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Eurockéennes jour 2 : la claque Chemical Brothers, Major Lazer bouillant...

Eurockéennes jour 2 : la claque Chemical Brothers, Major Lazer bouillant...

Christine & The Queens, Etienne Daho, Major Lazer, pour finir en apothéose avec The Chemical Brothers et Rone... On vous dit tout sur ce deuxième jour des Eurockéennes. 

"Eurocks, deuxième jour... Et on n'est pas encore mort !", peut-on entendre ce samedi matin sur les bords du lac du Malsaucy. Et c'est vrai que cela relève de l'exploit : entre la chaleur et les torrents d'énergie reçus hier avec Todd Terje, The Do ou Boris Brejcha, les Eurockéennes de Belfort se transforment petit à petit en marathon caniculaire. Mais hors de question de louper cette impressionnante deuxième journée. On commence ainsi sur la Greenroom avec les attachantes jumelles d'Ibeyi. Le live est encore un peu vert, mais impossible de résister aux deux voix de ces franco-cubaines seules sur scène, à leur reprise de Jay Electronica ou à leur titre "River", repris en timide choeur par un public cuit à point sous le soleil de l'après-midi.

IBEYI - JEMERY CARDOT

19 heures arrivent déjà : il est temps d'apprendre deux-trois trucs sur le blues. Seasick Steve, casquette kaki et grosse barbe blanche, se transforme en professeur de washboard. On saura maintenant qu'il faut s'enfoncer un dé à coudre sur le doigt jusqu'à ce que "it hurts like shit", le scotcher et... Le talent et l'expérience fera le reste. Une chose est sûre : c'est assez agréable de regarder un bluesman quasi redneck qui sait pertinemment ce qu'il fait et offre un live carré mais naturel.

Un léger détour sur la plage, où The Shoes tenait une résidence toute l'après-midi, pour observer l'étonnant Petite Noir (pas aidé par un public un peu fatigué), et nous revoilà sur la Greenroom pour Angus & Julia Stone. En plus de leur tube "Big Jet Plane", les Australiens nous ont régalé d'une reprise d'abord acoustique, puis plus rock, de "You're The One That I Want" -- mais si, vous savez, la chanson de Grease, méconnaissable quand elle est passée à la moulinette Stone.

ANGUS & JULIA STONE - DORIAN CESSA2

Retour sur la Grande Scène pour Etienne Daho.

ETIENNE DAHO 2 - DORIAN CESSADe tous les concerts du festival (voire de toute la saison), c'est le plus intergénérationnel. Vingtenaires et quinqua' chantent les mêmes paroles, s'échangeant parfois de petits sourires entendus. Il faut dire que "Etienne", comme il est appelé un peu partout dans le public, n'a pas lésiné sur les vieux tubes que tout le monde connaît par coeur, même sans le savoir : "Week-end à Rome", "Duel au soleil", "Tombé pour la France", "Le premier jour du reste de ta vie", "Bleu comme toi"... Il ira même jusqu'à reprendre "Boomerang" de Gainsbourg, qu'il avait permis de repopulariser avec Dani en 2003. Des titres remis à jour par des instrumentaux plus modernes, pour un concert touchant et rapprochant les gens : c'est tout ce qu'on demandait !

C'est en se dirigeant tranquillement vers la Greenroom que l'on se rend compte de la popularité impressionnante d'Héloïse Letissier, alias Christine & The Queens : jamais la foule n'a été aussi compacte. Dès la fin du deuxième titre, cette chanteuse au potentiel clownesque sous-estimé décide qu'il fait trop chaud pour garder la veste -- et c'est plutôt pas mal de la voir au naturel, en débardeur, sans costume haute-couture. Mais ce n'est pas la seule chose qu'elle souhaite annoncer. "Ce soir, tu peux être qui tu veux... Et même danser sur de l'italo-disco !", annonce-t-elle avant d'enchaîner sur "Science-Fiction". Parce qu'il est là le crédo de Christine : beau ou laid, fille, garçon ou entre les deux, qu'importe, tout le monde est parfait pour elle, répète-elle souvent entre deux chorégraphies voguing avec ses quatre danseurs. Elle chantera évidemment tous ses tubes, de "Christine" à "Saint-Claude", en passant par une reprise de son idole Michael Jackson ("Who Is It"), offrant un show à l'américaine, entre stand-up, spectacle de danse et concert. "Même aveugle, je danse encore", lance-t-elle à l'idiot qui s'amuse à lui envoyer un laser dans le visage. Et même quand son live est sensé être fini, elle revient pour deux titres, dont un "Nuit 17 à 52" bien particulier. Dès le premier couplet, les machines ont en effet planté, laissant Christine seule avec un piano, improvisant sans jamais se laisser démonter. On pense ce qu'on veut de son potentiel mégalo (elle se décrit comme une "diva imparfaite, une petite fille blanche maladroite qui rêve d'être Beyoncé"). Mais Christine & The Queens offre, comme à chaque fois, un show impressionnant.

CHRISTINE & THE QUEENS - JEREMY CARDOT

Pendant ce temps-là, la trap survitaminée de Major Lazer électrise un public venu remuer du booty en masse. Diplo ose reprendre "I Like To Move It", s'acharne à vouloir faire se déshabiller tous ses fans. De quoi vite tourner agoraphobe. Mais il faut reconnaître que le producteur américain sait réchauffer une foule, invitant même les danseurs de Christine & The Queens à faire quelques pirouettes sur scène. On préférera le final de la résidence de The Shoes, tout comme Woodkid venu applaudir ses potes depuis les crash barrières.

MAJOR LAZER 3- DORIAN CESSA

Mais il est déjà temps de se préparer. De faire quelques étirements et vocalises. Parce que dans quelques minutes, les Eurockéennes vont trembler aux doux sons big beat des Chemical Brothers ! Comment retourner un festival en trois leçons : prenez une scéno évidemment impeccable (écran géant avec VJing vraiment très beau plus un paquet de spots), commencez par LE tube "Hey Boy Hey Girl", et enchaînez avec encore plus de tubes à l'image du récent "Go" ou "Swoon"... Et vous obtenez des spectateurs pataugeant d'un air béat, les pieds dans la boue, la tête dans les étoiles. Jusqu'au lendemain !

CHEMICAL BROTHERS - DORIAN CESSA

Crédits photo : Ibeyi, Christine & The Queens : Jérémy Cardot
Etienne Daho, Major Lazer, Chemical Brothers, Angus & Julia Stone : Dorian Cessa