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Jupiter : l'interview japonisante

Jupiter : l'interview japonisante

A l'occasion de la sortie de leur deuxième album, Bandana Republic, le 4 mai, Greenroom a rencontré Jupiter avec qui on parlé Game Boy, curry et cerisiers en fleurs...Une interview somme toute japonisante.

Jupiter conquiert doucement mais sûrement la planète Terre. N'ayez crainte, on parle ici de la pop de ce duo qui, après avoir sorti son premier album, Juicy Lucy, en 2012, et s'être retrouvé dans les compils Kitsuné, dévoilera un deuxième opus le 4 mai. Bandana Republic a certes été écrit aux Etats-Unis mais n'éclipse pour autant pas la fascination qu'entretiennent Amélie et Quarles pour le Japon. On a voulu en savoir plus sur la question.

D’où vous vient cette fascination pour le pays du Soleil Levant ?

Amélie : Depuis qu'on est petits, on est entourés de trucs japonais : les dessins-animés, la high-tech. Il y avait un côté intrigant, classe, impénétrable avec ce pays. Tant que tu n'y es pas allée, tu ne comprends pas. Et même quand tu y es !

Quarles : Je pense qu'il y a en effet un rapport avec l'enfance, la Game Boy, le Club Dorothée. Il y a une espèce d'échange privilégié entre la France et le Japon. On y est allés en 2012, c'était au-delà de nos espérances.

C'est-à-dire ?

Q. : C'était dingue !

A. : Nous sommes restés seulement trois jours, c'était frustrant, mais ça donne un bon avant-goût. Plutôt que de visiter des monuments, nous avons plutôt décidé de simplement se balader dans les rues, voir les gens et manger.

Q. : Le simple fait d'être dans un pays si différent constitue une expérience incroyable. A l'hôtel, tu allumes la télé, tu ne comprends rien, c'est génial ! Il y avait le dessin-animé Moi Renart. Une fois qu'on avait mis nos bagages dans la chambre d'hôtel, il n'y avait plus de place pour marcher tellement tout est petit !

Quarles, tu avais prédit que tu ferais le touriste avec ton appareil photo tel un Japonais à Paris. Il y avait quoi principalement sur les clichés que tu as pris ?

Q. : Plein de nourriture ! Et de vidéos de karaokés !

A. : On a insisté pour en faire un. On s'est retrouvés avec un autre groupe français, avec qui on avait joué à l'Institut français. On a chanté du Guns N' Roses, on a même essayé des chansons en japonais !

Vous parlez la langue ?

Q. : Non, mais ça devait être marqué en phonétique donc on a réussi à se débrouiller.

Ca ressemble à quoi un concert au Japon ?

A. : On en a fait un dans une salle d'environ 200/300 personnes et un autre à l'Institut Français. Ils voulaient montrer ce que c'était la fête de la musique. C'était très drôle car avant nous, il y avait des groupes japonais qui parlaient français mais on ne comprenait rien de ce qu'ils disaient, c'était une espèce de yaourt. Tu te souviens pas des deux filles habillées..?

Q. : Ah oui elles n'étaient pas habillées en soubrette ? Oui enfin le Japon quoi (rires).

A. : Mais pour les Japonais ces groupes savaient vraiment parler français ! L'autre concert, dans la salle, était fou ! Les Japonais étaient à fond. Ils connaissaient les paroles, on a pris 1000 photos, fait des dédicaces.

Q. : Quand ils viennent au concert ils le font à fond. Ils veulent le service complet !

A. : C'est un de mes meilleurs souvenirs de concerts.

Qu’avez-vous ramené du Japon ?

A. : Des baguettes Hello Kitty.

Q. : Des parapluies transparents !

A. : Du thé vert, plein de curry, des bonbons, je me suis achetée des vêtements. On a fait les touristes de base. On a acheté énormément de choses par rapport au fait que nous ne sommes restés que trois jours !

Quelle est l’histoire qui se cache derrière la chanson « Saké » ?

