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Festival Beauregard 2015 : "C'est un melting pot d'artistes de qualité"

Festival Beauregard 2015 : "C'est un melting pot d'artistes de qualité"

A l'occasion du festival Beauregard du 2 au 5 juillet en Basse-Normandie, avec notamment Jungle et Alt-J, Greenroom a rencontré le programmateur de l'événement, Paul Langeois. 

La saison des festivals est ouverte ! Les plus grands vont se succéder à travers la France tout l’été, des valeurs sûres qui attirent des milliers d’oreilles sensibles chaque année, mais il y a des manifestations dont on parle moins et qui pourtant méritent tout autant le détour. C’est le cas du jeune Festival Beauregard qui lance cette année du 2 au 5 juillet sa 7e édition, près de Caen, en Basse-Normandie. L’année dernière, le festival avait réuni 82 000 personnes sur 4 jours, un record, et les organisateurs comptent bien faire mieux cette année avec 31 artistes programmés.

Les chanceux qui seront sur place pourront ainsi écouter Christine and The Queens, Florence + The Machine, Alt-J, Jungle, Timber Timbre ou encore Etienne Daho, Dominique A et Benjamin Clementine mais aussi se déhancher sans peur des regards sceptiques de leurs voisins sur Cypress Hill. Greenroom a donc posé quelques questions au fondateur de Beauregard, Paul Langeois, sur ce festival convivial et pas prise de tête.

Comment s'est fait le passage de directeur/programmateur du Big Band Café à fondateur du Festival Beauregard ?

C'est parti de deux envies. Le Big Band Café est une vraie salle de concert qui existe depuis 20 ans et cela faisait 15 ans que j'y travaillais en tant que programmateur/directeur. En 2009 j'avais envie d'évoluer d'un point de vue professionnel, toujours dans la musique et il y a donc eu cette envie de monter ce festival. Cela faisait 20 ans que Caen n'avait connu aucun festival d'été comme ça, avec une scène extérieure et donc il y avait une vraie attente à ce niveau-là. Et puis il y avait un second axe qui était que le BBC et le Cargo - on a aussi une troisième salle à Caen avec le Zénith - ramaient beaucoup pour avoir des artistes internationaux dans leur programmation.

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Et avec le festival Beauregard ça a changé ? 

Oui, par exemple Django Django ou Jungle (programmé cette année, ndlr) font trois ou quatre dates en France et Caen n'est jamais dedans, on était toujours un peu à la traîne. On n'arrivait pas à avoir ces artistes, le festival c'était une vraie raison de les accrocher et ça a fonctionné. On n'est plus obligés de monter à Paris pour aller les voir !

Quels sont les artistes que tu voulais absolument cette année ? 

Sting, ça fait trois ans qu'on essaie de l'avoir, on s'est vraiment battus. Et on y est parvenus ! En plus, il vient dans le cadre d'une tournée 100% tubes, donc on va vraiment avoir un concert qui va parler à tout le monde. Ensuite, Florence + the Machine. Cela faisait pas mal de temps aussi qu'on la voulait, en plus ça tombe bien parce  que son album sort en juin et qu'elle n'a que deux dates en France cet été, dont nous. Elle aussi c'est vraiment une star internationale donc on est plutôt fiers de l'avoir dans notre programmation. Et puis on a vraiment la crème de la crème chez les Français avec Christine and The Queens, Dominique A ou The Dø.

A propos des artistes, cette année Christine and The Queens, Florence + The Machine, Alt-J, Etienne Daho ou encore Cypress Hill font partie de la prog'. Une sélection très éclectique, comment s'est construit le fil rouge ? 

L'avantage d'un festival c'est que l'on peut mélanger les styles musicaux sur une même journée. Soit on fait un festival très spécialisé comme par exemple le Hellfest avec le hard rock et le metal ou Reggae Sun Ska, ou alors plus généraliste pour nous ou les Eurockéennes ou le Main Square. On peut donc avoir un artiste comme Sting, des Français comme Julien Doré, et puis Florence + The Machine. Cela permet aux gens de venir en famille parce que chacun a ses têtes d'affiche  dans la même journée. C'est un melting pot d'artistes, mais de qualité, c'est là que réside la cohérence de la programmation sur une journée. On ne fait pas de mauvaise variété par exemple.

Tu parlais de l'ambiance familiale du festival, quelles sont les activités proposées en parallèle des concerts ? 

Les concerts sur les deux scènes ne sont jamais organisés en même temps, ce qui permet de voir 100% des groupes si on veut : il y a cinq minutes de pause entre à chaque fois. Et puis on peut aussi simplement se balader sur le site, tu peux facilement trouver un coin tranquille et rester peinard. Cela permet de ne pas être tout le temps dans le son. C'est aussi l'occasion de mettre en avant la région : il y a un bar à huîtres de Normandie, un bar à cidre, des espaces ludiques où on peut apprendre à faire des produits du terroir comme un beurre de baratte et puis sinon des espaces plutôt cosy sous des tentes, avec des lumières tamisées. On essaie d'apporter un max de confort, de créer une vraie communion  de 7 à 77 ans. Ce n'est pas juste une expression ici à Beauregard.

Justement, à propos de terroir, c'est important de mettre en valeur aussi les artistes de la région ? 

Oui bien sûr, le BBC est une salle labellisée musiques actuelles, il est donc très important pour nous de promouvoir la scène régionale. On a donc quatre groupes normands, un par jour : le groupe caennais Gomina qui sera le groupe « 3 festivals », ils joueront donc dans deux autres festivals (Musilac et aux déferlantes, ndlr) et les Goaties notamment.

Quels sont les moments les plus forts de l'histoire du festival ? 

Pour moi, je vais en citer deux.  Le concert de Portishead l'année dernière, c'était un très très grand moment, ils ont fait un concert fabuleux, j'ai adoré ce moment-là. Je peux rarement voir des concerts durant le festival, par maque de temps, et là je l'ai vu en entier. Et puis il y a eu Nick Cave and The Bad Seeds en 2013, c'était fabuleux aussi. Ils étaient dans mon top 5 des artistes à faire venir absolument. C'était très fort, il y a encore dix ans jamais je n'aurai pu imaginer les faire venir...