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Eurockéennes, jour 3 : Die Antwoord complètement barrés, Flume parfait...

Eurockéennes, jour 3 : Die Antwoord complètement barrés, Flume parfait...

On a puisé dans nos dernières forces devant Die Antwoord, Flume, Sting ou encore James Blake aux Eurockéennes de Belfort.

Pleuvera, pleuvera pas ? En attendant le début de ce tout dernier jour de festival, tout Belfort se demande si l'orage éclatera au dessus du lac de Malsaucy. Trêve de suspens : on aura reçu quelques gouttes et vu de très beaux éclairs, mais rien de bien méchant. C'est tant mieux, sachant la programmation impressionnante de ce dernier jour. Mais on commence tout doucement avec Puts Marie sur la scène Loggia. Enfin "tout doucement", c'est relatif, vue la claque prise devant ce groupe suisse. Entre le rock psyché, le stoner et le garage, les Puts Marie rappellent autant Brian Molko et Tom Waits qu'un esprit cabaret -- si cette fois le charismatique chanteur Max Usata avait opté pour une tenue de plagiste, il arrive qu'il se travestisse pour des performances aussi branques que brillantes. Une excellente découverte, où flegme épouse énergie rock.

PUTS MARIE 2 - DORIAN CESSA

Pendant ce temps-là jouaient sur la Greenroom les Maliens de Songhoy Blues. Il doit faire facile 40 degrés en plein soleil, et pourtant le public des Eurocks enchaîne les chorégraphies aux sons africains du groupe plus rock que blues. Les Songhoy Blues ont une histoire fascinante, rapidement évoquée dans un appel à la tolérance avant un de leurs titres : Aliou, Garba, Oumar et Nathanael habitaient dans le Nord Mali et se connaissaient vaguement. Pour fuir les mercenaires islamistes de la région, ils se retrouvent à Bamako et finissent par se produire dans des cabarets ensemble. Ils enregistrent des titres chez le bassiste de feu Ali Farka Touré. Là, Damon Albarn les remarque et produit leur titre "Soubour" avec Nick Zinner (le guitariste des Yeah Yeah Yeahs). On comprend le coup de coeur du leader de Blur en dansant sur les titres de leur album Music In Exile, capable de soulever une foule pourtant rôtie en plein cagnard.

C'est à peine s'il nous reste un peu d'énergie pour Batida, groupe aux influences également africaines, angolaises (mais aussi portugaises) cette fois. Porté par le chanteur Pedro Coquenão, a déjà retourné les Transmusicales et même une Boiler Room avec son électro afrobeat avec danseurs, masques traditionnels et énergie imparable. A revoir avec un brin d'ombre en plus.

site3

Une incartade reggae avec le toujours efficace et showman Damian Marley, et nous voilà devant Grand Blanc et sa new-wave 80's envoûtante. Jeu de scène juste qu'il faut d'extravagant, chanteuse-claviériste charismatique et habitée, une interprétation de leur titre "L'Homme-Serpent" qui colle au crâne... Nous avions déjà beaucoup aimé au festival Solidays, Grand Blanc ne nous a encore une fois pas déçu sur ces Eurockéennes.

DIE ANTWOORD 5 - DORIAN CESSAMais il est déjà l'heure des complètement tarés Die Antwoord. La recette, ultra-efficace, reste toujours la même : Ninja plonge dans la foule et montre ses fesses, Yo-Landi Vi$$er pousse de petits cris sur-aigus en cultivant son image sexy-malsaine, les deux danseuses cagoulées twerkent... Et les titres comme "Pitbull Terrier", "I Fink U Freaky" ou "Ugly Boy" mettent une ambiance complètement folle avec des basses dignes d'un tekos. A chaque fois, ça marche, et les Die Antwoord ont offert le concert le plus impressionnant et efficace de la soirée (voire du festival).

Du coup, à côté, le concert de James Blake paraît un peu molasson. Pourtant, l'Anglais a présenté un show transpirant de sensibilité et de poésie, toujours porté par une voix impeccable. Mais il n'a pas vraiment réussi à trouver son public, plus intéressé ce soir par de grosses basses et de la musique ultra dansante -- il faut dire que James Blake n'adapte pas son spectacle en fonction du lieu où il joue, et qu'il est beaucoup plus adapté aux ambiances type Pitchfork Music Festival. En faisant abstraction de l'ambiance et des grosses gouttes qui commencent à s'abattre sur Belfort, on est toujours aussi fan de ses "Retrograde" et autres "Limit To Your Love". A revoir dans une ambiance plus intimiste.

Enfin, pour clore ces trois jours de festival, les organisateurs des Eurockéennes nous ont mis dans l'embarras : plutôt l'électro australienne planante et solaire de Flume sur la Plage, ou la nostalgie et le show de stade de Sting sur la Grande Scène ? On aura fait un peu les deux. Quand Sting ne s'est pas privé pour reprendre du The Police, laissant les spectateurs avec un sourire béat grâce à "Message In The Bottle", son tube en solo "Every Breath You Take" ou encore "Roxanne" en mash-up avec "Ain't No Sunshine", Flume a fait dansé toute une plage sous la pluie, avec de magnifiques éclairs en toile de fond et son excellent remix de "You & Me" de Disclosure.
Le festival s'est achevé de la plus belle des manières avec un spectacle d'immenses marionettes aériennes et un feu d'artifice sur le lac. Organisation au poil, accueil efficace et agréable, bénévoles hyper sympas, public bon enfant et inter-générationnel... Cette 27ème édition des Eurockéennes de Belfort était pas loin d'être parfaite. Vivement l'année prochaine !

STING 2 - JEREMY CARDOT

Crédits photo : Photo de couverture - Zélie Noreda
Die Antwoord, Flume, Puts Marie - Dorian Cessa
Sting - Jérémy Cardot

 

Retrouvez l'aftermovie officiel des Eurocks 2015 !