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Eurockéennes, jour 1 : The Do en pleine forme, Todd Terje excellent...

Eurockéennes, jour 1 : The Do en pleine forme, Todd Terje excellent...

Sous un soleil de plomb, les Belfortains (mais pas que) ont profité hier d'une programmation variée et de concerts particulièrement bons. On vous raconte. 

Un plumeau à poussière arc-en-ciel assorti de loupiotes, un gyrophare rouge intégré dans un bob, des garçons en peignoir ou en tutu, un punk à crête, une copie conforme de Raoul Duke de Las Vegas Parano armé d'un kazoo... Les festivaliers des Eurockéennes ne sont pas du genre à s'empêcher de s'amuser avec des tenues plus extravagantes les unes que les autres. C'est ça aussi qu'on aime dans le festival de l'Est : rien à faire des apparences et place à la fête ! Et cette fête démarre dès 18 heures avec Big Freedia suivi par l'afro-folk de King Ayisoba. "On ne fait pas de scènes aussi grosses dans notre pays", confie Francis, le percussionniste du groupe ghanéen à propos de la Greenroom où il jouait à 19 heures. Il attend avec impatience Fakear, programmé sur cette même scène plus tard dans la soirée.

Mais avant cela, place au rock suant de Royal Blood et au métal à cheveux longs des Black Label Society (photo ci-dessous) : les Eurockéennes n'ont jamais aussi bien porté leur nom -- même si on avoue avoir fait une petite incartade hip-hop à la française avec les toujours aussi énergiques Set & Match sur la scène de la Plage.

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Et tandis que dès 22 heures The Soft Moon enrichit la programmation rock du festival, avec son batteur de folie et ses effets de réverb', beaucoup sont déjà devant une des têtes d'affiche de la soirée, Ben Harper.

DSC_4494On l'avouera, son blues gagne plus à être écouté dans une ambiance intimiste que de loin entre deux baraques à frites et spectateurs assis dans l'herbe-- voire complètement vautrés, une habitude qui se retrouvera tout au long de la soirée où se croisent gens de l'Est aux "r" gutturaux, Parisiens en goguette et pas mal d'étrangers, dont Yan, Allemand, parti faire de la randonnée en Suisse avec des copains et finissant en beauté ses vacances aux Eurockéennes.

La nuit complètement tombée, on se retrouve devant Fakear, tant attendu du percussionniste de King Ayisoba. Et on le comprend : devant une foule moins compacte qu'à Solidays (où franchement on ne voyait pas grand-chose), Théo Le Vigoureux part dans de folles transes, la main gauche battant la mesure, fermant les yeux -- mais comment se repère-t-il sur ses MPCs colorées ? Sa nouvelle configuration live, avec batteur, bassiste, clavier et la fascinante Juliette au violoncelle, le sert toujours autant, tandis qu'il flatte les spectateurs d'un "j'ai entendu dire que vous étiez un des plus grands festivals de France". On ne pourra pas le contredire en entendant les hurlements qui ont suivi son "alors vous êtes OK pour foutre le bordel maintenant ?".

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Une façon d'alpaguer la foule que l'on retrouvera chez The Do, avec une Olivia particulièrement en forme ce soir. Le groupe français nous l'a confié à Solidays : ils aiment chambouler leur set-list à chaque concerts, fussent-t-ils à une petite semaine d'intervalle. Ils ont ainsi démarré leur concert par leur grand tube "On My Shoulders" -- plutôt culotté quand on sait la peur de certains artistes que le public s'en aille après avoir entendu "la" chanson qui les a fait connaître. Pas de quoi s'effrayer : expressive, presque théâtrale, allant même jusqu'à dire "il fait bien trop chaud pour travailler, pour être à un festival. On propose que vous vous mettiez tout nu", Olivia a réussi à accroché son public... Même l'agent de sécurité n'a pas pu s'empêcher de se dandiner sur "Trustful Hands", et on ne parle même pas de "Slippery Slope" !

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Mais avant cela, on a assisté à nos deux meilleurs concerts électro de la soirée, Cotton Claw et Todd Terje & The Olsens. On arrive au premier, installé sur la petite scène du Club Loggia, alors que le quatuor joue son génial "Grainy". Impossible de ne pas danser et être porté par l'énergie des quatre beatmakers, absolument pas porté sur le présentéisme : quand un d'entre n'a pas grand-chose à faire sur le morceau, il ne va pas faire semblant mais sauter sur scène comme un gamin ravi. Et ravi, ils avaient franchement l'air de l'être, comme le public qui en redemandait encore (à celui qui a apporté une corne de brume au festival, merci, parce qu'on commençait à perdre notre voix à force de crier). A revoir, encore et encore.

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Quant à Todd Terje, comment dire... C'est le meilleur ? Avec son funk-house jazzy et ses impressionnants danseurs réalisant sauts périlleux et jongle de casquette, le Norvégien a offert le live le plus chaud de la soirée, concluant en beauté avec "Inspector Norse". Tout paraît court, mais cela fait déjà une heure que l'on danse les pieds dans le sable.

De quoi ne plus trop avoir d'énergie pour le set de Boris Brejcha, offrant pourtant une très bonne techno, certes minimale mais pas portée sur l'économie rythmique. Armé comme d'habitude d'un masque vénitien au sourire narquois, il essuiera une petite panne technique, mais c'était pour mieux repartir sur de gros kicks n'ayant rien à envier aux producteurs hardcore. Mais que ce soit à pieds le long de la voie ferrée ou en navette, il est temps de rentrer à Belfort, racheter de la crème solaire en rêvant d'un brumisateur, et se préparer déjà pour cette journée du samedi qui promet d'être à la hauteur avec Ibeyi, Etienne Daho, Christine & The Queens, Major Lazer, Rone, Foxygen et The Chemical Brothers, sans oublier la carte blanche donnée à The Shoes sur la scène de la Plage.

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Crédits photo : DR