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On a testé : une semaine avec l'Apple Watch

On a testé : une semaine avec l'Apple Watch

Mais quelle est la fonction d’une Apple Watch ? Montre connectée, d’accord. Télécommande à iPhone, aussi. Trousse à tout faire, pourquoi pas? Coach sportif, ça oui. Assistant numérique, certainement. Tentative de réponse après une semaine au poignet.

“Meuh, mais à quoi ça sert?”, “je ne vois pas l’utilité”, “de toute façon, je ne porte pas de montre”, “ça donne l’heure aussi?”, “je la veux”… Les premières 24 heures avec une Apple Watch sont généralement consacrées à répondre aux interrogations de votre entourage et de vos collègues de bureau qui sont :

  1. Effarés par le prix du bijou connecté que vous portez au poignet 2)
  2. Tellement trolls anti-Apple qu’ils craqueraient pour elle si on collait un gros logo Microsoft dessus
  3. Persuadés de faire un bon mot quand ils vous questionnent sur les fonctions purement horlogères de la montre (pour rappel, les même blagues vaseuses couraient sur l’iPhone à son lancement, quelque centaines de millions de vente plus tard, la question ne se pose plus)
  4. Tellllleeeeeemnt fans d’Apple qu’ils économisent depuis des mois pour être les premiers à l’a porter.

Alors, à quoi sert une Apple Watch, à part donner l’heure (avec acuité bien entendu) ? Pour les amateurs de montre (oui, cela existe, il y en a même qui collectionnent), l’Apple Watch est d’abord une réussite en termes de design, qui intègre les codes de l’industrie horlogère, la technologie et un certain sens de la mode. Apple n’est pas le premier sur le marché des montres connectées, loin de là, mais parvient comme à son habitude à synthétiser les tendances du marché pour en tirer un produit qui va tout dévaster sur son passage. La formulation est peut-être osée, mais c’est exactement ce qui est advenu avec l’iPod, l’iPhone et l’iPad. Apple n’a pas crée ce type de produit mais a écrasé le marché de son indolente réussite.

Pourtant, l’Apple Watch est chère. Le produit est grand public, mais la cible est tout de suite restreinte par le prix. Le premier modèle, sport, en aluminium, débute à 399 euros, le modèle classique, en acier inoxydable à 649 euros, le modèle Edition, en or 18 carats, à 11000 euros (ouch). Pour ces prix, le design de la montre est irréprochable. Avec ses faux airs d’iPod Classic aux angles d’acier arrondis, la montre est du 100 % Apple, et, désolé pour les autres montres connectées, nettement au-dessus ce ce qui existe sur le marché. La montre est belle, la montre est chère, mais la montre est-elle utile ?

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Deuxième fonction principale de l’Apple Watch, à part donner l’heure, est ce que l’on pourrait nommer l’extension du domaine de l’iPhone, qui simplifie grandement la vie du connecté moyen, qui passe à sortir son portable en main à vérifier ses mails, ses SMS, ses tweets, ses notifications. Tout se passe désormais au poignet. On peut y prendre ses appels, vérifier ses messages, y répondre même, manipuler sa musique, le volume sonore. Ça n’a l’air de rien, mais ce gain de quelques secondes, dans les transports en commun, dans la rue, quand le téléphone est au fond du sac à dos ou du sac à main (pour vous, mesdames) est peut-être l’élément le plus appréciable d’une semaine d’utilisation.

Le plus compliqué est peut-être de se faire à la manipulation de l’écran tactile et la couronne digitale, qui permet de naviguer au sein d’un menu. Entre les différents gestes à apprendre (dois-je couvrir l’écran pour refuser cet appel ou pas ?), la force de la pression du doigt à appliquer sur l’écran (qui réagira différemment selon la pression exercée), les personnalisations possibles des notifications, applications, menus, etc., la prise en main de la montre diffère des habitudes d’Apple. Il faut du temps pour s’adapter, et paradoxalement, cette complexité des réglages, ces tâtonnements devraient satisfaire un public plus geek, plus bidouilleur.

apple-watch-fitness-appPour trouver une utilité absolue à cette montre, il faudra aimer chercher. Quinze jours après sa mise en vente, il n’y a pas encore de Killer App, l’application fatale qui “justifierait” l’achat immédiat de la montre. Les applications arrivent, mais ne sont pour l’instant en majorité que des apps iphones portées sur la montre. On retrouve ainsi Twitter, Instagram, Uber (pratique pour savoir quand arrive votre voiture), Captain Train (pour acheter ses billets), Shazam, des apps de mix, mais rien encore de révolutionnaire. Etrangement, les apps que nous avons utilisé tous les jours sont les apps intégrés d’Apple pour la santé et… wait for it… le fitness. Dotée d’un podomètre ou encore d’un capteur de rythme cardiaque, l’Apple Watch se transforme automatiquement en coach sportif avec son programme en trois parties personnalisable qui calcule vos minutes d’activité quotidiennes, le nombre de calories brûlées et le nombre de fois où vous vous levez, sans oublier de mesurer votre nombre de pas et de vos kilomètres parcourus. Cela n’a l’air de rien mais qu’on est collé toute la journée à son ordinateur, savoir qu’on marche entre 6 et 8 kilomètres sans vraiment s’en rendre compte a quelque chose de réjouissant. Avec un peu d’effort supplémentaire, on se prend à rêver d’une varie remise à niveau physique. Sans oublier l’app Exercice, qui permet carrément de mesurer ses temps de course, à pied, à vélo, en intérieur, en extérieur. Tous les avantages d’un bracelet sportif connecté dans un bel écrin horloger.

L’Apple Watch est pleine de promesses, pas encore toutes exploitées (on parle ici de la première génération d’un nouveau type de produits, qui devrait très rapidement trouver son climax) mais laisse entrevoir un avenir totalement connecté où chacun aura son assistant numérique sur lui en permanence. Cela peut sembler orwellien, mais dans deux/trois ans, on ne demandera plus à quoi sert une Apple Watch (ou une autre montre connecté), mais pourquoi vous n’en portez pas.