A. : On se disait juste que ça sonnait bien. On écrit toujours une première version avec des paroles qui sonnent bien, inventées. Ensuite on réécrit des paroles qui racontent une histoire mais là non.

Q. : C'était des paroles bidons pour illustrer la musique. On s'est dit que ça sonnait bien alors on les a gardées ! Ca aurait pu être "drink drink some more maté !"

Il y a des musiques japonaises qui vous inspirent particulièrement ?

A. : Pas vraiment...

Q. : Pas la J-Pop ! En plus on a un pote qui est fan et à chaque fois il veut nous en faire écouter. C'est plutôt dans la musique traditionnelle, le koto qui nous inspirent. Les gammes sont différentes de celles en Occident donc c'est intéressant. C'est minimaliste et très classe.

A. : Un peu pub Obao aussi (rires) !

Q. : Oui, ils ont repris une musique traditionnelle japonaise qui s'appelle "Sakura Sakura", littéralement "les cerisiers en fleurs". Tous ces instruments traditionnels ont pas mal été samplés dans le hip-hop, par le Wu-Tang Clan. Ces musiques se sont également retrouvées dans les musiques de jeux vidéo, ceux de bastons et de samouraïs.

Des noms d'artistes japonais à nous recommander ?

Q. : Ryuichi Sakamoto. Il avait un groupe qui s'appelle Yellow Magic Orchestra. Il a fait plein de musiques en solo, assez expérimentales. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est le Aphex Twin japonais car ce n'est pas le même style mais c'est au moins autant un pionnier de la musique électronique que Jean Michel Jarre en France. Il y a des morceaux de lui qui datent des années 80 et qui sont plus modernes que ce qu'on peut trouver aujourd'hui.

A. : Son nom est un peu cliché quand même, ça fait un peu Albert Dupont !

Q. : Non, c'est juste que c'est souvent la même sonorité et qu'il y a des nuances qu'on ne capte pas.

Il paraît que vous adorez la nourriture. Quels sont les plats japonais qui vous font le plus saliver ?

A. : Le katsu curry ! Les Japonais font un curry très bon, certes moche - ça ressemble à de la boue - C'est le plat préféré de toute ma vie ! J'aime bien aussi le katsu-don et les udons.

Q. : Moi le okonomiyaki, une sorte d'omelette qui vient de la région d'Hiroshima.

okonomiyaki petit

Où est-ce que vous allez manger japonais sur Paris ?

A. : Aki, rue Sainte-Anne. Ils te font des okonomyakis devant les yeux sur les plaques chauffantes, c'est joli ! Je suis un peu une psychopathe, je vais toujours au même restaurant. Il y a aussi Sanukiya où ils ne font que des udons...Il y a aussi le supermarché K-mart, toujours rue Sainte-Anne, où il y a plein de produits japonais et coréens trop bons même si un peu chers.

Vous vous faites des karaokés japonais à Paris ?

A. : Des chinois, c'est difficile d'en trouver des japonais.

Q. : Moi j'en ai fait qu'un seul, ça m'a suffit. Il n'y avait que des chansons chinoises. Rue du Faubourg-Saint-Martin mais il n'y avait que trente chansons occidentales donc je tairais l'adresse. En revanche, la nourriture était bonne.

A. : J'en ai fait un à Châtelet et il y avait plein de salles. Avec une copine, on s'amusait à entrer dans les autres salles pour voir et ça ne rigolait pas du tout ! Nous, les karaokés, on prend ça à la légère mais pour eux c'est une vraie discipline, ils sont là pour chanter.

Vous lisez japonais ?

A. : Je lis 1Q84.

Q. : Quand j'étais ado oui, j'ai lu tous les Dragon Ball, les Akira.

C'est quoi le tube le plus japonais de Bandana Republic ?

A. : Cet album est plus américain, on l'a écrit là-bas. On pourrait dire que le morceau le plus japonais c'est "Tiki Night".

Q. : Oui, c'est là où tu chantes le plus haut perché donc ça peut être japonisant.

Elle est où cette république ?

Q. : Là où les Américains portent des bandanas !

Photo d'illustration © Charlotte Studio