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Le match des services de streaming

Le match des services de streaming

Il ne se passe pas un jour ces derniers temps sans que le streaming ne soit au coeur de l'actu musicale : Taylor Swift contre Apple (ou Spotify), Jay-Z et son Tidal, Beatport qui débarque sur le marché... Greenroom fait le point sur les offres de chacun !

On-demand, web-radio, freemium, légal ou illégal... Le streaming est partout, sans que l'on sache réellement ce qu'il y a derrière. Tandis que SoundCloud cherche des moyens pour être monétisé, Youtube développe des outils pour aider les groupes à mieux cibler leurs fans. D'autres services, à l'image de ceux cités ci-dessous, trempent dans des scandales peu flatteurs en terme de rémunération des artistes ou peinent à se faire connaître. Il est temps de faire son choix à tête reposée, en regardant les prix, les avantages et les inconvénients de chacun.

Spotify, le mastodonte

Créé en 2006, le service, qui redistribue pourtant 70% de ses revenus aux ayants-droits (plus d'infos par ici), s'est l'année dernière attiré les foudres de Taylor Swift. Mais ça ne l'empêche pas d'être, avec ses 60 millions d'utilisateurs, leader dans la course au streaming -- si on exclut la géante web-radio Pandora et ses 200 millions d'utilisateurs, disponible uniquement aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Parmi ces 60 millions, 15 millions payent pour écouter leur musique. Spotify propose en effet deux offres : une, gratuite, permet d'écouter de la musique entrecoupée de pubs (et uniquement en mode aléatoire sur mobile) tandis que l'offre Premium, à 9,99 euros par mois, propose une écoute HD (320 kbits/s, équivalent d'une qualité CD pour la grande majorité des oreilles), un mode hors connexion, la possibilité de relier son appli à sa télévision ou à d'autres appareils connectés et est, bien sûr, dépourvue de publicités. En bonus ? Une foule de playlist créées par les utilisateurs voire par le site lui-même, en cas de panne d'inspiration, comme ci-dessous avec la playlist "Sunny".

Deezer, le plus complet

Le service français lancé en août 2007 offre un catalogue considérable de 35 millions de titres qui pioche dans les catalogues des trois majors : Universal, Sony et Warner. Deezer, qui propose également des podcasts, se positionne en numéro deux du système streaming, juste après Spotify. Selon Simon Baldeyrou, directeur général France, le service compte à l'heure actuelle six millions d'abonnés. Deezer propose une formule d'abonnement unique à 9,99 euros par mois. A noter que le site propose une large promotion pendant le mois de juin : pendant trois mois, l'abonnement Premium+ ne sera qu'à 0,99 euros par mois.

Qobuz, le made in France

La plateforme de streaming et téléchargement musicale française spécialisée dans la haute qualité sonore a été créée en 2007 et a ouvert une filiale à l'étranger six ans plus tard. Elle est l'initiative de deux hommes, Yves Riesel - également à la tête du label de musique classique Abeille - et Alexandre Leforestier. Si le catalogue de Qobuz n'est pas le plus fourni, le service mise avant tout sur la qualité des fichiers audio proposés et a même reçu un prix en ce sens : la certification « Hi-Res Audio ». Cette certification récompense « un fichier audio sans perte qui est capable de reproduire tout le spectre sonore d'enregistrements qui ont été masterisés depuis des sources supérieures à celles de la musique en qualité CD ». Qobuz propose plusieurs forfaits, du basique à 4,99 euros par mois à l'offre « Sublime » à 219,99 euros par an, comprenant le streaming illimité en qualité CD de leurs 28 millions de titres et le téléchargement en Hi-Res au même prix que du MP3.

Rhapsody, le précurseur

main-qimg-13663c66dd736951e61f73472513ead9Ce service américain, géré par RealNetworks, qui a vu le jour en décembre 2001 est le premier né de la galaxie streaming en ligne payant. Deux formules sont proposées pour un catalogue composé de 32 millions de titres : la moins coûteuse à 4,99 dollars par mois soit à peine 4,50 euros et la plus prestigieuse à 9,99 dollars mensuels soit moins de 9 euros. Rhapsody compte 2,5 millions d'abonnés dans le monde entier. Contrairement à ses concurrents, ce service autorise la connexion de plusieurs utilisateurs à un même compte, sans coût supplémentaire. Si Rhapsody n'est pas disponible en France, sa petite soeur, Napster, l'est.

