute de Bach, qu’apparemment vous écoutiez régulièrement, qu’on ressent ?

Evan : On écoutait surtout Santo & Johnny.

D’où sort cette idée de mettre le sifflement de petits oiseaux sur la chanson « Supreme » ?

Evan : J’étais en train de me balader et d’écouter le chant des oiseaux, j’ai décidé d’en ajouter sur ce morceau.

Comment se passe l’écriture des morceaux ?

Mike : Tous les matins on essaye d’écrire des mélodies puis on voit ce que cela donne. C’est toujours un peu différent. Il n’y a pas de technique de composition de musique à proprement parler même si j’aimerais bien qu’il y en ait une !

Cela fait environ douze ans que vous travaillez ensemble. Vous n’avez pas peur parfois de ne plus pouvoir vous supporter ?

Mike : On s’amuse trop bien ! Même si parfois c’est frustrant. Dans tous les cas, même si nous souhaitions travailler avec quelqu’un d’autre, nous n’aurions pas le temps !

Vous avez fait un passage au festival We Love Green. Vous avez senti une connexion particulière avec le public français ?

Evan : Je ne sais pas vraiment dans quelle mesure mais les Français semblent en effet bien aimer nos musiques ! Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de monde pour nous au fetsival.

Vous avez assuré dans une interview précédente que si vous composiez en ayant déjà en tête ce que vous vouliez, cela ne fonctionnait pas. Cela veut-il dire que vous comptez beaucoup sur la spontanéité ?

Mike : En effet. De toute façon cela ne fonctionne jamais comme ce que vous aviez prévu !

Comment considérez-vous Magnifique par rapport aux autres albums ?

Mike : J’ai l’impression que les mélodies sont plus fortes que sur les précédents.

Est-ce que vous envisagez un jour de chanter ?

Mike : On chante un petit peu sur la dernière chanson, « I Will Return » ! Au final, on se satisfait des morceaux qui ne contiennent que des mélodies.

Lorsque les journalistes décrivent votre musique, ils affirment souvent qu’elle est un mélange entre rock et électro. Cela signifie quelque chose pour vous ces genres musicaux ?

Mike : Je m’en fous un peu.

Vous dites souvent que détestez le shopping, que vous n’êtes pas dans les apparences. Vous portez souvent des lunettes miroir, comme une manière de vous cacher. Est-ce que c’est quelque chose de difficile à gérer pour vous de devoir se montrer ?

Mike : C’est juste un aspect dont on ne veut pas avoir à se soucier.

Evan : Parfois c’est intéressant de voir comment les artistes gèrent leur image, quand bien même je n’aime pas leur musique, je pense à Die Antwoord par exemple.

Vous trouvez que les Français en font trop d’ailleurs au sujet de leurs apparences ?

Mike : Pas plus qu’en Islande ! C’est une toute petite communauté mais tout le monde est toujours tellement bien habillé !

Il parait que vous adorez les jeux de mots. Vous pouvez m’en dire quelques-uns ?

Mike : On m’en a appris un en français aujourd’hui : « Si mon tonton tond ton tonton, ton tonton sera tondu » ! (Rires).

Photo d’illustration : © Timothy Saccenti