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Envie de planer ? Rendez-vous au Paris International Festival of Psychedelic Music

Envie de planer ? Rendez-vous au Paris International Festival of Psychedelic Music

Ouvrez vos chacras : la musique psychédélique a son festival parisien, débarquant pour la deuxième année dans diverses salles de la capitale. L'occasion pour nous de discuter psychédélisme avec le co-fondateur et programmateur musical du Paris International Festival of Psychedelic Music (PIFPM pour les intimes). 

Michael Mateescu est programmateur musical et co-fondateur du Paris International Festival of Psychedelic Music. Et il a beau être rodé aux interviews, son festival attirant autant de journalistes curieux que de passionnés de shoegaze, il a toujours un peu de difficultés à définir ce qu'est le fer de lance de son festival : le psychédélisme. En même temps, quand on se refuse à tomber dans les clichés de fiestas dans Presque Célèbre ou de motifs arc-en-ciel sur des sarouels achetés aux Halles, on en serait bien incapable également.

Alors, être psyché, c'est porter des lunettes rondes et disserter d'une voix torve sur la relativité de la vie en écoutant du 13th Floor Elevators ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non : "Le psychédélisme en général, aussi bien en musique qu'en cinéma ou art visuel, est quelque chose d'assez subjectif. Je peux trouver quelque chose psyché et mon voisin ne le ressentira absolument pas de la même manière. L'année dernière, par exemple, on avait invité Zombie Zombie. Pour nous et pour les trois musiciens (Etienne Jaumet, Cosmic Neman et Dr Lori Sean Berg qui les accompagne en live), leur musique est psychédélique, mais beaucoup ont considéré qu'ils n'avaient rien à faire dans notre programmation", raconte Michael Mateescu.

Des remarques que le PIFPM risque d'entendre à nouveau après le passage cet été des rockeurs de The Horrors au Trianon. Il faut dire que la line-up du PIFPM a de quoi étonner. Inviter, sous une même bannière, La Femme en carte blanche, The Horrors, le shoegaze crado et magique de Jessica93 ainsi que December, le nouveau projet de Tomas More ? Il y a du culot dans ce booking. Ou peut-être beaucoup de liberté. Parce que selon Michael Mateescu, c'est surtout ça "l'esprit psyché" : "d'un point de vue musical, on retrouve souvent dans le psychédélisme des mélodies répétitives, de la réverbération... Mais, au fond, je rapproche plus ça d'un mouvement qui touche autant la musique que l'art, et qui a une grande dimension sociale. Il n'y a qu'à voir ses origines : le psychédélisme est né dans les années 60 avec l'envie de liberté qui caractérisait cette époque. Pour moi le terme qui définit le plus l'émotion recherchée en écoutant ce genre de musique, c'est ça : la liberté".

Un retour signifiant

La musique psychédélique naît dans les années 60 entre révolution sexuelle, paradis artificiel, Woodstock et manifestations pacifistes. Puis arrivent les années 70 et le disco, et c'est toute une génération musicale qui rentre plus ou moins dans les rangs -- ou qui, du moins, sont perdus de vue. Ce n'est que pendant les années 90 que le psyché retrouve ses lettres de noblesse, grâce à des groupes comme les Black Angels ou les Brian Johnson Massacre, qui sont, pour Michael Mateescu, "les plus grands groupes psychédéliques mais perdus à l'époque au milieu de plein de choses". Et voilà qu'en 2015, entre la belle pop psyché des Temples ou les références claires aux délires musicaux hippies des Tame Impala, le psychédélisme revient sur le devant de la scène. "Quand on a créé le festival, on a senti une réelle demande pour ce genre de musique", confirme le co-fondateur du PIFPM. "L'émergence de la culture psychédélique dans les années 60 résultait d'un certain malaise social. L'envie de liberté n'intervient pas par hasard, c'était pour contrecarrer les différents maux de la société, un climat un peu totalitaire, un certain mal du siècle. Depuis quelques années, c'est un peu ce que l'on vit également, avec une ambiance pas très joyeuse. On sent que les gens ont envie de décompresser, d'être libre... Il y a pas mal de ponts qui peuvent rapprocher ces deux époques".

Alors pour "décompresser", où aller ? Un peu partout dans Paris : du 1er au 5 juillet, le festival s'installe à la Machine du Moulin Rouge, au Trianon, au Monseigneur, à la Maroquinerie, au Point Éphémère, au Huit et à la Gaîté Lyrique. Toutes les salles ne proposent pas que des concerts. Dès le début du festival, la "bande de potes" à l'origine de l'événement a en effet voulu créer un festival pluridisciplinaire, le mouvement psyché ne se résumant pas uniquement à la musique. Ainsi, du 26 juin au 1er juillet (soit avant l'ouverture à proprement parlé du festival), le Huit accueillera l'exposition "Images Subjectives".

DAY 0 - KALEIDOSCOPIC EXHIBITION

 

Côté ciné, le mercredi 1er juillet, la Gaîté Lyrique projettera The Doors - Feast Of Friends, le seul et unique documentaire sur les Doors filmés... Par les Doors. Munis d'une caméra, le groupe a immortalisé sa tournée de l'été 68. Peu de temps avant sa mort, Jim Morrison confia la cassette à un ami. Un document qui n'a été retrouvé que l'année dernière !

On en oublierait presque la musique ! Le premier soir du PIFPM (le jeudi 2 juillet donc) sera tenu par le label Born Bad Records pour une ambiance plutôt rock à la Maroquinerie. Viendra ensuite un programme plus "psyché classique", avec les King Gizzard & The Lizard Wizard (il s'agira de leur premier passage en France !) et autres Jessica93 à la Machine du Moulin Rouge, suivi d'une soirée Garage Mu au Monseigneur avec notamment December aka Tomas More. Pour la grosse du samedi soir, vous retrouverez la tête d'affiche The Horrors au Trianon. Enfin, La Femme se chargera de clore ce week-end au Point Ephémère -- cerise sur le gâteau : cette dernière soirée est gratuite.

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www.parispsychfest.com/fr