JE RECHERCHE
Badaboum Airlines : le festival qui te fait voyager sans quitter Paris

Badaboum Airlines : le festival qui te fait voyager sans quitter Paris

Peur de l'avion ou de votre banquier ? Passer ses vacances à Paris n'est pas si mal, surtout au Badaboum : chaque soir, une nouvelle ville y est à visiter. 

Il y a quatre ans environ, le bateau du Concorde Atlantique recevait des soirées "Cliché", où une ville était le thème d'une soirée. Mais, aux dires même de l'organisateur, Martin Munier, "on n'allait pas jusqu'au bout du concept". Sauf que depuis fin le 31 octobre 2013, sa date d'ouverture, Martin est le programmateur du Badaboum, club parisien installé en lieu et place de la Scène Bastille. "C'est un projet que j'ai proposé très rapidement au boss pour la saison d'été, ça a accroché donc on a commencé l'année dernière", raconte le directeur artistique. On l'a rencontré pour essayer de comprendre ce qu'est Badaboum Airlines, cette nouvelle compagnie aérienne aux goûts musicaux impeccables débarquant à Paris du 3 juillet au 22 août.

Pub ANP V1-01Greenroom : Quel est le concept de Badaboum Airlines ? 

Martin Munier : Imaginons, tu es à Paris et tu ne peux pas voyager cet été. Le Badaboum t'amène des DJs comme si tu sortais à Barcelone, Berlin, Londres... A savoir des labels ou des DJs résidents de clubs installés dans ces villes-là. Bien sûr, ils ne sont pas connus. Mais les DJs résidents de clubs sont très souvent très bons car ils doivent jouer en warm-up, en closing et ils doivent s'adapter aux gros artistes bookés.

Pourquoi faire appel à des DJs résidents pour représenter différentes villes ? 

Il est rare de voir ces DJs en dehors de leurs clubs, tout simplement parce qu'une salle a besoin d'avoir un nom pour attirer le public. On est beaucoup moins dans une approche financière avec Badaboum Airlines, on envisage ça plutôt comme un moment de partage. Et les clubs sont heureux d'y participer, ils peuvent montrer ce qu'ils font dans leurs villes à des spectateurs qui ne seraient pas forcément allés chez eux naturellement. Plus tard dans l'année, on retournera peut-être dans leur club pour faire une soirée Badaboum chez eux !

Comment avez-vous sélectionné les différents clubs ? 

On a contacté directement les clubs avec qui ont voulait travailler parce qu'ils nous ressemblaient et ont à peu près la même programmation que nous, mais dans leur ville. Je me suis aussi basé sur une classement sorti par le Guardian qui citait 25 clubs européens à suivre. On était dedans pour Paris avec Concrete. J'ai découvert beaucoup de clubs via ce classement.

Vous avez également été classés dans les dix meilleurs nouveaux clubs d'Europe par DJ Broadcast...

Ça fait plaisir, forcément. On est content que le travail qu'on fait tous les jours plaise. Ça nous pousse à ne pas lâcher et à ne pas se reposer sur nos lauriers : maintenant que les clients viennent, on ne se pas dit qu'on peut lever le pied. C'est la deuxième année que DJ Broadcast nous cite dans son classement, je ne sais pas combien de temps on va être considéré comme un nouveau club ! (rires). En tout cas, ces classements font d'autant plus plaisir que je connais certains clubs de ces top 10 ou top 20 et qu'il s'agit d'endroits où je sors quand je vais dans ces villes. J'y passe toujours de très bonnes soirées donc c'est agréable d'être classés avec eux.

Pour revenir sur Badaboum Airlines, y a-t-il une "destination" que tu attends particulièrement ? 

Certainement New-York avec le label DFA, une institution. On accueillera le 11 juillet The Juan MacLean, un des fondateurs, qui est déjà venu chez nous et qui a fait un set vraiment génial. C'est un peu notre tête d'affiche sur Badaboum Airlines. Aussi, quand je vais à Barcelone je sors au Nitsa, c'est un club que j'adore et je suis très content qu'ils aient répondu positivement : c'est cool de retrouver les DJs que je vais voir quand je suis à Barcelone (à retrouver le 17 juillet, ndr). On fera également une soirée Helsinki le 8 août avec le Kaiku, qui est LE club d'Helsinki le plus en vogue, avec le résident Lil' Tony qui est signé sur Innervisions et qui est le nouveau petit protégé de Dixon. Il est déjà passé à Paris, à Concrete et chez nous il y a assez longtemps.

Au final, toutes les dates ont quelque chose à défendre. C'est assez marrant parce que, sur la première saison, j'étais forcément là un peu tous les soirs. Et tu te rends compte qu'il y a une différence flagrante entre les villes en terme de sélection musicale et de façon de mixer. Le vendredi soir, tu vas voir des DJs japonais, le lendemain ils sont de Berlin, et ça n'a rien à voir. Dans le reste de l'année, tu viens un vendredi et un samedi, tu auras deux gros DJs, de DJs parisiens en warm-up et en fermeture... Tout va se ressembler.

Et entre un DJ berlinois et un Japonais par exemple, qu'est ce que ça change ? 

Le DJs de Berlin font des transitions très longues, dans une ambiance plus minimale, plus techno. Ils font la fête pendant 24 heures, ils jouent de façon très lente, très cool, en faisant durer des morceaux 7 minutes. Les Japonais ont à peu près les mêmes contraintes que nous, ils ouvrent un club pour 4-5 heures : il faut aller vite. Ils vont jouer un morceau deux minutes, puis tout d'un coup partir sur un truc jazz, puis revenir sur de la techno, ça part dans tous les sens. C'est drôle de sentir ces différences d'un jour à l'autre.

Mais il n'y aura pas que la musique pour se sentir en voyage... 

Tout à fait ! Notre chef cuisto, qui s'occupe de la cuisine du Badaboum tous les midis et fait une carte finger-food le soir, va jouer le jeu : on va proposer des recettes typiques de chaque pays, histoire de se mettre vraiment dans l'ambiance ! On a également créé un site internet dédié au festival, où chacun pourra retrouver des interviews des DJs, des anecdotes sur les clubs ou des adresses cool à découvrir dans leurs villes respectives.

site badaboum

Quel est le programme pour le Badaboum une fois cette saison d'été achevée ? 

Dès la rentrée, et Badaboum Airlines fait d'ailleurs partie de cette envie, on va essayer de prendre encore plus de risques sur la programmation. On veut voir des artistes ou des labels qu'on voit un peu moins souvent pour proposer des trucs originaux et atypiques. On va essayer de développer encore plus les jeudis et les dimanches avec des nouveaux concepts de soirée avec des soirées un peu plus jazz, un peu plus funk... Bref, proposer des soirées vraiment différentes et Badaboum Airlines est un bon moyen de commencer !

www.badaboum.paris
www.badaboum.paris/airlines