Beatport, le petit nouveau

On connaît Beatport comme étant un site de vente en ligne spécialisé dans la musique électronique. Mais la plate-forme ne se limite plus à ça : depuis le mardi 23 juin, Beatport permet d'écouter les morceaux de son catalogue en les intégrant sur d'autres sites via des players à la SoundCloud (voir ci-dessous). "Notre lecteur intégrable n'aidera pas seulement les artistes à promouvoir leur musique en la rendant disponible pour les fans n'importe où sur internet. Il permettra également aux ayants-droit (ce qui comprend l'artiste bien sûr, mais aussi la maison de disque, le distributeur, le producteur... ndr.) d'être rémunérés.", a annoncé le directeur exécutif Clark Warner, se différenciant ainsi de SoundCloud qui ne rémunère pas au stream. Le service est complètement gratuit et ne nécessite pas de compte.

Apple Music, le géant à la traîne

Plus de dix ans après l'arrivée des premiers sur le marché du streaming, la firme à la pomme vient d'annoncer son arrivée dans la course, prévue pour le 30 juin. Retard oblige, Apple se devait de mettre le paquet : presque 37 millions de titres disponibles, un forfait basique à 9,99 dollars par mois - 14,99 dollars pour le forfait « familial » pouvant aller jusqu'à six utilisateurs -, une radio globale continue (« Beats 1 ») incluse dans le forfait. Si aucun son de qualité HD n'est proposé, Apple met plutôt l'accent sur le mastering - dernière étape de mixage avant le rendu définitif, ici spécialement conçu pour iTunes. Pour son lancement, Apple Music prévoit notamment de dévoiler « Freedom », le nouveau single de Pharrell Williams. A noter que les trois premiers mois sont offerts... Ce qui a engendré sa petite polémique : au départ, Apple prévoyait de ne pas rémunérer les artistes pendant ce temps-là. Taylor Swift, avec une lettre ouverte particulièrement remontée, les a fait changer d'avis.

Tidal, le flop

Jay-Z l'avait annoncé en grandes pompes, mais Tidal, qui, comme Qobuz, mise sur du son en haute qualité, peine aujourd'hui à trouver son public. Deux PDGs virés en trois mois, une appli dégringolant très rapidement dans le top iTunes, "seulement" 770 000 abonnés selon les dires de Jay-Z (ayant forcément tendance à gonfler les chiffres)... Il semblerait que l'explication soit vilaine selon certaines rumeurs : Apple, privilégiant sa nouvelle création Apple Music, retarderait les validations de mises à jour de l'appli sur iTunes et empêcherait les singles sortis en exclusivité sur Tidal d'être mis en avant sur l'iTunes Store. En attendant, Tidal propose toujours deux offres. La première, à 9,99 euros par mois, promet une qualité audio standard tandis que l'offre "HiFi" avance une qualité audio "Lossless" (une compression en FLAC ne perdant aucune information dans le procédé. On peut dire que cela correspond le plus souvent à du 768 kbit/s, tandis que la HD de Spotify pointe à 320 kbits/s) à 19,99 euros par mois. Quoiqu'il en soit, l'utilisateur aura accès à des clips exclusifs en HD.

Play Music, le discret de Google

On ne le sait pas forcément, mais Google propose depuis 2011 un service de streaming, Google Play Music All Access. Le principe est le même que pour Deezer : après un mois offert, il faudra débourser 9,99 euros par mois pour un streaming illimité et sans publicité dans un catalogue d'environ 30 millions de titres. Il est possible d'indexer des titres pour pouvoir les écouter hors connexion, ou de créer sa propre station de radio en sélectionnant plusieurs artistes dont vous êtes fan -- Google se chargera d'actualiser la playlist en fonction de vous goûts.

Clémence Meunier et Virginie Le Borgne