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Solidays, jour 2 : la surprise Yael Naim, Ed Banger au top...

Solidays, jour 2 : la surprise Yael Naim, Ed Banger au top...

Le festival Solidays offrait le samedi 27 juin une programmation complètement dingue. On vous raconte !

Qui aurait cru voir un jour les festivaliers de Solidays sauter partout sur "Blessings" de Big Sean, Drake et Kanye West, pendant un set hip-hop aussi ghetto qu'endiablé ? C'est pourtant ce qu'il s'est passé pendant le passage de Twinsmatic sur la Greenroom : la foule était tout simplement intenable (et nous avec, on l'avoue), portée par les énormes basses des morceaux passés par le duo indéniablement fan de rap -- ils ont fait la première partie de Booba en 2013, puis signé un titre avec lui il y a quelques jours.

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Il faut dire que les amateurs d'électro squattant notre espace noir et vert ont eu de quoi se mettre en jambe avec le Tsugi Crew puis Lemarquis, auteur d'une sélection French Touch décomplexée quand il s'agissait de passer de gros tubes. La Greenroom ne désemplira pas de la soirée, accueillant ensuite Château Marmont en live, puis Cerrone. Pendant que certains spéculaient sur l'âge du producteur, la grande majorité s'est adonnée sans complexe au disco.

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Le pourtant très bon passage de The Reflex sera marqué par une petite baisse de fréquentation (Rone puis Caribou jouaient pendant ce temps, on y reviendra), mais tout ce petit monde est revenu pour Zimmer, qui nous a offert un set hyper varié, passant de grosse techno à disco-house en quelques minutes. De quoi s'impatienter avant la sortie de son nouvel EP, attendu pour le 10 juillet sur Roche Music (le premier single, target="_blank">"Escape (ft. Emily Adams)" est déjà en écoute).

Mais nous ne sommes pas restés uniquement dans l'espace Greenroom en ce samedi ensoleillé. On est aussi allé voir Feu! Chatterton, qui sortent leur premier album le 16 octobre prochain. "C'est vraiment une gajeur pour nous : tous les titres auront leur propre histoire, aussi bien dans la couleur, les arrangements, les rythmes... Ils sont tous différents. L'avantage de faire de la musique en français, c'est qu'il y a une cohérence apportée par la voix, tu peux essayer tous les styles comme l'ont fait Gainsbourg ou Bashung", nous a expliqué Arthur, le chanteur du groupe rencontré un peu plus tôt dans l'après-midi. Diversité il y avait, mais s'il y a bien une phrase qui nous échappera pendant leur concert sous le chapiteau bleu Domino, c'est : "quelle classe !". Postures gainsbourgeoises, phrases lancées rageusement et musiciens en osmose, Feu! Chatterton fascine en live. Seul problème ? Un concert d'une demi-heure, c'est beaucoup trop court (même si c'était pour laisser la place à la comme d'habitude géniale messe des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence) ! Solidays, si tu nous entends pour l'année prochaine...

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Par curiosité plus qu'autre chose, on se dirige vers le tout proche chapiteau du Dôme pour écouter Yael Naim. Quand on arrive à se faufiler parmi le public assez nombreux pour réussir à apercevoir les écrans, la chanteuse franco-israélienne est au piano et chante "Coward", un de ses derniers titres notamment remixé par Rone. Frissons. Yael Naim a une voix incroyable, capable de passer du chuchotement au cri de cantatrice en une micro-seconde, le tout avec un naturel désarmant. Ça a l'air simple.

Mais voilà que le public l'ovationne : elle entonne les premières notes de "Toxic", sa célèbre reprise de Britney Spears. Le morceau a dû durer 6, 7, 8 minutes ? Difficile à dire : on ne pouvait pas lâcher des yeux la chanteuse, qui a fini par détacher ses cheveux, jouer du piano debout sur son tabouret et retourner un chapiteau avec sa puissance vocale et les arrangements de David Donatien. Ses trois choristes, 3SomeSisters, androgynes et clownesques, complètent le tableau. Marraine de l'association Solidarité Sida, elle expliquera au public l'émotion qu'elle a d'être là, l'histoire (un deuil) derrière son dernier album Older... Elle n'a enfin pas manqué de jouer son vieux tube "New Soul", repris en cœur par tout le public. Un concert d'une sincérité rare, dont on ressortira chamboulé.

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Un pad thaï végétarien et une incartade hip-hop avec Chill Bump plus tard, direction Grand Blanc pour découvrir leur électro-pop en français. "Je pense qu'on vous aime beaucoup", annoncera le chanteur avant de lancer leur morceau "Montparnasse". Nous aussi on vous aime beaucoup, mais il faut se dépêcher de quitter Cesar Circus -- on se rattrapera le 24 juillet au festival Cabourg Mon Amour.

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22 heures sont arrivées. Et c'est l'horaire fatidique : IAM ou Rone ? On a choisi de ne pas choisir. Ainsi, sous les étoiles du chapiteau Domino -- ce qui lui va très bien --, Rone a donné de la thérémine, du VJing plein de petites créatures et un live beaucoup plus rythmique et dansant que son dernier album. Il y a quelques jours, Erwan Castex nous confiait qu'il prenait toujours autant de plaisir à jouer son morceau-phare "Bye Bye Macadam"... Et ce sera en effet le deuxième titre de sa set-list Solidays, devant un public conquis d'avance. Un très bon live, ressemblant un peu à celui de La Cigale, que l'on quitte à regret pour aller voir IAM. Les Marseillais ont fait plaisir à leur public en reprenant les grands classiques comme "Je danse le MIA" ou "L'Empire du côté obscur" (pour lequel ils sont arrivés sur scène munis de sabres laser rouges) et "Un bon son brut pour les truands", extraits de leur album culte L'Ecole du micro d'argent.

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Ironie du sort, pendant ce temps-là passe la publicité Coca-Cola mise en musique par Akhenaton sur les écrans de la scène Bagatelle, où est attendu Caribou. C'est la seule petite déception de ce festival : malgré un light-show impressionnant, Dan Snaith a eu un peu de mal à faire décoller les spectateurs avec un concert plus adapté à la configuration et au public du Pitchfork qu'à ceux de Solidays. Beaucoup quittent d'ailleurs le live pour mieux se préparer à Die Antwoord. Danseuses sexy-freak, costume de Pikachu pour Ninja (vite retiré) et pyjama rose pour Yo-Landi Vi$$er (vite retiré aussi pour laisser place à de courts et moulants boxers), énormes basses techno, décors taggés... A grands coups de "Pitbull Terrier" acid-techno, les Die Antwoord ont encore prouvé qu'ils n'étaient pas tous à faits seuls dans leur tête... Pour notre plus grand défoulement !

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Et on termine par la Ed Rec House Party, comprenez un DJ-set à six mains avec Busy P, Boston Bun et Para One. Des danseurs les rejoignent sur scène et le VJing oscille entre publicité pour téléphone rose, danseurs 90's et montages psychédéliques, pendant que les trois DJs n'hésitent pas à faire exploser le compteur de décibels avec des basses à réveiller la petite couronne... Exactement ce qu'il fallait aux festivaliers prêts à en découdre après Die Antwoord et une encore très belle journée à l'hippodrome de Longchamps -- à voir ce que proposera le tout dernier round de Solidays, avec Brodinski, Fakear ou encore Get A Room !

Crédits photo : Sarah Bastin