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Prêts à payer pour utiliser Facebook ?

Prêts à payer pour utiliser Facebook ?

Dans une tribune du New York Times, la contributrice Zeynep Tufeckci explique pourquoi elle souhaite payer un abonnement Facebook. Une idée pas si bête. 

"Mark Zuckerberg, laisse-moi payer Facebook". On croirait à une vaste blague. Quoi, ce site qu'au final tout le monde a envie de quitter sans jamais passer le pas, ce temple du tout-gratuit où rien, selon sa tête-à-claques (mais fascinant personnage) de fondateur, ne sera jamais payant ? Débourser un abonnement comme sur Spotify ou Tidal ? Hors de question. Alors pourquoi Zeynep Tufeckci, assistante à l'Université de Caroline du Nord, spécialisée dans l'impact de la technologie sur notre société, souhaite soudainement débourser quelques sous pour utiliser likes et autres shares ? Pour protéger sa vie privée, tout simplement.

grand-frere-watching-youFacebook est gratuit, ses revenus ne provenant que de la publicité... Et plus particulièrement de la revente de nos données personnelles à des entreprises, une data indispensable pour créer, notamment, les publicités ciblées. Hors le marché de l'advertisment sur internet ne rapporte pas tant que ça. Mark Zuckerberg est plutôt clair sur le sujet : un utilisateur rapporterait à Facebook 20 centimes par mois, sachant qu'un inscrit lambda passe en moyenne 20 heures par mois sur le réseau social. A ce (petit) tarif-là, la firme californienne doit faire tout son possible pour que ces publicités soient vues -- c'est ce qui fait que l'on n'a pas accès sur notre feed à toutes les publications de nos amis, mais bien à quelques posts ciblés (amis souvent consultés, médias sponsorisés et... pubs, bien sûr). De quoi relire 1984 et se faire quelques frayeurs -- ou trouver des gifs géniaux avec Pascal le Grand Frère.

Une utilisation du réseau social que trouve Zeynep Tufeckci dérangeante. Elle n'est pas la seule : selon un sondage daté de 2012 du PewResearchCenter, deux tiers des adultes américains ne veulent pas de publicités ciblées, et par extension d'aspiration de leurs données personnelles. La solution proposée par l'éditorialiste est simple : si les utilisateurs acceptaient de payer ne serait-ce qu'un dollar par moi, Facebook pourrait arrêter de revendre notre vie privée -- un quart seulement d'internautes-payeurs ferait gagner à la firme 4 milliards de dollar par an. Zeynep Tufeckci n'a aucune preuve que Facebook stopperait ses activités publicitaires si un abonnement payant était mis en place. Mais pour un dollar, ça vaut peut-être le coup d'essayer ?