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Main Square Festival jour 1 : Isaac Delusion sans filet, Lindsey Stirling éclatante

Main Square Festival jour 1 : Isaac Delusion sans filet, Lindsey Stirling éclatante

Seulement deux scènes, mais une superbe programmation. Retour sur nos coups de coeur de ce premier jour au Main Square.

Nous y sommes. Les hostilités sont lancées dans la citadelle d'Arras. Pour la première fois de son histoire, le Main Square Festival affiche complet les trois jours. Et c'est sous une chaleur insoutenable que se sont produits les onze artistes de ce vendredi. Mais le soleil n'a pas découragé les festivaliers, loin de là. Il y a déjà foule lorsque sonnent à 17h les premières notes de guitare de The Arrogants, sur la Greenroom. Le quintette français, l'un des lauréats du tremplin Main Square 2015, propose un rock n'roll brut et agressif, par dessus duquel la voix est souvent plus parlée que chantée. Un concert court mais audacieux.

Changement radical d'ambiance avec l'arrivée, un peu plus tard, des Australiens de Sheppard. Une pop fraîche, décontractée, parfois un peu décalée. Il suffit de regarder les looks des musiciens pour se faire une idée : casquette à fleurs, cheveux bleus et lunettes de soleil oranges, ou encore cordes de basse roses. Le groupe joue sur sa bonne humeur communicative, et ça marche. Presque inconnus chez nous, ils réussissent à convaincre le public entier ! On adore le mélange de voix des chanteurs (car ils sont deux), les instrumentations festives et les touches plus inattendues, comme une intro de titre en beatbox.

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A l'autre bout du festival (qui n'est pourtant pas si grand) se jouent tour à tour les sets de Patrice et Hozier, tous les deux très classiques dans la présentation. Le premier n'a rien de vraiment exceptionnel, mais fait chanter et danser l'audience qui passe visiblement un bon moment. On en aurait attendu un peu plus du second. La voix d'Hozier est tellement puissante en studio qu'un live pourtant tout à fait correct passe pour assez quelconque, à côté.

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Mais celle qui a retenu notre attention n'était pas sur la grande scène. La très talentueuse Lindsey Stirling s'est produite sur la Greenroom en début de soirée. En connaissant l'artiste (elle se décrit elle-même comme "dubstep violonist"), on aurait pu croire qu'un concert aurait fait le tour de la question en trois titres. Que nenni. Celle qu'on a d'abord connu sur YouTube occupe la scène comme personne. Stirling joue avec une déconcertante facilité, en dansant, et parfois même au milieu de véritables danseuses, pour un spectacle détonnant. "C'est énorme ce truc", "putain la claque", "elle est incroyable". Voilà ce qu'on entend dans le public apparemment unanime. Et pour couronner le tout, l'artiste va jusqu'à faire un sympathique clin d’œil à ses débuts en nous interprétant une reprise (magistrale) du thème de Zelda.

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Vers 21h30, mauvaise surprise. Le bluesman George Ezra est contraint d'annuler sa prestation ainsi que quelques dates de sa tournée pour raison de santé. Il est remplacé au pied levé par les Français d'Isaac Delusion, quelque part heureux d'arriver par hasard au Main Square. Le concert, et c'est bien normal, démarre avec un peu de retard par rapport à l'horaire initial. Et c'est sans répétition que la formation vient défendre son électro-pop aux accents de funk et de rock à la voix si particulière. Humbles et efficaces, ils parviennent à convaincre le public même si celui-ci est, évidemment, un peu déçu.

On pensera à jeter un coup d’œil à la prestation de la rockstar Lenny Kravitz, qui n'a visiblement pas perdu ni son énergie, ni son charisme. Sans doute le concert le plus bondé de la journée, ce que l'on comprend connaissant la rareté de ses apparitions. Un petit tour par le concert de Kodaline, qui comme d'habitude nous propose un live carré, sans faute, pro quoi. Et bien sonorisé, en plus. Le groupe réussi d'une main de maître à créer une connexion avec les festivaliers, même si certains n'avaient jamais entendu parler d'eux avant aujourd'hui.

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En clôture se chevauchent le concert de Shaka Ponk d'un coté, et le live de Rone de l'autre. Le rock/électro/punk (faites votre choix) du groupe est décidément taillé pour la scène. Comme à chaque concert, les membres s'en donnent à coeur joie : danses, acrobaties, slams, bisous sur la caméra... Rien à redire, pour faire la fête, c'est l'idéal ! Pour ce qui est du producteur, le public est moins nombreux mais très pris par la musique. Rone a beau être seul aux machines, il y a des choses à voir (et à entendre, bien sûr). Des lumières extrêmement bien façonnées aux animations sur écran géant, le show est un régal pour les yeux. Et dans nos oreilles, si vous en doutiez encore, l'électro du producteur-musicien sonne extrêmement bien. Si bien qu'on l'apprécierait presque mieux sur scène.

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Kelly Le Guen

Photos: ©Nicko Guihal
https://www.facebook.com/nickoguihalphotography